Descartes : Je pense donc je suis

René Descartes

Je pense donc je suis : le cogito

Cette citation sur la conscience est extraite du Discours de la Méthode, oeuvre-phare de la philosophie de René Descartes, dans laquelle il relate sa vie et la manière dont il a pu s'appuyer sur la certitude de son existence afin de fonder une nouvelle métaphysique.

Descartes cherche un fondement sûr pour bâtir la connaissance, un point fixe à partir duquel fonder le savoir et accéder aux vérités.

Pour cela, il propose deux méthodes pour y parvenir :

– celle du doute

– celle du malin génie

Ces deux méthodes parviendront au même résultat : la certitude de l'existence de la subjectivité.

1/ Le doute méthodique : la voie active

Descartes décide de volontairement mettre en doute toutes ses connaissances et opinions. Que reste-t-il de cette mise hors circuit du monde et des ses objets ? Que c'est lui, sujet, qui doute. Or, pour douter, il faut penser. Donc, si je doute, je pense, et si je pense, je suis.

Le doute, qui au départ mettait tout en question, se renverse et devient source de certitude. La dialectique de Descartes crée le cogito.

2/ Le malin génie : la voie passive

Descartes fait l'hypothèse qu'une force obscure le trompe, en lui faisant passer pour vraies des représentations fausses.

Mais là aussi, si on peut me tromper, si mes sens peuvent être source d'illusions, il reste que j'ai le pouvoir de suspendre mon jugement. Et là aussi, cette suspension est une action de la pensée qui vient prouver mon existence irréfutable.

Je supposerai donc […] qu'un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, a employé toute son industrie à me tromper; je penserai que le ciel, l'air, la terre, les couleurs, les figures, les sons, et toutes les autres choses extérieures , ne sont rien que des illusions et rêverie dont il s'est servi pour tendre des pièges à ma crédulité; je me considérerai moi-même comme n'ayant point de mains, point d'yeux, point de chair , point de sang ; comme n'ayant aucun sens , mais croyant faussement avoir toutes ces choses; je demeurerai obstinément attaché à cette pensée ; et si, par ce moyen, il n'est pas en mon pouvoir de parvenir à la connaissance d'aucune vérité, à tout le moins il est en ma puissance de suspendre mon jugement : c'est pourquoi je prendrai garde soigneusement de ne recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce grand trompeur , que, pour puissant et rusé qu'il soit, il ne me pourra jamais rien imposer

Descartes, la substance et la chose qui pense

Mais qu'est- ce donc que je suis ? une chose qui pense. Qu'est-ce qu'une chose qui pense ? c'est une chose qui doute, qui entend, qui conçoit, qui affirme,qui nie, qui veut, qui ne veut pas , qui imagine aussi, et qui sent. Certes, ce n'est pas peu si toutes ces choses appartiennent à ma nature. Mais pourquoi n'y appartiendraient-elles pas? Ne suis-je pas celui-là même qui maintenant doute presque de tout, qui néanmoins entend et conçoit certaines choses , qui assure et affirme celles-là seules être véritables, qui nie toutes les autres, qui veut et désire d'en connaître davantage , qui ne veut pas être trompé, qui imagine beaucoup de choses , même quelquefois en dépit que j'en aie, et qui en sent aussi beaucoup, comme par l'entremise des organes du corps. Y a-t-il rien de tout cela qui ne soit aussi véritable qu'il est certain que je suis et que j'existe, quand même je dormirais toujours, et que celui qui m'a donné l'être se servirait de toute son industrie pour m'abuser ? Y a-t-il aussi aucun de ces attributs qui puisse être distingué de ma pensée, ou qu'on puisse dire être séparé de moi-même? Car il est de soi si évident que c'est moi qui doute, qui entends et qui désire, qu'il n'est pas ici besoin de rien ajouter pour l'expliquer. Et j'ai aussi certainement la puissance d'imaginer; car, encore qu'il puisse arriver (comme j'ai supposé auparavant) que les choses que j'imagine ne soient pas vraies

Naissance du cogito

Dans les deux méthodes, actives ou passives, le certitude du cogito est acquise. Le Sujet, sûr de son existence, peut agir en tant que terre natale de la Vérité.

