La République de Platon (Analyse & Résumé)

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Résumé de la République de Platon :

La République est le livre le plus célèbre et le plus influent de la philosophie de Platon. Mais en soi, la République n’existe pas, ni en théorie ni en pratique à son époque. Elle est donc inventée, construite par l’architecte Socrate. Mais le thème majeur de ce dialogue est celui de la justice ou : comment organiser la cité ?

Le livre est organisé en 10 livres distincts, durant lesquels Platon présente les différents aspects de sa cité idéale, de la place des philosophes dans la cité à la conception de la subjectivité en passant par l’éducation des enfants.

Livre 1 de la République :

Dans le Livre I, Socrate donne deux définitions distinctes de la justice. La première est fournie par Polémarque, qui suggère que la justice consiste à “faire du bien à vos amis et causer des dommages à vos ennemis.” Cette définition, qui est une traduction de la morale conventionnelle, est prise en considération. Cependant, très vite, ses défauts apparaissent clairement : comment peut-on savoir qui est un ami et qui est un ennemi ? Les amis ne sont-ils pas capables de faire du mal ? Et qu’est-ce que faire du bien ? Ici affleure déjà l’idée qu’une définition doit reposer sur des notions solides : il faut donc remonter à l’essence du concept et non se contenter de fausses apparences.

Une deuxième définition, donnée par Thrasymaque, est la suivante : «La justice est l’obéissance à l’intérêt du plus fort». Mais selon Socrate, la justice est bonne à la fois dans ses moyens et dans sa fin et ne peut donc exiger la soumission en tant que moyen.

Selon Socrate, la justice est “l’excellence de l’âme”. Socrate sait cependant qu’il a été trop vague et qu’il devra se faire plus précis. Le livre I se termine par une autre question. La vie juste est-elle plus gratifiante que la vie injuste? Même si le premier livre n’a pas avancé de manière déterminante dans la définition de la justice, il a réussi néanmoins à poser le cadre et la méthode utilisée.

Livre 2 de la République :

Au début du livre 2, une nouvelle définition apparaît : la justice est un compromis conçu pour la protection mutuelle des citoyens d’un État. En d’autres termes, la justice est un artefact crée par l’Etat pour empêcher les citoyens de se nuire les uns autres autres. Mais Socrate n’aime pas l’idée que la justice soit non-naturelle, instituée. Socrate affirme que l’Etat ne doit faire que refléter la justice naturelle. Ainsi commence l’immense édifice de l’Etat juste. Socrate aborde d’abord la division du trvail entre les classes de la société.

Livre 3 de la République :

Les arts dans l’éducation sont traités dans le livre 3. La poésie, accusée de déformer le réel, est la cible de toutes les attaques de Socrate. En lieu et place de la posésie, bannie de la Cité, Socrate prône l’enseignement de la musique, seule à même de développer les vertus chez les citoyens : courage, sagesse, tempérance. La deuxième partie de l’éducation est consacrée à l’éducation physique. La formation physique est au moins aussi importante que la formation intellectuelle des citoyens.

Le livre se termine avec le mythe phénicien, lequel affirme que les citoyens sont faits d’un certain mélange de métaux, d’or, d’argent, de fer et de laiton. Ce mélange détermine leur position sociale.

Livre 4 :

Dans le livre 4 il est question bonheur des gardiens. La raison d’être de l’Etat est d’exister pour le bien du plus grand nombre et non pour celui-ci de quelques-uns. Fondé sur la division des tâches, la question de la défense et de la sécurité apparaît : les guerriers seront les gardiens de la Cité. Estimant la Cité est parfaite, Socrate repose la question de la justice en partant de quatre vertus : il définit le courage, la tempérance et la sagesse, mais il doit ouvrir une parenthèse avant d’atteindre la justice. La digression donne les trois principes de l’âme: la raison, la passion et l’appétit. Lorsque ceux-ci existent en harmonie, la justice règne. Mais il s’agit d’une définition provisoire.

Livre 5 de la République :

La question abordée est : comment éviter que cette cité idéale disparaisse ? Socrate présente plan très futuriste détaillant le contrôle de la population et une forme élaborée d’eugénisme. Les forts doivent se forte reproduire plus souvent que les plus faibles. Les enfants faibles sont éliminés ou cachés sans même que leur soit donné un nom.

Socrate envisage aussi une manière d’améliorer les Etats existants : pour cela, il faut que les philosophes deviennent rois ou, plus probablement, que les rois deviennent philosophes. Mais à son tour, Socrate pose la question: qu’est-ce qu’un philosophe? Cela conduit Socrate à développer sa théorie des formes, l’idée que le réel n’est qu’une illusion et que le philosophe, grâce à la contemplation des idées, accès aux essences, à la vérité. Le philosophe, par la dialectique, cherche et monte vers le vrai.

