La philosophie de Freud

Freud le philosophe

Freud, un psychanalyste du sujet

Freud, médecin psychiatre et penseur autrichien fondateur de la psychanalyse.

Freud a exploré le continent  de l’inconscient, encore mal connu à la fin du XIXème siècle et à l’aube du XXe. Il a conçu l’inconscient comme un système de l’appareil psychique, contenant des représentations refoulées.

Freud et sa définition de la psychanalyse :

1.       Une thérapeutique

Qu’est ce que la psychanalyse ? Ce n’est pas un système philosophique.

Freud, médecin et clinicien, a d’abord été un thérapeute et c’est dans cette perspective pratique qu’il faut définir la psychanalyse, méthode psychothérapeutique fondée sur l’analyse du transfert.

-          La psychanalyse, en effet, est un acte.

-          Elle ne cherche pas à éprouver, mais à modifier quelque chose, et ce en élucidant le sens du transfert, c’est-à-dire de la projection, sur la personne du thérapeute, d’une charge d’énergie affective et de sentiments initialement vécus par l’enfant à l’égard des parents.

-          Ce transfert peut être positif et comporter des éléments favorables à l’analyse, mais également négatif (avec éléments hostiles).

Cette thérapeutique par le transfert vise essentiellement à la guérison des névroses, affections dont l’origine psychique et dont les symptômes expriment symboliquement un conflit issu de l’histoire du sujet et de son enfance.

C’est dans le complexe d’Œdipe qui constitue, aves ses dérivés, le complexe central de chaque névrose. Définissons-le comme une disposition affective par laquelle un être humain est attaché, sexuellement, à son parent de l’autre sexe et nourrit une attitude d’aversion à l’égard de son parent de même sexe.

2.       L’inconscient

En définissant la psychanalyse comme une méthode psychothérapeutique fondée sur l’analyse du transfert, nous n’avons encore pas dégagé son concept central, celui d’inconscient.

-          Et, en effet, la psychanalyse est une méthode d’investigation mettant en évidence des significations inconscientes.

Qu’est ce que l’inconscient selon Freud ?

-          Il faut l’appréhender de manière dynamique, et non pas statique.

-          Avant Freud, bien des philosophes avaient souligné qu’une partie de notre psychisme échappe à la conscience.

-          Freud, (et ceci constitue la nouveauté de son approche) voit dans l’inconscient un système psychique formé par ce qui ne peut accéder à la conscience, en tant qu’il est le produit du refoulement, c’est-à-dire d’un processus psychologique de défense du moi rejetant pulsions et désirs.

-          Mais quelles pulsions exactement ?

►  Il s’agit de celles qui sont en désaccord avec la censure, instance inconsciente engendrée par l’éducation et interdisant l’accès à la conscience.

En définissant l’inconscient à partir du refoulement, en soulignant que c’est une résistance (une force significative d’un conflit et maintenant l’état morbide) qui empêche les souvenirs de parvenir à la sphère consciente, Freud a décrit dynamiquement ce que certains, avant lui, donnaient à voir de manière statique, figée ou encore très générale.

-          Conscient, inconscient et préconscient sont des aspects et des moments d’un processus : à côté du conscient et de l’inconscient, Freud admet, en effet, le moment du préconscient.

-          De la partie d’inconscient qui tantôt reste inconsciente, tantôt devient consciente, il affirme qu’elle est capable de devenir consciente et lui donne le nom de préconscient.

Freud et la voie d’accès à l’inconscient : rêves et actes manqués :

Mais par quelle voie pouvons-nous espérer accéder à cet inconscient dynamique qui constitue le fond de notre psychisme ?

-          Les contenus refoulés se manifestent par des processus morbides et psychopathologiques (névroses…) mais aussi par les rêves et les actes manqués.

A travers ces diverses manifestations, le contenu inconscient pénètre, masqué, jusqu’au conscient et il devient possible, à travers des éléments apparemment irrationnels, d’interpréter ce qui semblait incohérent et d’y déceler une intention et un sens, de décrypter ce qui est masqué, en lui conférant une intelligibilité.

Ainsi en est-il du rêve ? (réalisation imaginaire d’un désir pendant le sommeil, production psychique ayant une signification), où Freud distingue un contenu manifeste et un contenu latent, le premier désignant la façade derrière laquelle se dissimule le fait réel, le rêve tel qu’il nous apparaît, le second, un ensemble issu de thèmes refoulés et présidant au rêve du fond même de l’inconscient.

-          Le processus grâce auquel les pensées latentes se transforment en contenu manifeste s’appelle l’élaboration du rêve.

-          Quant à l’interprétation du rêve, elle se définit, chez Freud, comme la recherche des idées latentes et inconscientes du rêve, et ce par la médiation du contenu onirique manifeste.

Mais les actes manqués représentent, eux aussi, une voie royale d’accès à l’inconscient : Freud nomme de cette manière les actes innombrables de la vie quotidienne qui ratent leur but et trahissent une intention inconsciente.

-          Ainsi, en est-il de ces lapsus, bris d’objets… qui ne sont nullement dépourvus d’importance et qui possèdent un sens, une signification interne.

