De quoi la “philosophie” vegan est-elle le nom ? (Tribune)

veganisme

Depuis quelques années, le véganisme  (ou “vegan” en anglais) s’impose non seulement comme un régime alimentaire, mais surtout (et c’est la “nouveauté” puisque le végétalisme se limitait à un régime alimentaire) comme un mode de vie. Ce mouvement, qui prend parfois les allures de “secte” (avec ses codes sociaux, ses tatouages, etc.), fait des émules, y compris chez les adolescents, sans qu’une réflexion soit menée sur ses soubassements et ses conséquences.

Je souhaite montrer ici que la logique principielle du véganisme conduit (ou conduirait) l’homme au suicide et qu’elle n’est par conséquent pas tenable moralement.

Partons de la définition de la Vegan Society (datant de 1979) :

Une philosophie et façon de vivre qui cherche à exclure – autant que faire se peut – toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but, et par extension, faire la promotion du développement et l’usage d’alternatives sans exploitation animale, pour le bénéfice des humains, des animaux et de l’environnement

Derrière une bonne volonté évidente de protéger la nature et partant de civiliser l’homme, une dangereuse idéologie est à l’oeuvre, fondée sur l’antropomorphisme, l’ethnocentrisme et une névrose de la perfection.

Le retour de l’anthropomorphisme

Le végétalisme se présente comme un mouvement visant à réduire la souffrance et l’exploitation animales, tant pour l’alimentaire, le vestimentaire que le divertissement (le zoo étant formellement déconseillé pour un végétalien). Autrement dit les végétaliens proposent de repenser la relation homme/animal non plus sur la mode de l’assujettissement (hérité de Descartes, cf. sa théorie des animaux-machine), mais sur le mode de l’équilibre, de la coexistence. La question devient alors : le bien-être des animaux est-il compatible avec celui des hommes ? Peut-on envisager de dégrader les conditions de vie de ceux-là au profit du bien-être supposé de ceux-ci ? Cette sacralisation des animaux relève d’un anthropomorphisme le plus patent. Et pourtant, s’il semble admis que les animaux sont doués d’une sensibilité (le code civil le stipule même), leur conférer une conscience pleine (comme le pouvoir de se poser comme objet selon Kant, ou comme intentionnalité selon Husserl) renvoie à une forme de délire.

Autre problème : les hommes sont aussi des animaux. Si on n’applique qu’à une certaine catégorie d’animaux le traitement de faveur, doit-on alors considérer l’homme comme inférieur aux autres espèces animales ? Le végétalisme semble se condamner à l’anthropomorphisme.

Etre homme implique, à notre sens, une certaine dose de mal nécessaire : consommer de l’eau, des ressources naturelles et des espèces animales notamment. Prenons un exemple : le soja. Vegan-compatible en théorie, sa culture s’effectue dans les pays chauds (donc grosse dette écologique pour l’importer) et est très gourmand en eau pour pousser (donc grosse dette hydraulique). Or, la rareté de l’eau menace l’humanité. Donc, en toute logique, un végétalien ne pourrait consommer que du local et sans eau.

Le retour de l’ethnocentrisme

L’un des arguments biologiques les plus forts du végétalisme tient en une phrase : “l’homme n’a pas besoin de manger des produits animaux“. Certes, médicalement, il est possible de trouver des substituts (encore que des études sur le long terme doivent le confirmer). Mais il s’agit d’une problématique de populations aisées, ayant du temps pour penser leur rapport à leur alimentation. Pour une bonne partie de la planète, se priver de viande reviendrait à se condamner (l’exemple indien ne tient pas : leur végétarisme est issu de considérations religieuses, et non philosophiques). Non seulement le végétalien est irresponsable et peu scrupuleux de proposer à l’humanité un mode de vie suicidaire, mais surtout, en voulant imposer son dogme, c’est son intérêt personnel qui passe avant tout. Le vegan est en ce sens ethnocentriste : c’est son prisme occidental qui le persuade que son mode de vie est universalisable.

Le retour de l’apathie

Le végétalien voudrait minimiser le mal qu’il fait. Le mythe de la pureté (désignant l’objectif du zéro nuisance) a pour conséquence une apathie, une absence d’emprise sur le monde. Au contraire, être homme signifie agir sur le monde, parfois provoquer le mal, souvent essayer de le réparer et finalement définir des principes pour le limiter.

