Voltaire : Candide (Analyse)


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Candide Voltaire

Candide, conte philosophique de Voltaire

Candide est l’œuvre de Voltaire, philosophe français, la plus lue et commentée du siècle des Lumières à travers le monde. En quoi donc Candide est paradigmatique de la philosophie des Lumières ?

Candide est une œuvre vaste, qui couvre tous les sujets philosophiques du temps de Voltaire : la religion et le fanatisme, la liberté politique et la tyrannie, la connaissance et l’obscurantisme, le bonheur et la fatalité, la liberté et l’esclavage.

Mais le thème sous-jacent de Candide est le bonheur “ici et maintenant” (hic et nunc en latin), objectif ultime des Lumières, les autres thèmes (connaissance, liberté, déisme, …) servant de moyens pour servir cet objectif. Contre les philosophes de la Renaissance, qui promettaient le bonheur après la mort, dans une tradition classique chrétienne, le travail des Lumières vise à fournir aux hommes de leur temps les conditions de possibilité d’un bonheur immédiat : les Lumières ont développé le concept de droit au bonheur.

C’est finalement cette quête du bonheur que relatent les aventures de Candide. Quête car le bonheur se construit contre les aléas du destin, la folie des hommes et la déraison générale.

Voltaire et l’Optimisme

Voltaire déteste l’optimisme et son créateur, le philosophe allemand Leibniz, qui est incarné et parodié au travers du personnage de Pangloss. L’optimisme de Pangloss est une position philosophique que l’on peut résumer comme ceci :
– Dieu est parfait

– Dieu a créé le monde

– Un être parfait créerait un monde parfait, donc le monde est parfait.

En outre, un être parfait créerait tout ce qui pourrait être créé, par conséquent tout ce qui pourrait exister existe en fait.
Par conséquent, ce monde est le meilleur des mondes possibles et tout est pour le mieux.

Voltaire montre le chemin intellectuel de Candide, qui est celui d’une désillusion : l’optimisme, dit Candide, c’est la manie de dire que les choses sont bien quand on est en enfer. En effet, Candide apprend que la quantité de bien est bien inférieure à celle du mal.

C’est le fameux tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, qui semble être à l’origine de refus de l’optimisme chez Voltaire. Voltaire se demande si Dieu est vraiment bon, ou bien s’il est vraiment tout-puissant. Candide sera la traduction de ce questionnement religieux et métaphysique.

Le Déisme dans Candide

La religion de Candide, et celle de Voltaire, est le déisme, fondé sur la croyance en un Dieu créateur de l’univers. Mais ce Dieu n’intervient pas dans les affaires du monde, il agit comme un horloger, un architecte qui crée mais laisse vivre sa création. C’est donc aux hommes de prendre en main leur destin et de créer le bien, ou le mal : en tout cas, les hommes sont responsables de leur monde.

La Politique et l’esclavage dans Candide

Politiquement, Candide est modéré. Il fait la satire de tous les gouvernements corrompus du monde, sauf l’Eldorado, sans prôner pour autant le renversement de ces gouvernements. Voltaire n’est pas un révolutionnaire: il croit en effet que toute révolution instaure un système politique pire que son prédécesseur.

Le thème de l’esclavage est abordé via la rencontre avec l’esclave nègre dont la jambe a été arrachée dans une fabrique de sucre : « C’est à ce prix que vous mangez du sucre », dit le nègre à Candide. C’est cette rencontre qui marquera Candide et lui fera comprendre que l’optimisme est une théorie illusoire. Cependant, bien que Candide pleure sur le sort de l’esclave, il ne fait aucune tentative pour libérer les esclaves.

L’eldorado et le bonheur

A travers l’eldorado, Voltaire dénonce l’utopie : un monde parfait n’existe pas. C’est le réalisme qui doit prévaloir chez l’homme rationnel, et non la croyance en une société harmonieuse, qui n’existe pas et ne peut pas exister.

Il faut cultiver notre jardin

La thématique du jardin est plurielle dans Candide : il ya plusieurs jardins dans Candide dont le jardin  du baron de thunder-ten-tronckh en Westphalie, dans le jardin de l’Eldorado, le jardin du vieux Turc, et le jardin de Candide à la fin. Le jardin est le symbole de la culture, à la fois matérielle, pour la nourriture qu’elle dispense, et intellectuelle, considérée comme une métaphore de la nourriture spirituelle. Le jardin est aussi un éloge de l’ordinaire, du chez-soi, de la normalité, car à défaut de construire un monde parfait, il faut se contenter, selon Voltaire, du monde tel qu’il est.

