La Philosophie de Pascal

Blaise Pascal Philosophe

Blaise Pascal : une réflexion sur Dieu, la mort et les passions

Blaise Pascal, philosophe, esprit universel et penseur religieux, est l’auteur d’une œuvre à la fois scientifique, philosophique et religieuse. Pascal est considéré comme le précurseur de la philosophie existentialiste, développée plus tard par Kierkegaard, Heidegger et Sartre.

C’est la misère de l’homme privé de Dieu que Pascal souligne dans les Pensées. Au contraire, en Dieu, l’homme peut s’ancrer spirituellement. Croire en Dieu est le parti le plus raisonnable.

Qu’est ce que l’homme selon Pascal ?

A cette question, Pascal apporte, tout d’abord, une réponse psychologique : il place l’homme en face de lui-même et fait un constat de vide et de vacuité. C’est la célèbre thèse du roseau pensant.

- C’est l’inconsistance qui domine dans l’humaine nature.

- Parlons donc de vanité, au sens étymologique de ce terme (latin vanitas, vide), comme caractère de ce qui est creux et inconsistant.

- La vanité est encrée dans le cœur de l’homme : le moi est haïssable.

Voué au vide et à la vacuité, l’homme goûte non seulement les plaisirs de la vanité (chacun veut avoir ses admirateurs…), mais aussi les prestiges de la trompeuse imagination, cette maitresse d’illusion et d’erreur :

- L’imagination désigne une puissance qui interdit à l’homme l’accès au vrai et déforme la réalité en grossissant les petites choses et en amoindrissant les grandes.

-  Ainsi sont grossis, par exemple, les illusions et petits objets de l’amour-propre, compris, au sens ancien et péjoratif du terme, comme amour de soi et égoïsme.

En quoi consiste l’amour-propre ? A « n’aimer que soi et […] ne considérer que soi »

Le divertissement selon Pascal : La lutte de l’homme contre sa misère métaphysique

Egaré par l’amour de soi et les puissances trompeuses de l’imagination, l’homme est voué à la mauvaise foi : il refuse de prendre conscience de son néant, qu’il expérimente, tout particulièrement, dans l’ennui, sentiment pénible de vide causé par le désœuvrement ou l’absence de passion étant lié au plein repos, sans occupations ni affaires.

Cette prise de conscience de son néant, l’homme la fuit dans le divertissement, c’est-à-dire dans tout ce qui nous détourne du spectacle de notre misérable condition, inscrite dans le temps et dans la mort, tout ce par quoi nous fuyons la pensée de notre néant : le jeu et l’amusement, mais aussi le travail et l’activité.

- Le divertissement perpétuel nous dérobe à nous-mêmes et nous interdit la réflexion.

La foi et l’ordre du cœur :

Mais la réponse à la question : « Qu’est-ce que l’homme ? » relève aussi de la religion.

- « Misère de l’homme sans Dieu, félicité de l’homme avec Dieu ».

- Par la foi, l’homme peut, en effet, échapper à la sphère inconsistante qui est sienne et connaître la félicité.

Que désigne la foi ?

- Une révélation immédiate et intérieure de Dieu, obtenue grâce au cœur, spontanéité connaissante et intuitive, participant à l’affectivité, vraie force agissante liée au sentiment et saisissant Dieu sans intermédiaires.

Nous connaissons la vérité non seulement par la raison (la connaissance discursive, allant à l’universel) mais aussi par le cœur, c’est-à-dire l’intuition. Autrement dit, le coeur a des raisons que les raison ne point.

Mais comment décider l’incrédule à dépasser le divertissement pour atteindre la sphère de la foi et du divin ?

- Ici prend place le célèbre pari, qui ne constitue nullement une démonstration de l’existence de Dieu, mais un argument tendant à montrer aux incroyants qu’en pariant pour l’existence de Dieu, ils n’ont rien à perdre, mais tout à gagner.

- Si l’on gagne, on gagne tout (la félicité éternelle).

- Si l’on perd, on ne perd rien (une existence misérable, finie et précaire).

- Croire en Dieu est donc un parti très raisonnable : l’homme a tout intérêt à parier pour la religion chrétienne.

Pascal et l’art de persuader :

Il s’agissait, pour Pascal, de persuader les incroyants et de les mener à Dieu. Tel était le dessein des Pensées.

- Or, pour ce faire, Pascal a mis en œuvre une rhétorique dont il faut dire un mot (un peu plus loin).

- Ainsi a-t-il distingué l’art de convaincre, c’est-à-dire d’obtenir l’adhésion de l’esprit à l’aide de preuves rationnelles(en démontrant rationnellement la vérité d’une proposition, en influençant l’intelligence), et celui de persuader, qui consiste autant en celui d’agréer qu’en celui de convaincre.

Agréer, c’est plaire et intéresser, en recherchant une correspondance entre l’esprit de celui à qui l’on parler et l’expression dont on se sert.

La rhétorique et l’argumentation pascaliennes sont donc très subtiles. Elles ne négligent ni l’art de convaincre ni celui d’agréer. Elles unissent esprit de géométrie, c’est-à-dire raisonnement discursif, déductif et démonstratif, et esprit de finesse, défini comme intuition et discernement juste et immédiat d’éléments complexes.

- Pour conduire à Dieu l’incroyant, Pascal a édifié une rhétorique synthétique et perspicace.

Par son analyse du drame de l’existence humaine et sa subtile rhétorique destinée à nous conduire à Dieu, Pascal apparaît étonnamment moderne. C’est le langage de notre monde contemporaine qu’annoncent les Pensées.

Oeuvres de Blaise Pascal :

Essai sur les coniques (1639)

Préface pour un traité du vide (1647)

Les Provinciales (1656-1657)

De l’esprit de géométrie (posthume)

- Les brouillons qui constitueront les Pensées …

Les livres de notre partenaire

PENSEES DE BLAISE PASCAL
Blaise Pascal : Les pensées
Acheter ce livre

 

7 Responses to La Philosophie de Pascal

  1. JP DUBS says:

    La vanité est ancrée (avec une ancre) et non encrée (avec de l’encre)… ;-)

  2. [...] l’idée d’un existentialisme chrétien (Jaspers, Kierkegaard, Pascal) est incohérente : si Dieu est, alors l’existence de l’homme n’est plus [...]

  3. [...] citation est la plus célèbre de Blaise Pascal, philosophe français. C’est un extrait des Pensées [...]

  4. [...] Cette phase de Pascal est restée célèbre pour son sens de la contradiction (apparente), bonheur et suicide étant apparemment opposés en philosophie. [...]

  5. [...] phénoménologie fut d’abord une logique, puis se déploya en une philosophie de l’esprit puis en une philosophie de la vie, laquelle a exercé une influence sur Scheler, [...]

  6. [...] sentence de Pascal, philosophe du XVIIème siècle, est la plus connue des Pensées pascaliennes. Elle est aujourd’hui [...]

  7. [...] Blaise Pascal, philosophe chrétien, l’esprit de finesse est opposé à l’esprit de géométrie, lequel a des [...]

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>