Cette assertion, aujourd'hui considérée comme allant de soi, a révolutionné la philosophie et agi comme la prémisse de la philosophie moderne, comprise comme la mise au centre du Sujet. Kant, Spinoza, ou encore Sartre et Husserl, ne remettront jamais en question cet “acquis philosophique”, ce cogito ergo sum.

Pour aller plus loin sur le cogito cartésien :

Le Discours de la Méthode

Résumé de la philosophie de Descartes

Descartes et les passions de l'âme

Descartes et la métaphysique

Descartes et la Technique

Citations de René Descartes

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45 Comments

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  4. says: Jean-Pierre Sighe

    Quelle connerie que ce “je pense, donc, je suis”. Il est grave de noter qu’après plusieurs siècles de répétition de ce raisonnement erronné, ou à tout le moindre, incomplet, personne ne semble avoir à l’idée de corriger Mr. Descartes.
    L’empressement à considerer son “cogito ergo sum” comme étant une lumière exceptionnelle a conduit l’Occident dans le labyrinthe de la pensée matérialiste. Regardez tous les maux qui ont germé de cette disconnexion avec le Tout.
    Non!!! “Je pense, donc, je suis; Je suis, donc Dieu est” aurait dû être sa conclusion. Hélas, son propre égo qu’il mettait sur piedestal prit le contrôle de son raisonnement, bien intentionné au départ. “Cogito ergo sum…Deus Est!”. Voilà la correction!

    Jean-Pierre Sighé

    1. says: anonyme

      à M.Sighé

      Heureusement que, après plusieurs siècles de misère humaine tu viens apporter la lumière !

      Franchement qui te crois tu pour dire ce que Descartes aurait du dire ?
      Qui penses tu être pour détenir LA solution ?
      Un peu de modestie ne te mènera pas en Enfer, quand bien même ton ego s’en prenne un coup.

      Bien à toi,
      Personne

    2. says: youpi

      Justement, après Descartes dit que Dieu existe, et que c’est comme ça qu’il est certain de la méthode qui l’a fait parvenir au cogito… (car Dieu ne cherche pas à me tromper).
      C’est le cercle cartésien : “Je pense, je suis” permet d’arriver à “Dieu est”, puis “Dieu est” permet d’arriver à “je pense, je suis”.

    3. says: Nicky GARCIN-GOMBERT

      Tout à fait d’accord!. Cependant, je trouve que vous ne poussez pas votre raisonnement assez loin….Si Descartes n’avait pas fait l’erreur monumentale de se tromper dans l’ordre de ses mots (ou de ses pensées!!!), notre civilisation humaine ne serait pas empêtrée dans une assertion fausse qui induit donc une réflexion fausse, un fonctionnement socio-économique faux et un mode de façon d’être, faux … Explication: si je pense, c’est parce que j’utilise un véhicule terrestre, c’est-à-dire, mon corps, qui peut reproduire, en mots, gestes, vocalises etc… , les impulsions magnétiques de mon système cellulaire, corporel et plus particulièrement, cérébral. Donc, sans support de reproduction, la pensée n’existe pas.. Si bien que, en toute logique, la phrase correcte doit être: “JE SUIS DONC JE PENSE”.. Dans cet ordre, celui qui ne craint pas de prouver la rectitude de ses pensée montre, par un comportement physico-physiologique parfait, que ce qui est juste pour lui , est visible de tous. Mentir, dissimuler, exploiter etc.. n’existent plus… Si cette stance de Descartes,( qu’il a d’ailleurs , “volé” à un philosophe espagnol…,) fait écho dans toutes les souches de population,( “je suis cartésien”!!!), depuis des siècles, c’est évidemment que les humains y trouvent leur compte dans ce qu’il y a de pire en eux: la sauvegarde d’un égo installé à l’endroit le plus primaire de leur être…..CQFD (si cette évidence ne vous le semble pas, c’est que vous êtes formaté !!. Bonne chance!)

