La morale de Schopenhauer


Le bonheur et la sagesse selon Arthur Schopenhauer

Arthur Schopenhauer a tenté d’approfondir la philosophie pratique de Kant dans ses Aphorismes sur la sagesse dans la vie. Dans cette sorte de bréviaire de sagesse moderne, Schopenhauer emprunte autant aux Anciens (Sénèque, Epictète, Epicure) qu’aux Modernes (Kant, Fichte).

Schopenhauer et les 3 critères du bonheur : l’être, l’avoir, l’apparaître

Schopenhauer affirme que 3 conditions expliquent les différences de bonheur entre les hommes :

1/ – ce que l’on est : la personnalité (le critère les plus important)

2/ – ce que l’on a : avoirs et la richesse (un minimum de possessions est nécessaire pour être heureux)

3/ – ce que l’on représente : notoriété, rang, honneur.

1/ Ce que l’on est :

La santé est la condition sine qua non du bonheur. L’être est ce qui importe le plus “nous nous accompagnons nous-mêmes tout au long de la vie” (contrairement aux richesses ou à la réputation qui peuvent changer).

Schopenhauer distingue deux types d’hommes : l’homme normal et l’homme intellectuel.

- Pour l’homme normal, la vie consiste à passer le temps, à accroître sa richesse extérieure. Or, cette dernière est éphémère, donc sa vie est une éternelle insatisfaction. Il se concentre sur les forces reproductives (manger, sexualité) et les jouissances de l’irritabilité (voyages, guerre). Autrement dit, l’homme normal se fuit, il vit en dehors de lui-même.

- Pour l’homme intellectuel, la vie est solitude choisie, source d’enrichissement intérieur, il se “suffit à lui-même” et n’a rien à attendre d’autrui. Ses activités sont celles de la sensibilité : penser et contempler font que “son centre de gravité tombe en lui-même

2 / Ce que l’on a :

L’homme intellectuel doit avoir très peu de choses car :

- il a appris à restreindre ses désirs

- l’absence de travail lui laisse le loisir de penser

L’homme normal fonde sa vie sur l’accumulation, sur le travail qui lui permet de chasser l’ennui

3/ – ce que l’on représente :

Chacun cherche à éviter le dédain ou l’humiliation, à obtenir l’opinion favorable d’autrui. C’est pourquoi l’opinion d’autrui est nuisible à notre bonheur. L’homme sage doit faire la part entre la valeur qu’il est en lui-même et la valeur qu’autrui lui attribue.La vanité est la base de cette volonté de reconnaissance. Le bonheur n’est pas à chercher dans la considération d’autrui car il s’agirait d’un bonheur externe, fluctuant, éphémère.

Pour échapper à autrui, le sage doit vivre seul, dans l’orgueil de sa propre valeur.

La définition du bonheur chez Schopenhauer : Une morale de l’ascèse

Le bonheur, selon Schopenhauer, se mesure aux maux que l’on a évités, et non aux plaisirs que l’on a goûtés. Il ne faut pas vivre heureux, mais le moins malheureux possible, donc. La définition du bonheur chez Schopenhauer est par conséquent négative (cf. les stoïciens) :

- “L’erreur est infiniment moindre chez celui qui, d’un oeil trop sombre, considère ce monde comme une espèce d’enfer et n’est occupé qu’à s’y procurer un logis à l’épreuve des flammes


Pour aller plus loin sur Schopenhauer :

les citations de Schopenhauer

- la philosophie de Schopenhauer en bref

- Lecture de l’oeuvre Le Monde comme volonté et comme représentation

4 Responses to La morale de Schopenhauer

  1. Renaud JULES Deschênes says:

    Chers amis,
    La pensée de ce philosophe ne trouve pas l’obédience qu’elle mérite, car elle est d’une grande finesse et frôle la vérité…

  2. [...] La morale de Schopenhauer [...]

  3. [...] Le monde comme volonté et comme représentation (publié en 1818) est divisé en quatre livres consacré successivement à l’épistémologie, l’ontologie, l’esthétique et enfin l’éthique (Schopenhauer développera sa morale dans ses Aphorismes sur la sagesse). [...]

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