Critique de la faculté de juger de Kant (Résumé)

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Emmanuel Kant et le jugement esthétique

La Critique du Jugement d’Emmanuel Kant, souvent appelée “troisième Critique”, est considérée comme l’ouvrage majeur de la philosophie esthétique. Kant examine notre faculté de jugement, la manière dont nous jugeons une œuvre et mène une réflexion inédite sur la nature du Beau.

Kant et l’universalité du jugement

Kant appelle jugement esthétique les “jugements de goût” et remarque que, même si ils sont fondés sur nos sentiments subjectifs, ils ont aussi prétention à une validité universelle. Nos sentiments sur la beauté diffèrent de nos sentiments sur le plaisir ou la morale en ce qu’ils sont désintéressés. Car si nous cherchons à posséder des objets agréables et cherchons à promouvoir la bonté en morale, la beauté est recherchée pour elle-même. C’est ce désintéressement, selon Kant, qui rend les jugements de goût universels : “Est beau ce qui plaît universellement sans concept“. (citation de Kant)

Le plaisir esthétique vient du jeu entre l’imagination et la compréhension d’un objet perçu.

Le beau et le sublime

Kant distingue le beau du sublime. Alors que l’appel de beaux objets est immédiatement apparent et manifeste, le sublime est associé au mystère et à l’ineffable. Alors qu’une statue grecque ou une jolie fleur est belle, le mouvement des nuages d’orage ou un bâtiment massif sont sublimes : ils sont, en un sens, trop grand pour que notre perception les embrasse totalement. Kant soutient que notre sens du sublime est lié à notre faculté de raison, laquelle contient une idée de totalité. Ainsi, nous nous représentons la totalité des nuages ou du bâtiment, et ainsi jugeons du sublime de ces œuvres. Le sublime n’est ainsi pas dans l’objet perçu, mais dans la raison elle-même. A contrario, le beau réside dans l’objet lui-même.

Kant et la téléologie

Dans la seconde partie du livre, Kant traite du concept de la téléologie, idée selon laquelle tout a une fin, un but. La téléologie se situe entre la science et la théologie, et Kant affirme que le concept est utile dans le travail scientifique, même si on aurait tort de supposer que les principes téléologiques sont effectivement à l’œuvre dans la nature.

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9 Responses

  1. Ansoumane bamba says:

    Kant ne laisse aucune place a l’art africain

    • Geoffrey says:

      Donc tu sous-entends que l’art africain ne plait pas universellement ? Tu te tires une balle dans le pieds mon pauvre.

    • adikia says:

      Avez-vous réellement lu la Critique de la faculté de juger ? Si c’est le cas, je vous invite à relire, par exemple, le §17, intitulé De l’idéal de beauté. Vous pourrez vous convaincre que la question que vous soulevez n’indiffère pas totalement Kant, il l’évoque même explicitement lui-même (page 104 en Vrin) : “C’est pourquoi un noir doit nécessairement, sous ces conditions empiriques, avoir une autre Idée-normale de la beauté de la forme que le blanc, et le Chinois en aura une différente de celle de l’Européen.”

  2. Geoffrey says:

    Cet article est tout à fait vulgarisé et inexact.

    Chez Kant, les choses en soi, l’oeuvre d’art en soi, est imperceptible. Tout ce que nous nous représentons ne sont que des phénomènes. Les choses s’adaptent à notre logiciel, en quelques sortes, et c’est cela que nous percevons. Jamais la chose en soi.

    Il en est de même ici : Le beau est subjectif. Jamais objectif. Notre jugement de goût aspire à l’objectivité mais ne l’obtient jamais, même dans l’universalité du beau.

    Ici, Kant s’exprime en utilisant l’expression “comme si”, mais en aucun cas nous ne sommes objectifs.
    Si nous l’étions, Kant renierait toute son oeuvre : sa révolution copernicienne notamment.

  3. Anonymous says:

    Oui, attention.
    Le beau “réside dans l’objet”: ce n’est pas du tout ce que dit Kant. Le jugement de goût est subjectif. Le beau est une qualité que le sujet porte à l’objet. Ce n’est pas l’objet qui la contient: grande différence! Le Jugement de goût qu’il soit du coté du beau ou du sublime reste un jugement subjectif et en aucun cas objectif. C’est toute la différence entre un jugement déterminant et un jugement réfléchissant.

  4. Mohammed Abdou Bennani says:

    Je n’arrive pas a lire Kant,alors que sa fait des années que j essaye de le faire

  1. 17/01/2013

    […] dans la Critique de la faculté de juger, fait de l’art et du sentiment esthétique le troisième pilier de la raison. Certains, comme […]

  2. 04/02/2013

    […] de la première critique (la seconde est la critique de la raison pratique, et la troisième est la critique de la faculté de juger), est telle que Kant publiera lui-même un texte introductif, intitulée Prolégomènes à toute […]

  3. 06/02/2013

    […] travers ses 3 Critiques (raison, morale, esthétique), Emmanuel Kant a définitivement révolutionné l’histoire de la philosophie. Il est sans […]

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