Schopenhauer et le porc-epic


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Dans Parerga et Paralipomena, SCHOPENHAUER expose sa théorie du rapport social et de la nature social/insociale de l’homme, dans la continuité de l’insociable sociabilité chez Kant :

“Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’éloigner les uns des autres. Quand le besoin de se chauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de façon qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux souffrances, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendit la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur propre intérieur, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières.”

Ainsi, selon la philosophie d’Arthur Schopenhauer, l’homme ne peut ni vivre seul, ni vivre en promiscuité, la société est donc cette distance médiane par laquelle les hommes se supportent tout en restant utiles les uns aux autres. Les hommes gardent leurs distances grâce aux règles de vie en société, ce qu’il nomme politesse.

 

2 Responses

07/09/2012

[…] La théorie du porc-épic […]

  • 06/02/2013

    […] Schopenhauer reprendra à son compte cette thèse dans la métaphore des porcs épics. […]

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