La conscience chez Descartes

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Du doute à la conscience : le chemin de Descartes

Dans le Discours de Méthode, Descartes opère une séparation entre d’un côté la vie pratique, domaine de l’action, et de l’autre la science, domaine de la vérité.

Dans la vie pratique, la résolution doit être le maitre-mot. Descartes donne l’exemple de l’homme perdu dans une forêt: si il ne se résout pas à marcher droit, mais au contraire hésite et revient sans cesse sur ses pas, il a peu de chances de trouver son chemin. La vie pratique se contente du vraisemblable, du probable, un ersatz de vérité. Il faut agir, sous peine de paralysie. La philosophie morale de Descartes se satisfait de l’approximatif, l’important est l’action, peu importe la méthode.

En science, parce qu’elle est recherche de la vérité, l’homme doit atteindre des vérités absolues. Ces vérités ne peuvent être trouvées qu’à l’aide d’une méthode. Descartes propose de rejeter tout ce qu’il croit être vrai, pour vérifier si une chose résiste au doute.

Doute méthodique et Doute sceptique

Descartes affirme d’emblée que son doute vise à détruire le doute (doute hyperbolique). Ce n’est qu’une méthode, un doute provisoire autrement dit. Le doute sceptique, lui, est permanent : il affirme qu’aucune vérité ne peut être trouvée. Le doute méthodique est volontaire et hyperbolique (il porte sur l’ensemble des connaissances). Ce qui échappera au doute absolu sera ainsi une vérité absolue. “Doutons de notre raison” est le point de départ de la méthode cartésienne.

Du doute à la conscience : Je pense donc je suis (expression du cogito)

Pour doute, il faut un sujet, il faut un “je”. Même si toutes les représentations du sujet sont fausses (exemple de la bougie), il reste que ce sont celles d’un sujet. Il y a donc un sujet irréductible, incontestable, qui pense. Un je pense intuitif. Or si je pense, je suis. Le cogito est né : le sujet pensant est conscient de lui-même. Le sujet non seulement pense mais est conscient qu’il pense.

La conscience devient ainsi la terre natale de la vérité, le sol ferme sur lequel on peut fonder la connaissance.

La rupture avec les Grecs (Platon/Socrate/Aristote) est importante : les grecs pensaient la vérité comme transcendante, extérieure à l’homme. La vérité préexistait à l’homme, il pouvait la découvrir grâce à la méditation, mais non la créer. Descartes redonne à l’homme son pouvoir grâce à la conscience, le place au centre du Savoir en affirmant que la vérité est immanente.


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6 Responses to La conscience chez Descartes

  1. [...] Le cogito chez Descartes [...]

  2. [...] Le cogito chez Descartes [...]

  3. [...] Descartes, son maître à penser, Alain identifie, en effet, conscience et [...]

  4. [...] titre de cet article est trompeur car Freud ne parle justement plus de conscience, au sens où Descartes ou Kant l’avait définie, mais de [...]

  5. [...] citation sur la conscience est extraite du Discours de la Méthode, oeuvre-phare de la philosophie de [...]

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