Arendt, dans La condition de l’homme moderne, formule cet avertissement :

Si nous n’étions pardonnés, délivrés des conséquences de ce que nous avons fait, notre capacité d’ agir serait comme enfermée dans un acte unique dont nous ne pourrions jamais nous relever : nous resterions à jamais victimes de ses conséquences.

Le végétalisme, en prônant le zéro nuisance, reflète une névrose de la perfection qui, en définitive, conduit à l’inaction.

En conclusion, il nous apparaît comme clair que le veganisme est une idéologie qui retourne l’homme contre lui-même, un anti-humanisme :

  • mettant l’homme en dessous des autres espèces
  • enfermant l’homme dans son propre égoïsme
  • refusant l’action au nom d’une impossible perfection.

Note 1 : l’auteur de cet article n’est pas particulièrement violent envers les animaux, il a même un chat (en très bonne santé), mais il considère comme dangereuse l’idée de changer la nature humaine.

Note 2 : Un terrain d’entente peut se trouver entre le carniste naïf et le vegan dogmatique, notamment sur l’abattage industriel, sur lequel tout le monde s’accorde pour s’indigner.

 

Pour finir, voici cette vidéo assez drôle, de vegans cherchant à démystifier leur mode de vie. Vous êtes juge.

26 Comments

  • Pas mal. Pas vraiment convaincu pour ma part, même si c’est un peu le cas de la plupart des vegan et végétaliens, très extrémiste.

  • J’avouerai avoir été plutôt déçu par ce post laissant transparaître, à mon sens, une opinion déjà pour le moins préétablie, qui sous couvert d’une bien-pensance elle-même assez dogmatique se permet des arguments pour le moins vaseux. Cf vos réflexions nutritionnelles par exemple, elle ne prouvent pas plus que ce qu’elles essayent de dénigrer. La justification du chat aussi me semble… Bref la question n’étant pas là, l’article manque de source, frise souvent l’hs et ne présente que sa propre thèse sans poser aucun contre argument.

    • Bonjour Py.
      Je suis parti de l’idée que les arguments vegans sont bien connus. Et en effet, on part toujours d’une idée de départ (cf. l’étonnement platonicien), d’une situation précise vécue par une subjectivité.
      Quant au chat, c’est de l’humour…

  • Il y a environ 50 sophismes flagrant, pas très impressionnant pour quelqu’un qui se dit philosophe. (et je ne suis pas vegan, ni même végétarien)

    Premièrement les végétalien ne veulent pas “en aucun cas” causer de tort aux animaux, ils veulent le minimiser dans la mesure du possible. On consommera alors du soja, parcequ’il faut bien manger, car la nécessité d’eau de la culture du soja est nettement inférieur que dans l’élevage animal, et ne condamne aucun animal à mener une vie de souffrance pour le simple plaisir gustatif.

    Qu’est-ce que la mesure du possible que je mentionne ci-haut? Tout ce qui n’est pas nécessaire à notre bien-être:
    – Il n’est pas nécessaire de consommer de viande pour être en santé, si vous ne le croyez pas c’est que vous manquez de connaissances
    – Il n’est pas nécessaire de consommer de produits laitiers, dans la mesure ou un supplément de B12 alternatif est consommé.
    -Il n’est pas nécessaire de se vêtir de cuire ou de quelconque partie d’animal
    -etc.

    Deuxièmement, votre argument de 9/10 de la planète trop pauvre pour être végétalien est complètement éronnée sur deux points :
    -Personne ne demande ça : Dans la mesure du possible signifie que si ce n’est pas possible alors il faut faire ce qui est nécessaire pour survivre, par exemple un berger qui habite reclus en sibérie n’aura peut-être pas le choix de consommer ses chèvres.
    – Deuxièmement, les légumineuse sont l’aliment les plus accessible financièrement et disponible partout sur la planète. En Inde seulement, plus du tiers de la population (de 1,2 milliard) et végétarienne, notamment grâce aux légumineuses. Et ce sont des gens très pauvre.

    Bref, vous avez tout faut, et tout cela part de votre prémisse complètement fausse que les végan cherchent zéro nuisance, mais bien à nuire le moins possible.