      1. says: Katsuhiro

        « Si cette évidence ne vous le semble pas c’est que vous êtes formaté »

        Autant dire que cette réplique clos magistralement la discussion….et si vous pensez pas la même chose que moi c’est que vous êtes un esclave de la pensée unique à la solde des médias / du gouvernement / du capitalisme / du mondialisme / des groupes pharmaceutiques / des États Unis / ….

        1. says: Pascal

          Il est exact que le fait d’être un “véhicule corporel” implique une “mécanique” primordiale, donc : effectivement on pourrait être tenté d’affirmer que le corps étant en premier : je suis donc je pense. Mais si l’on raisonne en employant les sujets : chimie, biologie, psychologie, sociologie, anthropologie, le cybernétique etc etc, les choses deviennent plus compliquées et cela demanderait une “réflexion” dantesque ! Par contre il est vrai que le monsieur Nicky GARCIN-GOMBERT nous a rapidement emmené au bûcher… Pas trop démocratique ça !!!

    4. says: Malvi

      C’est ridicule.
      De un, c’est exactement le raisonnement de Descartes : il déduit, par suite de l’existence d’un moi pensant, l’existence de Dieu.
      De deux, Descartes est bien plus le continuateur de l’idéalisme que vous semblez prôner que le fondateur du matérialisme, bien qu’il ait été très important dans le développement du mécanisme.
      Descartes considère l’homme, parce qu’il est un esprit et parce qu’il partage en cela de la nature divine, comme l’être créé supérieur. C’est de cette manière qu’il justifie la supériorité de la science et de la technique sur la nature.
      Si il était et si nous étions matérialistes, comme vous le dites, nous n’aurions pas détruit la nature comme cela a été et est encore le cas. Nous aurions compris que nous ne sommes que de minuscules êtres dans un immense univers, soumis aux lois de la nature, et incapables de réellement maîtriser les phénomènes qui nous dépassent.

      La prochaine fois que vous aurez quelque chose à dire, essayez d’avoir lu en entier ce dont il est question et d’avoir défini vos termes, pour éviter le ridicule.

      Merci à vous.

    5. says: Phil

      Descartes part du postulat. Je doute donc je pense et je pense donc je suis. Ainsi formulée, la phase sous entend le fait d Être en amont de penser et de douter. Sur ce point, je rejoins Descartes. Là où la pensée métaphysique bien antérieure à Descartes, je pense aux courants orientaux tels que l Advaita Vedanta ou le Gnostique Maître Eckhart, va plus loin, c est qu elle considère ce “Je Suis” ou Être comme totalement impersonnel et sans forme non limité au corps. Sans faire offense à Descartes, il ne va pas aussi loin. Peut être n a t il pas eu ce vécu, ce ressenti et n a t il pas exploré justement, d autres courants afin d y trouver des correspondances.

    6. says: bahiani

      C’est un peu prétentieux de nous dire votre ” Cogito ergo sum… Deus Est”
      voilà votre correction!
      la vérité absolue n’existe pas, hormis dans les maths.
      votre correction doit être corrigée à juste titre, car se référer à Dieu comme cause est un abri pour les ignorants.
      Descartes a fait ses preuves dans son époque et encore maintenant. vive la rationalité!

    7. says: Gil DOUYERE

      Tout à fait OK avec toi : je pense donc je ne suis pas car je n’arrête pas mes allées et venues entre le passé et le futur et je ne suis donc jamais dans le présent qui seul me permet d’appréhender la réalité telle qu’elle est avec l’entièreté de mes sens en éveil!
      Je pense en effet que cette formule célèbre de Descartes a égaré l’humanité toute entière !…Je vais plus loin et je prétends le contraire:
      – Je pense donc je ne suis pas!
      – Je ne pense pas donc je suis car alors je suis dans le silence du présent qui me permet d’ appréhender le monde avec une bien plus grande acuité d’esprit!

