Qu’est-ce qu’une élection présidentielle ?


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La définition de la science politique

L’élection présidentielle a lieu, en France, tous les 5 ans (auparavant, le septennat était la règle, jusqu’à ce que Jacques Chirac n’introduise le quinquennat).

Cette élection, à suffrage universel direct, à laquelle donc participent tous les citoyens, vise à élire le premier personnage de l’Etat.

L’élection se déroule en deux tours, le second tour étant une finale disputée par les deux meilleurs candidats du premier tour.

D’un point de vue constitutionnel, le président a pour rôle de nommer le premier ministre, de veiller sur la Constitution et de conduire la politique étrangère du pays.

La définition philosophique : Entre Facticité, liberté et Pour-Autrui

L’élection ne se fait pas à ex nihilo, mais à partir d’une offre politique donnée. Les électeurs choisissent parmi un panel donné celui qui sera leur président. Ceci constitue l’élément de contrainte, Sartre dirait de facticité.

Mais une élection est un moment de choix. Or, choisir est une expression de la liberté. Elle est la transposition et la traduction politiques de la liberté ontologique du sujet. Mais choisir, c’est aussi renoncer, et de la même manière que dans les grands moments de l’existence le choix est source d’angoisse, il peut être difficile de choisir.

Pour reprendre les termes de Rousseau, le président est le point de convergence, la synthèse et l’incarnation des volontés individuelles, autrement dit il est la volonté générale au moment de l’élection (rappelons néanmoins que Rousseau avait horreur de la démocratie représentative).

Le président est donc le représentant que le corps citoyen se choisit pour l’incarner, à la fois dans le pays, mais aussi à l’étranger. Le président est le visage et le porte-parole des citoyens dans ses déplacements internationaux. Visage intérieur donc, mais aussi représentation extérieure, le président est le Pour-Autrui de la nation, si l’on veut reprendre la sémantique sartrienne.

Chez Hegel, l’élection serait un point historique, par lequel l’Esprit se réaliserait : le président choisi serait donc un moment de l’histoire sensé réaliser la Raison.

Pour résumer, l’élection présidentielle se fonde sur une facticité (une offre de candidats non choisis par le corps citoyen), sur laquelle tente de prendre pied la liberté de choix des citoyens, afin d’élire un Pour-Autrui.

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