    • Je suis tout à fait d’accord, quand j’ai lu l’article j’ai trouvé que la logique ne tenait pas debout, et que l’argumentation était confuse, parcourue d’exemples erronés et malhonnêtes.

      • Vous avez tout à fait raison, honnêtement c’est un des articles les plus bêtes que j’ai lus depuis ces dernières semaines.

  • “Doit-on alors considérer l’homme comme inférieur aux autres espèces animales ?” Bien sûr que non. Le véganisme promeut le respect de tous les animaux (y compris l’humain). Il n’a jamais été question de faire de l’humain une espèce inférieure.
    “Le végétalisme semble se condamner au spécisme.” Alors là c’est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité! (en plus d’être totalement faux)
    “Etre homme implique, à notre sens, une certaine dose de mal nécessaire”. Justement le véganisme à pour but de faire le moins de mal possible. Le but n’est pas d’être parfait, car nous aurons forcément toujours un impact sur notre environnement; mais nous pouvons agir afin de limiter cet impact au maximum. Le végétalisme est le régime alimentaire qui a le moins d’impact négatif sur l’environnement.
    Ensuite vous prenez l’exemple du soja mais savez vous qu’en réalité plus de 90% du soja produit dans le monde est destiné aux animaux d’élevages?

    Bref, je m’arrêterai là car en plus de ne pas maîtriser le sujet, j’ai l’impression que vous faites preuve d’une véritable mauvaise foi dans cet article qui ne semble avoir été écrit que pour dénigrer le véganisme. C’est vraiment dommage.

    • bonjour Laura,
      Merci pour le commentaire, l’article a été mis à jour. J’espère avoir été plus clair.

      • C’est très triste que vous diffusiez des idées de la sorte sans même comprendre la philosophie vegan. Tout cet article est un amas de fausses connaissances, même au niveau terminale on fait mieux. Alors que sur d’autres sujets, j’ai été carrément épatée, là clairement il y a un vrai manque d’informations qui transparaît sur à peu près tout, de la définition du véganisme, végétalisme (deux choses qui sont différentes au passage), aux informations nutritionnelles et biologiques.
        Merci de ne pas mettre en danger la santé des gens avec de fausses allégations. Vous pouvez ne pas être d’accord avec une idée sans pour autant la condamner personnellement de la sorte. On voit que c’est la personne qui parle de sa haine envers les vegan et non le philoosphe qui critique intellectuellement.
        Comme le dit Laura, la plupart des champs de soja & cie sont utilisés pour nourrir le bétail. Une vache à elle toute seule consomme 5000 litres d’eau (l’eau étant le nouveau pétrole) et le pétrole lui même est le moteur de l’industrie agro alimentaire carnée. Donc vous ne pouvez pas dire ça.
        Le véganisme est faire “le moins pire” et non “la perfection”. Le véganisme est essentiellement antispéciste, biocentrique (et non anthropomorphiste) et encore moins ethnocentriste. Vous évacuez l’exemple des indiens mais c’est bien celui qui prouve l’exact opposé de ce que vous dites, à savoir que le végétarisme (au moins) n’est soit-disant pas viable ailleurs.
        L’éthique alimentaire existe et c’est bien notre solution écologique pour demain. Si vous pensez qu’être moral est une “pensée de riches” alors c’est très triste. Le végétalisme est le régime qui va le mieux aux plus pauvres, puisqu’il se compose essentiellement de légumineuses et de céréales, et il n’y a aucun besoin de “remplacer” la viande. Merci de faire les corrections nécessaires et de vous renseigner avec de vraies informations sur le sujet, des philosophes un peu plus réfléchis que vous ont abordé le point de façon plus pertinente. Je vous invite donc à les lire.

  • L’auteur ne connait visiblement pas la philosophie vegan. Il la fantasme et y répond avec quelques références à kant et arendt, c’est complètement absurde.

    Le passage sur le soja est complètement débile. On pourrait aussi comparer la production de soja à la viande et comparer l’impact. Et puis le soja n’est pas considéré comme l’arme absolue pour les végétaliens.
    C’est un cliché super simpliste.

    Le passage sur l’apathie est affligeant.
    Entre autres, les vegan ne refusent pas “l’action au nom d’une impossible perfection”.

