Démocratie : une définition politique


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Qu’est-ce que la démocratie ? Définition politique

La récente élection indienne, enjeu de 700 millions d’électeurs, vient poser la question de la nature, de l’essence des régimes politiques : à partir de quels éléments théoriques et factuels un régime peut-il être dit “démocratique” ? Quelle est la différence fondamentale entre les régimes politiques ?

Un régime politique (selon la définition donnée par la science politique) se juge à l’aune de 5 critères. Je me limiterai dans le billet à aborder la définition politique de la démocratie et consacrerai un billet plus détaillé sur les philosophies de la démocratie.

1/ La répartition des pouvoirs
– En démocratie, les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) doivent être non seulement séparés mais équilibrés (Montesquieu et la séparation des pouvoirs). C’est la notion de contre-pouvoir qui est essentielle. Le contraire, la concentration des pouvoirs, signifie l’absolutisme. Cette séparation existe parfois dans les faits, mais elle doit être garanti constitutionnellement, autrement dit exister dans un Etat de Droit.

2/ La vie politique
A l’origine, les premières démocraties sont directes (Rousseau, dans le Contrat Social, est le penseur de la démocratie directe) car restreintes : le corps politique est constitué de quelques privilégiés qui jouissent du temps nécessaire pour diriger eux-mêmes leur destinée politique (cf. le texte de Hegel sur la “belle liberté grecque“). Depuis, l’extension des États a contraint les citoyens à se doter d’intermédiaires, de représentants (démocratie représentative). Le modèle de l’ecclésia s’est effacé pour laisser place à des gouvernements représentatifs. Les députés se sont organisés en partis politiques, réglant la vie du pouvoir au gré des élections. La pluralité doit être la règle. Bien sûr, il y faut des majorités pour gouverner, mais aussi des partis d’opposition. Ainsi, le corps électoral a toujours le choix. L’offre politique doit être diversifiée. La vie politique doit être ouverte, toutes les positions politiques accessibles. Si ce n’est pas le cas, le régime politique est alors aristocratique

3/ Le mandat du corps politique
Les mandats sont à durée fixe. Nul position ne saurait être acquise à vie, ni même prolongée sans l’accord des citoyens. Dans le cas contraire, la rupture du contrat électif s’appelle un coup d’État, autrement dit une prise de pouvoir illégitime.

4/ L’espace public (Habermas)
La communication ne saurait se réduire à une verticalité politiques/citoyens. Les corps intermédiaires (syndicats, associations, élites intellectuelles, corporations) doivent pouvoir s’exprimer via des médias libres de toutes censures. Le débat public doit être fluide, sans distorsion.

L’espace public démocratique doit être un espace triplement ouvert :
– par le haut : l’information doit redescendre des élites politiques
– par le bas : les citoyens doivent trouver des relais d’expression à leur revendication politique.
– en son sein : à l’intérieur de l’espace public, les échanges doivent être fluides entre membres du corps politique

5/ La séparation privé/public
C’est ici que la différence entre totalitarisme et démocratie prend son sens. Le totalitarisme, comme l’ont montré Hannah Arendt et Claude Lefort signifie l’engloutissement du privé dans le public : tout, y est compris le plus intime, doit être sur la place publique. Le pouvoir absorbe la société civile, l’homme est réduit au citoyen. La démocratie repose, elle, sur l’espace public et donc sur la séparation stricte du privé et du public. Cela signifie que personne ne peut être accusé pour des intentions ou des préférences.

La Démocratie comme idéal régulateur

Bien sûr, comme les critères de la concurrence pure et parfaite, ces critères démocratiques forgent un idéal régulateur (au sens de Kant), elles ne renvoient à aucune démocratie réelle. Pour autant, les démocrates doivent considérer ces critères comme des impératifs catégoriques, le sens et le but de leurs actions et de leur vote.

2 Responses

  1. Anonymous says:

    Tout autre définition de la démocratie que celle (générale bien sûr dans un 1er temps) présentée ci-dessous confond démocratie et république ; ce qui est malheureusement 90% des cas. hervé.mounier@orange.fr"Le terme démocratie désigne un corpus de principes philosophiques et politiques, suivant lequel un groupe social donné organise son fonctionnement par des règles : élaborées, décidées, mises en application et surveillées par l'ensemble des membres de ce groupe, a priori sans privilèges ni exclusions."

21/12/2012

[…] à d’autres subjectivités que le peuple. Contre quelles souverainetés s’est imposée la démocratie ? Sur le plan «quantitatif», elle s’est définie en opposition à la monarkhia et à […]

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