Livre 6 :

Socrate fait face aux critiques dans le livre 6, dirigées contre sa classe des guerriers : Adimante estime que les gardiens sont des monstres. Socrate défend leur noblesse et leur altruisme en s’appuyant sur la parabole du pilote et son équipage. La multitude selon Socrate ne sait pas ce qui est le mieux pour elle. Ils faut des individus désintéressés et compétents pour les gouverner. Socrate est obligé alors de développer la relation entre les gardiens et la philosophie. Gardiens, dit-il, cessent d’être les gardiens quand ils abandonnent la vérité.

Livre livre 7 de la République :

le livre 7 est dominé par l’allégorie de la caverne. Socrate peint une scène : une grotte obscure est l’hôte d’un groupe de prisonniers, enchaînés de telle façon qu’ils ne peuvent pas bouger la tête. Ils sont forcés de regarder le mur face à eux. Un feu reflète les ombres sur ce mur. Ayant toujours été dans la grotte, ils croient que les ombres sont vraies. Puis, un jour, un prisonnier est libéré. Il découvre que les ombres sont une illusion, il est aveuglé par la lumière en sortant de la grotte. Retournant livrer sa vérité aux autres prisonniers, il doit affronter leurs rires. Ce prisonnier libéré est le philosophe qui, riche de la vérité, va la répandre auprès de ceux qui vivent dans les ténèbres.

Livre livre 8 :

Socrate analyse les différentes formes de régimes politiques. Il existe quatre formes corrompues : la timocratie, l’oligarchie, la démocratie et la tyrannie. Ce dernier est présenté comme le pire des régimes.

Livre livre 9 :

Le livre 9 explore la figure du tyran et la compare à celle du philosophe. Le tyran agit pour son propre bien, est régi par des appétits insatiables, est menacé de tous les côtés et à chaque instant par la trahison et l’assassinat. Ainsi, son pouvoir est en réalité une forme extrême d’esclavage. Le tyran est le paradigme du désordre et de l’injustice.

Socrate achève le livre 9 sur l’idée que même si l’Etat idéal est une construction théorique, le philosophe doit toujours vivre comme si il était réel à l’intérieur de lui.

Livre livre 10:

Le dernier livre de la République pose l’immortalité de l’âme et traite de sa destinée après la mort. Bien que l’homme juste tire de grandes récompenses dans la vie mortelle, c’est dans l’au-delà que sa vertu est le mieux reconnue. Les dieux reçoivent l’homme juste, qui a cherché toute sa vie à les imiter, sur un pied d’égalité.

 Conclusion :

La République est sans conteste le dialogue majeur de Platon, dans la mesure où l’étendue des thèses exposées est prodigieuse. La Cité Idéale, fondée sur la justice, inspirera l’ensemble de la philosophie politique après Platon.

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10 Responses

  1. Jean-Claude Trotignon says:

    Les 10 livres de la République de Platon ne sont pas une collection de 10 pesants volumes, mais seulement un livre de poche de 800 pages aux éditions GF. Lisez La République et vous saurez comment un aristocrate comme Platon est devenu un démocrate. Une citation ? “Ceux qui gouvernent la cité, peuvent se permettre de mentir”…

  1. 13/06/2012

    [...] Aujourd’hui, nous parlons du texte le plus célèbre de la philosophie : L’allégorie de la Caverne, de Platon, situé au livre 7 de la République. [...]

  2. 30/07/2012

    [...] La République de Platon [...]

  3. 31/10/2012

    [...] Platon : L’opinion est la faculté intermédiaire qui saisit les choses qui flottent entre les deux extrêmes, le néant et l’être absolu (La République) [...]

  4. 02/11/2012

    [...] Platon : La République [...]

  5. 05/11/2012

    [...] appartient aux dialogues de la maturité de Platon, au même titre que la République. Phèdre met en scène Socrate discourant sur l’amour et la beauté, d’une part, puis sur la [...]

  6. 15/11/2012

    [...] – Le Bien selon Platon : “Le bien n’est pas une essence, mais quelque chose qui d”passe de loin l’essence en majesté et en puissance (La République) [...]

  7. 21/11/2012

    [...] se doit ainsi chez les Grecs et leurs successeurs d’étudier l’Etre. Ainsi, dans la République de Platon, l’existence n’est qu’un mode secondaire, dérivé de [...]

  8. 21/12/2012

    [...] de gravir une pente et de se libérer d’un monde dont nous ne savons finalement pas grand-chose. Platon, dans la République déjà, dépeint une caverne où règnent les ombres, le reflet. La philosophie serait ainsi une [...]

  9. 08/03/2013

    [...] Platon, par exemple, dans la République, défend l’idée d’une oligarchie fondé non sur la richesse, mais sur le savoir [...]

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