  • Bonjour j’ai 17 ans , je suis vegan et j’étais à la recherche de cours de philosophie pour m’avancer dans le programme lorsque je suis tombée sur cette article. J’ai ri.
    Je ne me prétends pas être philosophe (loin de là) , ni même intelligente. La philosophie que j’ai pour l’instant seulement survolée , m’ennuie , car je trouve que c’est bien de réfléchir sur divers sujets , évidemment , c’est bien de se poser , pousser les réflexions le plus loin possible etc… Mais j’ai toujours pensé que c’était encore mieux d’agir! Je trouve votre blabla philosophique ennuyant et presque inutile (avec de nombreuses choses fausses , notamment comme déjà dit , sur le soja).
    Le veganisme est loin d’être une secte et est loin d’être violent au contraire , et je ne vois pas en quoi vouloir minimiser la souffrance des animaux et de la nature amènerait à la haine (qui existe déjà) des humains envers les humains ? C’est complètement absurde et découle de la frustration d’un carniste , qui , à travers des très anciennes réflexions tente de s’alléger la conscience. Les animaux souffrent , inutilement , à cause de nous , et personnellement je ne veux pas prendre part à ça. Je ne suis pas perfectionniste , je ne suis pas extrémiste , et j’aime à la folie les humains. C’est dingue non ?
    Alors sincèrement cher monsieur au lieu de proposer des réflexions avec des mots , des phrases compliquées pour faire croire à un certain public de la véracité de vos propos , taisez vous , et vérifier vos sources surtout!
    Bien à vous , une extrémiste sectaire vegan.

  • Je trouvais ce site bien fait jusqu’à ce poste…
    Le nombre d’inepties qui se veulent philosophes exprimées dans cette article me font presque rire. Vous produisez des stéréotypes et des idées reçues accablantes qui témoignent d’un grand manque d’informations et de compréhension de la “philosophie” vegan et qui me désolent. j’espère que les lecteurs de votre articles prendront soin d’aller s’informer de leur côté pour ne pas qu’il reste enfermés dans votre étroitesse d’esprit !

  • J’étais végétarien et j’ai eu deux casse-couilles de vegan à la maison. Bouffer du faux gras chimique en boîte alu, bouffer des céréales qui ont fait douze mille kilomètre ne leurs posaient aucun problèmes! je préfère pêcher un poisson en bas du village et rentrer le cuisiner, je préfère également cultiver mes légumes et fruits et m’en contenter, mon impact environnemental est infiniment moindre que le leurs.Les gros animaux mangent des petits animaux c’est une loi naturelle mais il semble que la cohérence naturelle ne soit pas le but veganisme mais une sorte d’anti-névrose dé-culpabilisante plutôt.

    • 1/ Nous ne sommes plus dans un contexte naturel (vous, “gros animal” que vous êtes, allez chasser les “petits animaux” tout nu dans la forêt ?)
      2/ Les vegan sont censés avoir conscience de leur impact écologique, donc oui, préférer le bio, les aliments non-transformés et locaux. Sur ce point je vous donne entièrement raison, mais ça ne veut pas dire que tous sont pareils.
      3/ La déculpabilisation c’est plutôt de fermer les yeux sur les industries que l’on nourrit tous les jours. J’imagine que tu ne trais pas ta vache et que tu ne fais pas ton fromage ? Bon. Dissonance cognitive, la la cohérence est totalement foutue, effectivement.
      4/ Le but du véganisme est de réhabiliter toute forme de vie, de replacer l’humain au sein de la biosphère (et non au-dessus), de réduire l’impact environnemental, et de redonner sa place à l’éthique de l’alimentation, qu’on a un peu trop oubliée. Et à partir de là, de l’éthique tout court (“géants” des industries alimentaires, textile, etc, qui reposent sur la souffrance, humaine ou non humaine.)