  5. says: wikimille

    Aujourd’hui le génie est remplacé par les extra terrestres, mais le problème
    reste le même et la solution toujours aussi lumineuse : c’est du fait de ma pensée dans la raison que le monde est véritable. Que ceux qui veulent à toute force un Dieu pour réaliser cela aille se faire f…

    1. says: David LIHOUSSOU

      C’est en se fiant à cette pensée que beaucoup de philosophe on mal finie. Avez vous une explication logique à donner à cela. D’abord au bout de la science on voit Dieu sinon comment comprendre que dans ce monde assez matérialiste, l’homme est encore sur la recherche du souffle de vie. La pensée de descartes réflète sa personnalité égocentrique

    2. says: Gil DOUYERE

      En fait je pense que la pensée est tellement assujetti à l’ égo et à ses propres pulsions qu’il lui est quasiment impossible de voir les choses telles qu’elles sont!
      La raison est un pis-aller qui nous permet de voir un peu plus clair au travers de toutes ces pensées qui encombrent l’esprit!
      La raison n’est pas l’intelligence qui se manifeste bien davantage quand l’esprit est au repos

  6. says: Kachan

    Je pense que chacun doit avoir son opinion. Et que tout le monde doit accepter l’opinion de l’autre. Que celui qui aime dieu ait la liberté d’aimer dieu. Et que celui qui ne l’aime pas ai la liberté de ne pas l’aimer. La différence fait le monde. C’est cela la lumière. Personnellement, je ne sais pas si dieu existe, et personne ne le sais d’ailleurs. Je ne crois pas vraiment en dieu, mais je ne nie pas le fait qu’il puisse exister. En résumé je suis agnostique. Mais peut importe. Il faut juste accepter le différence. Je pense que Descartes n’as pas à être jugé sur ce qu’il dit. Il s’est posé des questions sur la vie, sur “Est-ce que je vis ?”;”si je pense, je suis, donc je vis” C’est comme ça que j’interprète les choses. Tous le monde se pose des questions sur la vie. Enfin je pense… J’ai 15 ans et j’ai encore beaucoup de choses à apprendre de la vie. “je pense donc je suis”… C’est une question que tout le monde doit se poser, a mon avis.
    J’ai beaucoup écris… Merci de m’avoir lue!

  7. says: Pervenche

    J’admire la sagesse et la modération avec lesquelles
    tu as exprimé ton opinion. Ni grossièreté, ni jugement
    malveillant: c’est remarquable. Et tu n’as que 15 ans!
    Les “grands” feraient bien d’en prendre de la graine.

  8. says: dieuceclair

    Je vois que notre monde est peuplés de savants ! Qui ne savent rien qui osent juger la raison de l’existence du haut de leur petit rien ! Bon voyage ! Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est mouvementé chez vous ! Pendant ce temps du haut de la pyramide du Temps un Etre vous contemple et se désole !

  9. says: Anonyme

    tout ce qui pense existe et meme aue tout ce qui ne pense pas existe aussi, tout le monde visible ou invisible quoiqu’il soit certainenment existe, l’existence d’un etre soit animale, soit végétale , soit humain ou une chose ne dépend pas de la pensée, ou de l’opinion, ni de la volonté , ni de la liberté mais tout ce qui existe , existe. L’essentiel pour l’homme est de chercher qui est-il? et de connaitre tout ce cui est autourde lui.

  10. says: Anonyme

    Pour reprendre le début de la discussion. Je pense, je suis est peut-être une connerie, mais si je devais prendre un seul livre sur une ile déserte, ce serait les méditations de Descartes (édition originale en vieux français ). Alors c… ou pas c…?, interessant tout de même ce Descartes.

