L’instinct grégaire

L’instinct grégaire se définit comme l’obéissance de l’individu à la masse, de manière aveugle et sans réflexion.

Nietzsche a violemment critiqué l’instinct grégaire : « La moralité n’est que l’instinct grégaire individuel » (Le Gai Savoir)

C’est d’ailleurs selon lui une des causes du malaise de notre civilisation (« Un animal grégaire, un être docile, maladif, médiocre, l’Européen d’aujourd’hui ! »). L’individu grégaire obéit sans penser, se laisse conduire comme un mouton dans un troupeau (Nietzsche est d’ailleurs contre la démocratie représentative, qui déresponsabilise les citoyens). Mais plus encore, c’est l’esprit d’égalité, qui est sous-jacent à l’instinct grégaire, que Nietzsche fustige : les individus ne sont pas, et ne doivent pas, être égaux. La hiérarchie est inévitable, selon lui, et les forts doivent dominer les faibles.

Puissance vs impuissance : la volonté de puissance contre l’instinct grégaire

A l’art d’obéir, le sujet puissant doit substituer l’art de commander. Contre l’instinct de la masse et la morale d’esclave qui en découle, Nietzsche exhortait les « esprits libres » à pratiquer l’individualisme aristocratique, fondé sur une morale de la volonté.

C’est pourquoi le Surhomme, pour se libérer de la morale du troupeau, doit s’isoler de la communauté. Cet isolement, lequel permettra la construction d’une nouvelle morale, est au fond le cheminement de Zarathoustra qui, une fois libéré des dogmes et sûr de lui, redescendra de la montagne pour annoncer la mort de Dieu aux hommes.

Pour aller plus loin...

1 Response

  1. 11/01/2012

    [...] une rapide expérimentation (à peine croyable d’ailleurs !) qui illustre à la perfection l’instinct grégaire qui perdure dans notre [...]

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