  • Mamma mia, que ce texte est mauvais… Tous ces clichés, ces faux faits et ces raisonnements bâclés en quelques lignes, j’ai failli en recracher mon soja du Sud-Ouest 100% français ! 😉

  • Le texte ne se tient pas pour la simple raison qu’il ne répond pas à un problème. Il ne fait que justifier une idée pré-définie, et ne reflète en celà pas une pensée profonde. Ce qu’il manque c’est un effort de falsification afin de toucher un plus large publique. En cherchant à développer des contre arguments à tes arguments, tu pourra peut être alors voir se dessiner une vraie réponse à un problème, bien que je ne vois pas ici la formulation du problème.
    Autre chose : lorsque tu attaques le veganisme sous un aspect diététique, ne met pas à part le cas indien. Car si en effet les raisons ne sont pas fondamentalement les mêmes, le point que tu observe ici (à savoir le régime alimentaire) est similaire. Tu ne peut donc pas exclure ce cas sous le prétexte qu’il s’agit d’une religion, du moins il me semble.
    Pour ce qui est l’idée de la conscience pleine de l’animal comme délire, je n’oserai malheureusement pas me positionner sur cet argument car je n’ai pas encore eut l’occasion de discuter pleinement avec mon chat pour problème de communication. J’attends impatiement le développement de nouvelles technologies pour pouvoir ou non te rejoindre sur cet argument.

  • En plus d’être “philosophe”, cette admirable personne est psychiatre, puisque capable de poser un diagnostic de délire. Pratique, soit dit en passant, pour décrédibiliser quelqu’un à peu de frais, mais assez peu rigoureux intellectuellement et plutôt digne d’un propos de comptoir du PMU que d’un site “philosophique”.

  • Il y a tellement d’erreurs dans ce qui est écrit dans cet article que je ne pourrais me contenter que de relever celles de l’introduction (avant le sommaire) ; le reste n’étant qu’une reprise de cet état des lieux déjà bancal.

    1 – En français, le végétalisme et le véganisme sont deux choses différentes, bien qu’un végan ait une alimentation végétalienne. Le végétalisme consiste à ne pas se nourrir de produit issu de l’exploitation animale (viande, poisson, lait, œufs, miel et leurs dérivés). Le véganisme est une philosophie de vie consistant à élargir ce principe en dehors de l’alimentaire (habillement, loisirs,etc…). Vous dites « et c’est un problème », dès l’introduction et sans justification ; on sent le parti pris pas du tout objectif qui sera tenu durant tout l’article. En quoi est-ce un problème d’essayer de minimiser au quotidien son impact négatif sur des êtres capables de souffrir ?

    2 – Le mot est lancé : le véganisme (puisque c’est en fait de ça dont vous parlez) s’apparente à une secte. Quels sont les éléments qui permettent de reconnaître une secte ?
    * La secte exploite de légitimes aspirations comme la diminution de la souffrance => OK
    * Il y a présence d’un gourou qui concentre l’autorité et le pouvoir absolu => NOK, qui est le gourou de la secte végane ?
    * La secte incite à s’isoler de ses amis, de ses voisins, de sa famille => NOK, au contraire, les végans s’entraident à garder ses liens, même quand ce sont les non-végans qui essayent de couper les ponts (à cause, entre autres, d’articles du genre de celui que vous publiez)
    * Des exigences financières de plus en plus importantes, afin de financer la secte et son gourou, sont demandées => NOK, le véganisme est simplement la modification des habitudes de consommation
    * Dans la secte, la pression psychologique du groupe est énorme et il est difficile voire impossible d’en sortir sans être menacé => NOK, rares sont les cas de végans qui repassent viandards (ce qui se comprend car il s’agit de convictions profondes) mais cela existe et il n’y a pas de difficultés particulières (outre celle de devoir faire avec sa conscience).
    Au final, justifier que le véganisme est une secte par des histoires de tatouage, c’est franchement risible.

    3 – Vous dites que ce mouvement fait des émules sans qu’une réflexion soit menée sur ses soubasements et ses conséquences. Ne prenez pas votre cas (l’absence de réflexion) pour une généralité. Le véganisme est très réfléchi. Voici quelques liens qui pourraient vous intéressez :
    * le site des « Cahiers antispécistes », qui devrait intéresser les plus philosophes d’entre nous : cahiers-antispecistes.org/
    * la traduction de la position officielle de l’ADA (Association Américaine de Diététique), la plus grande association de nutritionnistes du monde, sur le végétalisme (qui a passé en revue un grand nombre d’études scientifiques au sujet de ce mode alimentaire et en a fait une synthèse) : alimentation-responsable.com/sites/alimentation-responsable.com/files/Position_VG_ADA2009_VF1.00.pdf
    * le site de Pro Anima, un collectif de scientifiques, qui œuvre pour des alternatives aux tests sur les animaux : proanima.fr/
    * etc…

