Pourquoi nous soutenons la candidature de Macron


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La France va se retrouver, comme tous les cinq ans, à choisir son nouveau président. Le paysage politique a fortement évolué depuis la dernière élection (absence des deux finalistes de 2012, décomposition du Parti Socialiste, récurrences des affaires, percée idéologique de l’extrême droite, nouveau président aux US, Brexit, hausse du chômage et de la dette publique, attentats, …) faisant de cette échéance une étape charnière pour la France. Dans ce contexte et au vu de l’offre politique actuelle, nous souhaitons apporter notre modeste soutien à la candidature d’Emmanuel Macron.

Premièrement en raison de sa vision de la politique : Marcon veut dépasser la vision traditionnelle des partis et des idéologies, en se déclarant “et de gauche et de droite“, souhaitant rompre avec la dichotomie classique droite/gauche. Cela nous semble être le sens de l’histoire, tant l’idéologie de marché et son pendant politique, le libéralisme, tendent à s’imposer. D’autre part, cela permet aussi de déverrouiller les solutions : trop souvent, une majorité est restée rivée à son idéologie. Avec ce dépassement du clivage droite/gauche, il importe à une idée d’être efficace pour être mise en place, et non plus d’être de gauche (ou de droite).

Deuxièmement, Macron nous apparaît comme le candidat le plus moderne, notamment dans sa vision de l’Europe (il est le seul à considerer l’Union Européenne comme une alliée de la France et non une ennemie) et sa vision du marché du travail (moins de lois inapplicables, plus d’accords au sein des entreprises).

Troisièmement, c’est sa trajectoire personnelle, des bancs de la fac de Nanterre aux fauteuils cossus de la banque Rotschild, en passant par le secrétariat général de l’Elysée, qui nous apparaît là aussi comme une forme de renouvellement nécessaire du personnel politique. Pas seulement professionnel de la politique, mais aussi un candidat ouvert, en prise sur la société civile.

La question se pose de savoir avec qui il gouvernera, puisqu’il n’est rattaché à aucun parti de pouvoir : lui et son équipe ont anticipé cette problématique en lançant un appel à candidature à la société civile, afin de recruter les futurs représentants de cette potentielle majorité. Si cela aboutit, ceci mettrait en partie hors jeu les partis traditionnels qui dominent la vie politique depuis 1945 et permettrait de renouveller le personnel politique de manière drastique.

Quatrièmement, le recul non seulement de l’extrême droite mais des idées de l’extrême droite, ne sera possible qu’avec un dynamisme économique à même de faire durablement et significativement baisser le chômage, rendant alors possible un désendettement de la France (rappelons que le remboursement de la dette est le second poste du budget de l’Etat, lestant les générations futures). De ce point de vue, ni Mélenchon (dont la lecture idéologique date des années 1970), ni Hamon (dont le programme est dispendieux) ni Fillon (dont le programme vise avant tout les classes aisées) ne nous paraissent être porteur d’un dynamisme économique.

L’ensemble des raisons est porté par la méthodologie du candidat d’En Marche. Car sa révolution n’est pas programmatique (certains ont notamment pointé les ressemblances de son projet avec celui de François Hollande en 2012), mais bien méthodologique. C’est la manière de gouverner (avec des dirigeants issus de la société civile, peu importe leur étiquette politique) qui est novatrice, qui est prometteuse car elle laisse entrevoir un renouveau de la classe politique et de son logiciel intellectuel.

Enfin, elire un président qui n’a pas 40 ans, en France, nous paraîtrait être un geste aussi fort que fût l’élection d’un noir aux Etats-Unis, il y a 8 ans. La jeunesse n’est bien sûr pas une promesse de réussite, ni de compétence, mais elle porte en elle celle de l’efficacité. Goethe disait d’ailleurs

Méfiez-vous des rêves de jeunesse, ils finissent toujours par se réaliser

Note : notre légitimité, en tant que portail consacré à la philosophie, est plus faible, certes, que celle d’un site d’actualité, mais la question du vivre-ensemble, de l’organisation de la Cité a toujours interessé ceux qui questionnent, depuis Platon jusqu’à Michel Foucault. Nous nous situons ainsi dans la tradition d’une philosophie engagée, et non celle d’une discipline coupée du monde, retirée dans ses bibliothèques. Le site accueillera de manière croissante des points de vue engagés pour refléter ce parti pris éditorial.

Julien Josset

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