Le Prince de Machiavel (Résumé)

Nicolas Machiavel

Le Prince : une oeuvre du réalisme en science politique

Le Prince de Machiavel est sujet à d’innombrables commentaires, revues ou critiques. Nous ne prétendons pas révolutionner cet exercice de commentaire. Mais revenir à l’essentiel de la pensée de Machiavel en tentant une synthèse, une analyse rapide de ce texte essentiel de la philosophie politique qui inspirera tous les grands hommes d’Etat, de Mitterrand à De Gaulle en passant par Churchill et Napoléon.

Le Prince s’inscrit dans un contexte historique compliqué, celui du morcellement politique de l’Italie à la Renaissance. Les innombrables royaumes sont l’objet de menaces d’attaques extérieures (de la France notamment). Machiavel est un patriote qui craint de voir son pays démantelée par les puissances rivales. De plus, Machiavel dédicace son Prince au Prince Médicis (Roi de Florence). Ainsi, le but est de conseiller les princes pour l’unification de l’ItalieSa méthode appartient donc au réalisme politique.

Rappelons aussi que dans son Discours sur la première Décade de Tite-Live, Machiavel a cherché les raisons de la grandeur de Rome, qu’il érige en modèle de réussite politique. Son but est donc de créer un manuel à l’usage des princes.

Machiavel et son Prince

Le Prince machiavélien doit être pourvu de vertus morales et politiques (fondée sur la ruse et le force), doit maîtriser l’art de la guerre, unique objet du pouvoir. Toute paix est ainsi une paix armée. Un bon Prince se maintiendra s’il détient la VIRTU, sens de l’anticipation, et la PRUDENCE, art de saisir les situations singulières. La fortune étant un “fleuve impétueux“, le Prince doit prévenir les affres du destin, agir pour anticiper le futur.

Le Prince doit toujours s’attirer la sympathie du peuple et s’appuyer sur les puissants. Aimé et craint à la fois, le Prince peut se montrer cruel si la situation l’exige, mais toujours dissimuler et paraître juste au peuple (différence entre l’être du Prince et son paraître). La raison d’Etat prime sur le respect de la morale.

Machiavel, la guerre et la paix dans le Prince

Machiavel décrit la politique étrangère des Etats comme étant marquée la méfiance. Cette méfiance est justifiée par l’instinct de survie que doivent développer tous les Etats. Le monde étant menaçant, Machiavel défend une conception agressive de la politique étrangère : attaquer avant d’être attaqué. Ainsi, la défense d’un Etat justifie tous les moyens : une “patrie est défendue soit par l’ignominie, soit par la gloire, soit par tout autre moyen(citations de Machiavel). Machiavel enlève à la notion de violence sa connotation morale. La violence sert à contrecarrer les plans de la fortune contre les hommes.

La puissance d’un Etat est indissociable pour Machiavel de sa puissance militaire. De fait, un pays dont la défense serait déléguée est en grand danger.

Pour Machiavel, la guerre est le moyen externe de maintenir la paix, la paix un moyen interne de conserver le pouvoir. Mais à aucun moment la guerre n’est valorisée en tant que telle. Le Prince doit être un chef militaire (lion) et un chef politique habile (renard).

Machiavel et le citoyen républicain

Le citoyen doit valoriser la vie active, civique aux dépens de la vie contemplative (contrairement à Aristote dans l’Ethique à Nicomaque). Habité par le désir de gloire et de grandeur, le citoyen doit échapper à la corruption et agir pour la communauté. Le citoyen doit être un soldat soucieux de préserver le bien commun.

Conclusion sur Le Prince :

Les leçons de Machiavel sont importantes, au delà de politique. Il décrit un monde contingent, où la place de la volonté et l’agir humain sont décisives. L’homme, face au chaos, n’est jamais condamné, il dispose de moyens pour dépasser la fatalité et le hasard : sa liberté.

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6 Responses to Le Prince de Machiavel (Résumé)

  1. [...] qui fait la modernité de Machiavel, et particulièrement du Prince ? C’est précisément l’esprit de Renaissance, la tentative de retour aux penseurs [...]

  2. [...] Machiavel : “Il y a si loin de la manière dont on vit de celle dont on devrait vivre, que celui qui tient pour réel et pour vrai ce qui devrait l’être sans doute, mais qui malheureusement ne l’est pas, court à une ruine inévitable (Résumé du Prince) [...]

  3. [...] le penseur qui a fondé la philosophie politique moderne : Machiavel. Dans son célèbre texte Le Prince, le florentin, qui a passé sa vie au plus près du pouvoir auprès de César Borgia à qui [...]

  4. [...] Alexis De Tocqueville, philosophe du XIXème siècle, est le penseur de la démocratie moderne, au sens de démocratie représentative (au contraire de démocratie directe) dans des Etats vastes et multi-culturels. Considéré comme un sociologue (notamment par Aron), il a en fait mené une philosophie descriptive de la démocratie libérale. La pensée de Tocqueville est à mi-chemin entre celle de Montesquieu et celle de Machiavel. [...]

  5. [...] réalité, l’injustice faite à la philosophie de Machiavel est grande : Le Prince est fondée sur le pragmatisme. Le Prince, en tant qu’acteur principal de la vie politique, [...]

  6. [...] c’est une philosophie pratique: le Prince est dédicacé au Médicis, il s’agit d’un guide d’exercice pratique du [...]

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