  11. says: yaref

    Bonjour,

    “je pense donc je suis” ne pose pas de problème, c’est une tautologie ; on est juste surpris de l’importance de cette sentence en philosophie.
    Eventuellement, un sophiste pourrait souligner que le “je” ne peux se définir que face à l’autre, or dans sa démarche, Descartes a nié l’existence des autres donc ne peut utilliser le “je”. Cela donnerait “cogito ergo esse” et cela n’aurait pas le même sens ! Mais cela nous rapproche trop de Raymon Devos.
    Ce qui est le plus gênant, c’est la suite du raisonnement de Descartes, c’est l’interprétation du “je” dans “je suis”.Comme j’ai supposé que mon corps pouvait ne pas exister et que j’existe néanmoins, c’est “je” peut exister indépendemment de mon corps
    “je connus de là que j’étais une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser, et qui, pour être, n’a besoin d’aucun lieu, ni ne dépend d’aucune chose matérielle. En sorte que ce moi, c’est-à-dire l’âme par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps ”
    C’est là, une erreur de logique assez importante – il n’explore pas la supposition “le monde existe”, d’autant plus importante qu’àprès une longue suite de pseudo-déductions, il arrive à la conclusion que le monde et donc son corps existe.
    Il me semble que justement ce qui est restait du “cogito ergo sum”, c’est l’existence de ce “je”, de l’indiividu, du moi, de l’ego.
    Pour finir, je dirais que le raisonnement de Descartes pourrait se schématiser ainsi :
    Je suppose que le monde n’existe pas, j’aboutis à son existence. Je viens donc de démontrer par l’absurde que le monde existe.Exit l’existence de Dieu, exit l’existence du moi.

    Bien amicalement

  12. says: Terminale ES

    Merci beaucoup pour ce résumé qui est très bien réalisé. En cours je ne comprends alors que là, j’ai l’impression que tout est limpide et coule de source.
    Bien à vous.

  13. says: Anonyme

    j’admire à la perfection le raisonnement de kachan il a éte capable de faire face à l’évidence de ffaçon sereine et intelligente mais comme la différence fait le monde chacun de nous est désireux et libre d’appartenir à son idée personnellement je reviens volontier sur le raisonnement de JO:
    ” Et si DIEU n’existe pas, cela reviendrai donc que je n’existe pas.”

  14. says: Tao

    Des idées et des idées. …

    Et si on essaie de fonder la connaissance sur la perception directe. Ce qui est EST. Quoi que soit l’idée qu’on a, cela ne changera jamais ce qui est.

    Le son, on ne peut pas le toucher ni le saisir, mais il est. La pesanteur, elle là, qu’on le sent ou non. De même pour l’oxygène, la lumière qui nous font vivre, c’est l’essence de la vie.

    On touche, on sent et on comprend. Le temps où tu réfléchis, ces choses ne sont plus là. Si elles sont encore là, tu peux les toucher. Mais on ne peut pas les toucher car elles se renouvellent à chaque millièmes de seconde.

    C’est comme la musique, le temps où tu réfléchis, t’es plus dans le rythme.

    Il n’y a pas de Dieu. Il n’y a que la Vie.

    1. says: Marie-Catherine

      Bonjour TAO

      Et si on inversait la formule :
      ‘je suis donc je pense’.
      Et non plus ‘je pense donc je suis’ ??

      Il y a un exemple dans la Bible, bien avant Descartes, lorsque Dieu s’exprime sur le mont Sinaï et qu’il dit : ‘je suis Celui qui suis’ . Eieh Asher Ehieh.
      Je serais même tentée d’écrire à la place de ‘je pense donc je suis’, ‘JE FAIS donc je suis’.

      TAO….Vous parlez de la fugacité. Une note de musique… Il n’y a pas de Dieu, il n’y a que la Vie dites-vous.

      Je suis d’accord avec vous : parler de Dieu c’est déjà l’enfermer dans un mot, une convention. Je parlerais de ‘Celui qui n’a pas de Nom’.