Enfin, on peut analyser politiquement la thématique du jardin : Candide vit en petite communauté, repliée sur elle-même, ce qui témoigne du fait que les Etats sont corrompus, il faut donc les quitter pour mener une vie retirée, fondée sur le travail.

 

Pour aller plus loin sur Candide, Voltaire et Leibniz :

La Philosophie de Leibniz

Citations de Voltaire

Pour aller plus loin...

14 Responses

  1. www.candide-voltaire.com says:

    Bonjour,

    Pour celles et ceux que cela pourrait aider dans leur travail, vous trouverez sur le site candide-voltaire.com un résumé détaillé de Candide, chapitre par chapitre, avec à chaque fois des citations du texte.

    Belle journée,

  2. Anonymous says:

    merci

  3. Anonymous says:

    Merci

  4. Anonymous says:

    Thank you for every thing

  5. malak says:

    merci bcp

  6. Anonymous says:

    thanks

  7. loubna says:

    pourquoi candid se mari avec cunégonde meme si elle est laid vieille insupportable???

    • Bob says:

      Candide se marie avec Cunégonde pour de nombreuses raisons: 1/ tout d’abord parce que ce mariage a été son rêve depuis le premier chapitre (le degré le plus haut du bonheur, dit-il, est d’être baron de Thunder-ten-tronckh, titre qu’il obtiendra s’il épouse Cunégonde), le but qu’il n’a cessé d’avoir à l’esprit tout au long du roman, au point de quitter l’Eldorado pour aller la retrouver; 2/ ensuite, parce que le frère de Cunégonde, ne veut toujours pas de lui pour beau-frère, estimant qu’il n’est pas un parti suffisamment digne de sa soeur, ce qui a le don de piquer au vif Candide qui veut donc lui prouver le contraire, d’autant plus que la situation, par rapport au premier chapitre, s’est inversée: c’est lui qui détient les cordons de la bourse, qui achète les terres et qui a sauvé le frère des galères. 3/ La dernière raison, et c’est à mon avis la plus intéressante, c’est parce que Candide s’est débarrassé de toutes ses illusions, à commencer par celle de l’amour: au premier chapitre, et tout au long du livre, il ne savait rien de Cunégonde, il ne voit en elle que ce que les romans d’amour ont dû lui inculquer, à savoir, une belle jeune fille, “appétissante” dira le premier chapitre, innocente, noble, vertueuse, fidèle, amoureuse. Or, le lecteur découvre à travers les différents chapitres qu’elle n’est rien de tout cela. On apprend qu’elle n’est plus innocente ni même vertueuse, qu’elle sait également profiter de ses charmes, qu’elle ne sait pas rester insensible à la douceur de la peau de certains hommes et que, bien loin d’être restée sur le piédestal sur lequel Candide l’avait placée, elle est laide, acariâtre et s’occupe du linge au moment où il la retrouve. Mais c’est la vraie Cunégonde et Candide la voit enfin telle qu’elle est. Cet amour-là est donc préférable (puisque plus lucide, plus solide, et donc plus apte à durer), à celui qu’il lui vouait au début du roman et qui reposait uniquement sur des illusions. Moralité: l’amour est souvent voué à l’échec parce que l’on projette sur l’être aimé une partie de nos rêves, de nos idéaux et l’on tombe de bien haut lorsque l’on ouvre les yeux et que l’on réalise la vérité. Candide se montre sage en cela puisqu’il va construire sa relation en toute connaissance de cause, en sachant les défauts et les imperfections de sa bien-aimée. C’est là une belle leçon de vie que nous donne Voltaire…

  8. Anonymous says:

    en quoi candide est une oeuvre phare dans la remise en question de soi du 18eme siecle

  1. 03/09/2012

    […] popularité de Leibniz en France n’est que dérivée du procès instruit par Voltaire (dans Candide) sur sa prétendue candeur ou son optimisme béat. “Tout est pour le mieux dans le meilleur […]

  2. 26/10/2012

    […] de terminale), sa philosophie reste d’une influence majeure sur la pensée des Lumières. Son Candide ridiculisera la pensée de Leibniz, son pacifisme influencera Alain, il popularisera le […]

  3. 21/12/2012

    […] a simplement utilisé la métaphore pour rendre son propos moins agressif, comme le fera plus tard Voltaire dans ses Contes philosophiques ou Montesquieu dans les Lettres. Et à l’instar du Prince de […]

  4. 02/02/2013

    […] l’analyse de Candide, voici un résumé de […]

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