Corrigés Bac Philo 2011 / Série L


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Commençons par rassurer tout le monde : la dissertation parfaite n’existe pas. Voici donc les plans possibles pour les sujets de bac 2011 pour la série L :

1er sujet : Peut-on prouver une hypothèse scientifique ?

Présentation: La question revient à interroger les conditions de la connaissance scientifique : Qu’est-ce qu’une connaissance ? Que vaut une vérité scientifique ? Ce sujet est très compliqué, surtout pour les terminales littéraires, car il requiert d’appuyer son propos avec des exemples scientifiques concrets, si possible.

1/ Définition des concepts-clés : Science, hypothèse, postulat, preuve

La science peut être définie comme une méthode permettant de trouver la vérité sur des objets du monde.

Une hypothèse est une affirmation non prouvée qui doit être examinée

Un postulat est un principe que l’on pose sans pouvoir le prouver

Une preuve est le résultat d’une approche contradictoire visant à tester une hypothèse.

2/ La science fonctionne sur des postulats

Les hypothèses n’ont pas à être prouvées car elles proviennent du bon sens. C’est ensuite à l’expérience de valider ou non ces hypothèses. La science fonctionne sur des éléments initialement non scientifiques.

3/ La connaissance scientifique est relative

Chaque époque forme un paradigme scientifique. Autrement dit, il existe des révolutions scientiques (telle que la relativité)  qui font passer d’un paradigme, c’est-à-dire l’état d’une connaissance à un instant T à un autre paradigme (cf. Falsificationnisme de Karl Popper ou les théories de thomas Kuhn).

2e sujet : L’homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ?

Présentation: Beau sujet. Il pose la question de la connaissance de l’homme sur lui-même. Il fait appel à des références sur l’idéalisme (Kant, Descartes), mais aussi psychanalytique (Freud, Jung), sur autrui (Sartre, Hegel). La problématique pourrait être posée ainsi : L’homme peut-il se connaître ?

1/ L’homme, en tant que sujet pensant, est transparent pour lui-même

Le sujet, défini comme conscience, se possède totalement puisqu’il celui qui pose la connaissance (cf. cogito cartésien)

2/ Des zones d’ombres persistent sur l’homme : l’inconscient et le corps

Freud montre que la conscience n’est qu’un hôte du sujet humain. C’est l’inconscient qui tire les ficelles des actions humaines. De même, le corps (chez Nietzsche ou Merleau-Ponty) échappe à la conscience et agit pour l’homme, en dépit de ses volontés.

3/ La connaissance de soi est un impératif moral, une tâche

La parfaite transparence du sujet est illusoire. mais, selon l’impératif posé par Socrate “Connais-toi toi même”, l’homme sait qu’il doit s’interroger, pratiquer l’introspection pour progresser dans la connaissance de lui-même.

3e sujet : texte de Nietzsche, Le gai savoir

Nietzsche critique la morale classique, celle des Grecs Platon et Aristote notamment. Attention, il s’agit d’un texte où l’ironie est partout. Nietzsche appelle en effet, en creux, à ne pas suivre cette définition de la vertu. Il défend au contraire une morale de l’individu, une morale de la libération par rapport aux moeurs classiques, à la morale de tous. L’homme supérieur, selon Nietzsche, doit agir selon sa propre morale.

Nous disons bonnes les vertus d’un homme, non pas à cause des résultats qu’elles peuvent avoir pour lui, mais à cause des résultats qu’elles peuvent avoir pour nous et pour la société : dans l’éloge de la vertu on n’a jamais été bien « désintéressé », on n’a jamais été bien « altruiste » ! On aurait remarqué, sans cela, que les vertus (comme l’application, l’obéissance, la chasteté, la piété, la justice) sont généralement nuisibles à celui qui les possède, parce que ce sont des instincts qui règnent en lui trop violemment, trop avidement, et ne veulent à aucun prix se laisser contrebalancer raisonnablement par les autres. Quand on possède une vertu, une vraie vertu, une vertu complète (non une petite tendance à l’avoir), on est victime de cette vertu ! Et c’est précisément pourquoi le voisin en fait la louange ! On loue l’homme zélé bien que son zèle gâte sa vue, qu’il use la spontanéité et la fraîcheur de son esprit : on vante, on plaint le jeune homme qui s’est « tué à la tâche » parce qu’on pense : « Pour l’ensemble social, perdre la meilleure unité n’est encore qu’un petit sacrifice ! Il est fâcheux que ce sacrifice soit nécessaire ! Mais il serait bien plus fâcheux que l’individu pensât différemment, qu’il attachât plus d’importance à se conserver et à se développer qu’à travailler au service de tous ! » On ne plaint donc pas ce jeune homme à cause de lui-même, mais parce que sa mort a fait perdre à la société un instrument soumis, sans égards pour lui- même, bref un « brave homme », comme on dit.” (Analyse du Gai Savoir)

1/ La vertu comme morale désintéressée

2/ la vertu comme morale sociale

3/ la vertu comme abandon de soi

4/ Une critique de la morale grecque

1 Response

  1. elle est fabuleux quand je lits les apprentis philosophes.apprendre,c’est apprendre de l’autre.

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