      Mais ce même Etre , celui qui n’a pas de Nom’ a dit à Abraham : Lekh Lekha’. Va vers toi-même . Abraham a changé de Nom. De Abram, il est devenu Abraham. Je suis donc ‘je pense’ en fonction de la nouvelle dimension reçue.

      Je vais ici évoquer ‘mes croyances du moment’. Chaque être humain est ‘un monde’, un ‘Infini’. Chaque être humain est unique. Son ADN le prouve. Chaque être humain peut donc dire : ‘je suis donc je pense’. Parce que par essence,’ je suis unique’.

      Pour affirmer Dieu, nous avons nos actes. En nous référant à Lui, nous Lui demandons d’inspirer nos vies. Ce sont nos actes qui nous modèlent et qui modèlent nos vies.
      Ma tradition d’origine se rattache à la religion chrétienne et Saint Paul dit que nous serons jugés non pas sur nos paroles, mais sur nos actes inspirés par l’amour.
      Mettre en conformité nos actes par rapport à l’autre au quotidien , nous mettre en position de co-créateur, ou tout du moins de co-responsable ici et maintenant de tout ce que nous induisons par nos actions et donc de notre responsabilité. En affirmant Dieu ou Celui qui n’a pas de Nom et dont la Lumière nous submerge. Parce qu’il est l’Inconnaissable et que nous travaillons à le chercher toute notre vie.
      Maintenant se pose la question cruciale du ‘je’. Au 17ème siècle, ‘le moi est haissable’, on bannit le ‘je’ dans toutes les écritures et affirmations. Même dans le milieu universitaire, dans toutes les thèses d’Etat ou autre, on substitue ‘le nous ‘ au ‘je’.
      Mais le ‘je’ ici, celui qui est à l’oeuvre, et celui vers lequel on tend c’est autre chose. C’est le ‘Je’ évoqué ci-dessus ‘EIEH ASHER EIEH’ . JE SUIS CELUI QUI SUIS.
      Pour résumer rapidement : en écrivant ‘je pense donc je suis’ Descartes posait deux principes : faire table rase de toutes les connaissances passées et induire ‘le doute’. Mais il prenait le risque aussi d’enfermer l’homme dans la dimension de ‘sa conscience humaine’, ses potentialités. Quels que soient son niveau d’intelligence, de savoir, de conscience…Je n’ai pas vu dans ce discours ‘de conscience divine’, mais j’ai vu la naissance du cartésianisme et du matérialisme.
      Ce qui compte, c’est sans doute de continuer ‘à chercher’ et de ne pas rester dans des opinions figées.
      Et de poser des actes qui font, sans donner de leçon, que nous nous comportions vis-à-vis de l’autre ce que nous aimerions nous même recevoir de cet autre.
      Merci pour votre éclairage.

      1. says: Nicky GARCIN-GOMBERT

        Bravissimo! C’est parfait . Je répète depuis des siècles “JE SUIS DONC JE PENSE”. Trop heureuse de constater que vous aussi, avez cette prise de conscience qui change TOUT.

  15. says: tambou willy

    La philosophie est rare mais faire de la philosophie est actu-ante en elle même.Alors si l’on devrait ériger la pensée comme une forme de philosophie ,il serait important d’en connaitre l’historicité de la pensée humaine.Cependant,chercher à intégrer les autres par sa pensée est de s’affirmer à sa vision humaine comme une existence universelle.Du coup l’on pourra amener aussi le sujet en latin <>donc <>ainsi le débat ouvert à l’existence d’une pensée ethnologiquement propre à l’Afrique et non au x africains car les africains critiquent la philosophie des africains,pensent occidental mais veulent réagir africains lorsqu’ils s’affirment homologiquement africains.Dès lors,la pensée révolutionnariste serait rendre barbare l’esprit mais révolutionner serait chercher à s’affirmer face à sa pensée et à son existence.