    4 – Vous affirmez péremptoirement que le véganisme n’est pas tenable donc mène au suicide. Pouvez-vous nous montrer vos sources quant à l’existence de suicide dus au véganisme ? Je vais vous le dire : il n’y a aucun cas recensés. Vos propos sont alarmistes, font peur, mais ce sont eux qui sont basés sur l’absence de recherches et de réflexion ; pas l’inverse.
    Il y a suffisamment de végans depuis suffisamment longtemps pour savoir que cela est « tenable ».

    5 – Vous dites aussi que le véganisme est basé sur l’anthropocentrisme et l’ethnocentrisme. Sachant qu’il est basé sur le fait que les animaux non humains sont des êtres sentients (capables de souffrir pour faire simple), êtes-vous sûr de vouloir tenir la position de l’animal-machine de Descartes ? Voici un petit article introductif à cette problématique : lemonde.fr/sciences/article/2012/10/25/etres-sensibles-sujets-de-droit_1781100_1650684.html

    6 – Vous dites encore que le véganisme est une « névrose de la perfection ». Ah, dans ce cas-là, essayer de faire vivre au quotidien le principe du « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse », même appliqué aux humains, serait signe d’une atteinte mentale ? Drôle de manière de balayer d’un revers de manche tout principe éthique et moral dans sa vie : « je ne peux pas être parfait donc je n’essaye même pas de faire un minimum le bien ». Pour le coup, c’est vous qui êtes le plus à la recherche de la perfection (donc dans la névrose pour reprendre vos propos) que les végans qui ont compris qu’ils ne pouvaient pas être parfaits mais pour qui çà n’empêche pas d’agir pour tendre vers un idéal. La définition du véganisme que vous avez publié (mais apparemment pas lue) le précisait pourtant bien : « autant que faire se peut ».

    En seulement 13 lignes, c’est bien fort d’être à ce point à côté de la problématique !

  • Je suis sidèré de voir un truc pareil, mais vraiment. Je viens ici pour etudier la philosophie et là, j’ai le sentiment d’étre arrivé sur ” un site complostite “.
    Et pourtant : je ne suis pas vegan.

  • Très déçue. J’aimais beaucoup votre site, jusqu’à présent. L’auteur manque d’objectivité, de connaissances, et de remise en question.

  • Déception pour moi aussi à la lecture de cet article. Soulagée que les commentaires viennent pour la plupart corriger les raisonnements faussés. Il existe en effet de nombreux stéréotypes au sujet des motivations des vegan. Le mieux est d’en discuter avec quelques uns pour mieux saisir l’ensemble de la réflexion . En effet la réelle difficulté à être vegan, c’est d’arriver à rester digne face au manque de tolérance . En effet on nous demande souvent de justifier ce choix. D’une certaine façon cela nous permet de communiquer sur nos convictions mais les jugements nous rattrapent souvent. Ce n’est pas évident d’arriver au raisonnement de devenir vegetalien ou vegan. C’est remettre en question une partie de son éducation et assumer une certaine position en société. C’est pourquoi il convient je pense de ne pas porter de jugements attifs et analyser le sujet avec ouverture et tolérance.

  • 1) revoir la définition de “végétalien” qui n’est pas la même que “vegan”
    2) revoir la construction d’un syllogisme afin de proposer une problématique sensée.
    3) utiliser des exemples contemporains pour illustrer un mouvement contemporain.
    4) ne pas conclure sur des arguments fallacieux.

    3,5/20 peu mieux faire

    • Bonjour Melody,

      Merci pour la remarque 1), l’article a été mis à jour. Cela ne change pas le fond du propos.

      L’équipe La-Philosophie.com

  • Je reconnais la bonne intention de l’auteur dans sa volonté de faire un bel article : d’ailleurs, j’ai beaucoup aimé la forme. Quant au fond, j’ai quelques petits points de divergence d’opinion.

