Le structuralisme de Lévi-Strauss


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claude Lévi-Strauss

Lévi-Strauss, de l’ethnocentrisme au structuralisme

Claude Lévi-Strauss est un ethnologue français, fondateur du structuralisme. Son ouvrage majeur, Tristes Tropiques, a fondé la méthode de l’anthropologie sociale, basée sur la compréhension d’autrui.

Il a déporté la psychanalyse freudienne au niveau des cultures, à partir des légendes et des mythes religieux qui en constituent le fond, afin de dégager la personnalité de chaque civilisation. L’apport de Lévi-Strauss réside dans sa réfutation de l’ethnocentrisme (en filiation avec Montaigne), lequel prévalait avant lui. L’ethnocentrisme “rejette dans la nature tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit” :

– “L’anthropologie est une discipline dont le but premier, sinon le seul, est d’analyser et d’interpréter les différences

– “Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre

– “Le barbare, c’est d’abord celui qui croit à la barbarie”

Pour Lévi-Strauss, l’anthropologie “vise à une connaissance globale de l’homme, embrassant son sujet dans toute son extension historique et géographique

Lévi-Strauss et la structure familiale

Lévi-Strauss a cherché à appliquer la linguistique structurale de Ferdinand de Saussure à l’anthropologie. À l’époque, la famille était traditionnellement considérée comme l’objet fondamental de l’analyse, mais il a été considéré avant tout comme une unité autonome, unité étant composée d’un mari, une épouse, et leurs enfants. Neveux, cousins, oncles, tantes et grands-parents étaient tous considérés comme secondaires. Lévi-Strauss a fait valoir que les familles acquièrent leur identité déterminée uniquement par les relations avec autrui. Ainsi, il a renversé la vision classique de l’anthropologie, en intégrant les membres secondaires des familles à l’analyse structurale.

Dans sa propre analyse de la formation de l’identité au sein des mariages entre tribus, Lévi-Strauss fait remarquer que la relation entre l’oncle et le neveu est liée à la relation entre frère et sœur, comme la relation entre père et fils est liée à celle entre mari et femme, A est à B ce que C est à D. Par conséquent, si nous savons A, B et C, nous pouvons prédire D, comme si nous savons A et D, nous pouvons prédire B et C. Le but de l’anthropologie structurale de Lévi-Strauss, alors, était de simplifier les masses de données empiriques, les relations entre les unités compréhensibles, qui permettent de créer des lois prédictives, tels que A est à B ce que C est à D.

Lévi-Strauss et les mythes

De même, Lévi-Strauss a identifié les mythes comme un type de discours par lequel une langue peut être découverte. Cette théorie a tenté d’expliquer comment les contes fantastiques peuvent être similaires à travers les cultures, autrement dit universels. Parce qu’il croyait qu’il y avait non pas un «authentique» mythe, mais plutôt qu’ils étaient tous des manifestations de la même langue, il a cherché à trouver les unités fondamentales du mythe, à savoir, le mythème. Lévi-Strauss a éclaté chacune des versions d’un mythe en une série de phrases, composé d’une relation entre une fonction et un sujet.

Œdipe, par exemple, se compose de la surévaluation de relations de sang et de la dévalorisation des liens de sang, l’origine de l’homme et le déni de leur origine. Influencé par Hegel, Lévi-Strauss pensait que l’esprit humain se construit fondamentalement dans ces oppositions binaires et leur unification (thèse, antithèse, synthèse dialectique), et que ce sont elles qui créent le sens.

Le langage pour Lévi-Strauss remplit une fonction éminemment sociale : “le propre du langage est d’être un système de signes sans rapports matériels avec ce qu’ils ont pour mission de signifier“.

En résumé, Lévi-Strauss a défini la nature comme tout ce qui est en nous par hérédité, la culture comme tout ce que nous tenons de la tradition externe, la civilisation comme l’ensemble des croyances, des coutumes et des institutions.

1 Response

  1. Anonymous says:

    l’apport des philosophes à l’anthropologie

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