Freud apparaît comme un penseur qui a tenté d’inscrire du sens, de l’intelligibilité, là où se manifestent, en apparence, incohérence et désordre.

De même que le rêve et l’acte manqué, le symptôme névrotique est analysé comme formation s’actualisant à la place de quelque chose qui n’a pu se manifester autrement. La névrose n’est ni simple accident ni incohérence, mais expression d’un processus.

Freud, la nature du psychisme et la théorie des instincts :

A partir de 1920, le freudisme a connu de nouveaux développements. Freud a introduit, en effet, dans sa recherche, des concepts directeurs qui ont abouti à une autre théorie de la personnalité et des pulsions humaines.

En ce qui concerne la structure mentale de l’appareil psychique, Freud distingue, à partir de 1920, le ça, le moi et le surmoi.

-          L’appareil psychique, arrangement structurel de la vie intérieure de l’individu, d’abord conçu par Freud comme formé du conscient, du préconscient, et de l’inconscient, est décrit désormais de la manière suivante :

►  La plus ancienne des provinces psychiques porte le nom de ça, sorte de réservoir de toutes les pulsions inconscientes qui nous animent.

►  Son contenu comprend tout ce que l’être apporte en naissant.

►  Le Moi désigne la partie de la personnalité assurant les fonctions conscientes : “L’homme n’est pas maître en sa propre demeure” (citations de Freud)

►  Enfin, le Surmoi représente une intériorisation des interdits parentaux, une puissance « interdictrice » dont le Moi est obligé de tenir compte.

-          L’être humain subit, en effet, durant son enfance, une longue dépendance qu’exprime le Surmoi.

Non seulement Freud élabore cette théorie nouvelle de la personnalité, mais, à partir de cette même période, il développe la conception de la dualité des pulsions ou instincts, des forces agissant à l’arrière-plan des besoins du ça et représentant, dans le psychisme, des exigences d’ordre somatique.

Les pulsions désignent, chez Freud, des processus dynamiques issus de l’inconscient et consistant dans une poussée faisant tendre l’organisme vers un but.

Freud, à partir de 1920, admet l’existence de deux instincts fondamentaux : les pulsions de mort et les pulsions de vie (partie la plus controversée de son œuvre).

-          Les premières ont pour but de ramener tout ce qui vit à l’état inorganique, alors que les secondes tendent à établir une unité par la force d’Eros, de l’Amour.

-          Ainsi, une opposition Eros/Thanatos (Amour/Mort) engage désormais la théorie psychanalytique dans une voie nouvelle, s’écartant de l’appareil théorique antérieur.

La libido (c’est-à-dire l’énergie de la pulsion sexuelle) est en mesure, pense Freud, de neutraliser les forces de désintégration et de destruction si puissantes, que ce clinicien venait de voir à l’œuvre durant la guerre de 1914-1918.

C’est l’agressivité (tendance à la destruction de l’entourage et de l’environnement) comme menace pour la civilisation, c’est-à-dire la totalité des œuvres et des organisations nous éloignant de l’état animal de nos ancêtres, qui a retenu l’attention de Freud à partir de cette époque et qu’il a puissamment éclairée.

En résumé :

La psychanalyse nous a montré que l’homme n’est pas maître de son propre monde intérieur : des processus psychiques inconscients nous échappent. Bien plus, de puissantes forces de mort agissent en nous. Par ces analyses, le freudisme a profondément renouvelé la conception de l’homme et de son psychisme.

Oeuvres majeures de Freud:

L’interprétation des rêves (1899)

- Psychopathologie de la vie quotidienne (1904)

- Totem et tabou (1913)

- Introduction à l a psychanalyse (1917)

- Au-delà du principe de plaisir (1920)

- Malaise dans la civilisation (1929)

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freud : ça, moi, surmoi
Marie-Jean Sauret : Freud et l’inconscient
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Pour aller plus loin :

L’Interprétation des Rêves

Le ça, le moi et le surmoi chez Freud

La conscience selon Freud

Citations de Sigmund Freud

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2 Responses

  1. Patricia Diane Murray says:

    Si je veux vous citer dans un de mes text de philo pour le cegep qui ecris-je comme auteur ?

  2. bilal says:

    Si je me vois en rêve en train de marcher sur une allée bordée d’arbres et qu’a la fin de celle-ci, je trouve un lac et que je me mette à le traverser et puis au beau milieu, je n’arrive plus à rejoindre la rive
    Comment j’explique ce songe ?

    En fait, le chemin est l’utérus et les arbres bordant l’allé les phallus synonymes de puissance sexuelle, le lac rempli d’eau est le liquide amniotique dans lequel je peine à nager ce qui explique que je n’ai pas encore trouvé ma satisfaction(les arbres phalliques sont la multiplicité de mes plaisirs donc non dirigée et inconscients) avec ma partenaire et que dès l’enfance, je n’ai pas pu identifier la source des plaisirs qui m’on enfanté. Ma Femme n’est pas ma mère voilà pourquoi je suis resté au beau milieu du lac, car la non-séparation m’empêche d’atteindre l’autre rive.

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