  16. says: tambou willy

    Bonjour YAREF.je dirais par abus parce que je suis,que,le monde et son corps existent peut être pas.Mais,le corps du monde existe;car il reviendrait à lever l’essence de ta monstration par l’absurde.Le monde n’est pas palpable pourtant étant dans son corps l’on reconnait son existence et affirmerait qu’il faille y habiter pour en avoir ébauche de substantialité.Dès lors, l’hypocrisie de DESCARTES n’est que preuve de son passage dans l’enceinte de ce monde d’où LE SITUATIONNISME DE LA PHILOSOPHIE.

  17. says: Hackettpremier

    Monsieur Jean-Pierre sighé,je L’Insurgé en faut sur votre soit disant correction car dans le cogito ergo sum”je pense, donc je suis’,il y a l’idée que la pensée c’est l’essence de l’existence de facto,Dieu est maître de la pensée et même créateur donc Descartes par la” pensée ” met Dieu en évidence.

  18. says: Hackettpremier

    Monsieur Jean-Pierre sighé,je m’inscrit. en faut sur votre soit disant correction car dans le cogito ergo sum”je pense, donc je suis’,il y a l’idée que la pensée c’est l’essence de l’existence de facto,Dieu est maître de la pensée et même créateur donc Descartes par la” pensée ” met Dieu en évidence.

  19. says: xoldo

    En 1637, dans « Le discours de la Méthode » DESCARTES a écrit : « COGITO ERGO SUM »
    C’est le fameux « JE PENSE DONC JE SUIS »  un grand classique de la philosophie et de la pensée moderne.

    Elle signifie que le simple fait d’avoir conscience de penser, est une preuve suffisante de la réalité de notre identité.

    « Je pense donc je suis » est la phrase emblématique de Descartes. Comme une marque de fabrique, qui a été brevetée, il est très difficile de la remettre en cause.

    Malgré tout, je ne suis pas d’accord ou plutôt, je pense qu’on peut y trouver une deuxième interprétation .
    Le « Je pense » n’est pas seulement la preuve, mais c’est aussi, et surtout, la cause, la source, la matrice du « je suis ».
    Ce concept n’est pas nouveau. C’est même un des plus anciens. On le retrouve, en effet, dans la première phrase de la Bible : « Au début était la parole ».
    Mais c’est aussi un concept très actuel, qui devient chaque jour, plus crédible. La réalité dépassant souvent l’imagination, il existe aujourd’hui, des avatars d’aspect humain très ressemblants, avec des expressions faciales correspondantes à des sentiments humains. L’intelligence artificielle est également une réalité et sa puissance évolue de manière exponentielle. Il n’est pas impossible, prochainement, d’entendre un avatar dire « Je pense donc je suis ».
    On pourra lui répondre, que c’est faux, qu’il ne fait que répéter les paroles de Descartes qui sont imprimées dans sa mémoire avec toute la littérature existante.
    La machine pourra avoir deux options.
    1 – Elle confirme qu’elle ne fait que répéter.
    2 – Elle dit « La pensée m’a crée une identité. Je confirme que je pense donc je suis »

    Descartes a libéré l’homme du religieux dans le sens où il a défini l’homme indépendamment de Dieu. C’est un grand pas mais il y a également un revers à la médaille. Si l’on considère que la pensée est la preuve de l’identité, cela signifie que cette identité est crée par ailleurs. Entre les religieux classiques et les individualistes modernes, cela fait une grande majorité de personnes qui refusent d’aborder une autre hypothèse. La conséquence est que le danger de l’IA n’est pas compris, ni même vu, si l’on refuse d’envisager l’hypothèse que la pensée puisse créer l’identité.

    C’est même le contraire qui a lieu. La confrontation de l’intelligence humaine avec l’intelligence artificielle est recherchée car elle aboutirait à la preuve de l’identité humaine sur tout ce qui est machine. C’est un mensonge, une excuse qui ne sert qu’à cacher la peur d’une remise en cause identitaire fondamentale. C’est ce qui explique que l’on fonce vers le mur en accélérant allégrement.