    Avec caricature, l’image d’un occidental obèse 3 burgers triple viande à la main me vient à l’esprit, et je l’imagine dire à un Ethiopien rachitique «je ne vais pas me restreindre sur la viande parce que tu comprends, ça signifierai que je veux t’imposer ma volonté à ce que toi non plus tu ne manges pas de viande alors que tu n’as que ça». Pourquoi ne pourrait-on pas raisonner autrement, notamment en soulignant par trois fois la mention «autant que faire se peut» dans la définition du veganisme qu’a proposé Donald Watson en 1944 et reprise par la Vegan Society en 1979 ? … Ainsi, quand cela est possible on fait le choix de ne pas consommer de produit d’origine animale.

    Autre remarque, celle de partir du principe, ou plutôt du préjugé, que tous vegan n’a pas d’autre solution que de polluer plus avec des aliments vegetaux provenant de l’autre côté de la planète. C’est un peu comme si je disais que 100% des vaches/cochons mangés en France proviennent tous sans exception d’immenses industriels nords américains. Je vous invite à rencontrer des petits éleveurs français et à leur poser vos questions très détaillées sur la totalité de ce que leurs animaux consomment tout au long de l’année (aliments et médicaments) ainsi que la provenance de ces médicaments et aliments.

    Je vous propose non pas d’essayer un mode de vie vegan pendant 1 an pour vous faire une réelle opinion fondée, mais d’opter pour un mode de vie qui exclu tout produit d’origine animale qui proviennent d’élevage supérieur à 100 animaux et également dont ces animaux ont consommé quoique ce soit qui provienne d’une distance supérieure à 1000Km (ou qui ait pris l’avion). C’est un réel et sincère défi que je vous lance. Si au bout d’un an, en avril 2019, après avoir scruté/enquêté la moindre étiquette de ce que vous consommez, vous me direz «c’était facile» alors je vous répondrais qu’une année plus tôt vous n’étiez pas malhonnête et/ou que vous ne voiliez pas la face.

    Dernier point, et celui-ci ira peut-être dans votre sens : je suis d’avis de dire que le veganisme (le mouvement) est mal expliqué … ou mal compris .. ou alors simplement (et c’est probablement ça) que je ne suis pas vegan. De partout l’argument qui est mis en avant est celui de la “protection animale”. La plupart de ces gens (pas tous) vivent depuis plusieurs générations dans le milieu citadin au point de s’être déconnecté de ce qu’il y a en dehors des villes. Cela a d’une part laissé le champ libre à des exploitations de plus en plus poussées (le petit éleveur local de 2018 ferait honte à son aïeul petit éleveur local de 1818), et d’autre part le citadin du XXIe siècle s’est tout à coup réveillé : «on fait du mal aux animaux !» (et il n’a pas tord mais sa démarche donne envie de sourire … ou de grimacer). Mais il en découle que le dit citadin (je répète que tous les vegan ne sont pas des citadins) met tout dans le même panier : animaux d’élevage, animaux domestique, animaux sauvages. Or, pour l’environnement (puisque c’est un des trois piliers de la définition du veganisme) ces trois-là (domestiques/élevages/sauvages) ne sont pas du tout à mettre sur un même pied d’égalité. A titre d’exemple au pif : le lapin sauvage a immensément plus d’intérêt pour l’équilibre de la biodiversité ( = ce qui permet la vie sur Terre AUJOURD’HUI) que le lapin d’élevage, ou que le lapin d’appartement. Si on devait sacraliser quelqu’un ce serait d’abord le lapin sauvage (rappel, le lapin a été pris comme exemple). Du coup, d’un point de vue BIOLOGIE, environnement, nature, équilibres naturels, biodiversité, eh bien les animaux sauvages ont + d’importance que les humains, oui, c’est factuel, c’est une réalité scientifique.

    De ce raisonnement là, “les vegans” (je n’aime pas du tout l’esprit communautaire) pourraient dire que l’Homme serait donc en-dessous la faune et flore sauvage, mais sur un pied d’égalité avec les animaux domestiques… et que les 350 milliards d’ animaux d’élevage (qui polluent inutilement) n’ont pas lieu d’être puisque ceux qui ont le choix (habitants des pays développés) n’ont pas du tout nécessité d’en manger leur viande, leur lait, leurs oeuf, …

    Qu’en pensez-vous ?
    (j’espère un échange constructif et réfléchi, merci 🙂 )

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