    Deux citations sur l’intelligence artificielle :
    Bill Gates : “Je suis de ceux qui s’inquiètent de la super-intelligence. Dans un premier temps, les machines accompliront de nombreuses tâches à notre place et ne seront pas super-intelligentes. Cela devrait être positif si nous gérons ça bien. Plusieurs décennies plus tard cependant, l’intelligence sera suffisamment puissante pour poser des problèmes. Je suis d’accord avec Elon Musk et d’autres, et je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas inquiets. »
    Stephen Hawking : “Réussir à créer une intelligence artificielle serait le plus grand événement dans l’histoire de l’homme. Mais ce pourrait aussi être le dernier”
    “L’impact à court terme de l’intelligence artificielle dépend de qui la contrôle. Et, à long terme, de savoir si elle peut être tout simplement contrôlée”.

  20. says: Celle qui a 12 ans

    Bonjour j’aimerais dire que j’ai beaucoup aimé cet article, et les commentaires qui suivent. Je ne vais pas faire ma synthèse car le commentaire de celle/celui de 15 ans illustre très bien la façon dont j’interprète les choses. Je voulais donc me pencher sur le sujet de Dieu qui est survenu quelques fois dans les commentaires. Vous parlez TOUS de Dieu. Mais qui est Dieu?
    A mon avis dieu n’est pas un être matériel et il n’a pas non plus crée des choses. Pour moi Dieu est né des temps ou l’humanité était seule et désespérée et ne trouvait pas le soutien qu’il leur fallait. Ils se sont donc, par pur désespoir tournés vers un être imaginaire et tout le monde le voit différemment. Au cours des années certain ont réussi a complètement interpréter qui dieu était et comme cette interprétation convenait a des nombreuses personnes ce sont devenues des religions autour du monde. Vous n’êtes peut-être pas pratiquant d’une religion mais, au fond de vous, dans votre imagination il y a bien quelqu’un. Ce Dieu est devenu si puissant que ça m’effraie. Il y a eu des guerres, des morts, d’horribles choses à cause de ce Dieu.
    “Dieu est le seul être qui pour régner n’a pas besoin d’exister”
    Oui, il est vrai, cet être imaginaire a aussi changé des choses très positives dans le monde mais moi, il me fait peur car il est né du désespoir.
    Merci d’avoir lu mon commentaire, je m’excuse si il a pu être blessant envers des religieux et je ne dis sans doute que des sottises car je n’ai que 12 ans. Et je sais que le cogito ergo sum dirait que c’est faux, ce que j’ai écrit et que rien dont on est sur sauf mon âme sont fausses mais moi j’aime LaCie et je ne veux pas être dans un doute permanent. Oui peut-être que tout est inutile mais moi je suis moi et je trouve que il y a de la place pour de la joie dans la vie.
    Merci encore pour ce brillant article!
    Bien cordialement,
    Une inconnue de 12 ans qui pense à la vie.

  21. says: Gyroroue

    Je pense donc je suis, est tout un symbole pour permettre d’exprimer l’idée que chacun possède sa propre philosophie et sa propre vérité et rien ne cherche de vouloir imposer son raisonnement car tôt au tard, le naturel revient au galot à travers notre pensée profonde qui caractérise notre personnalité

  22. says: Jean-Christophe Ronnet

    J’ai lu, dans le texte, « la dialectique de Descartes crée le cogito ». On peut se demander si ce n’est pas plutôt le cogito qui crée la dialectique, mais encore faut-il s’entendre sur la dialectique que pratiquerait Descartes. Ce n’est surement pas la dialectique des philosophes grecs anciens, et en particulier pas celle d’Aristote qu’il rejette avec la scolastique. Pour les grecs anciens, la recherche de la vérité se fait dans la dialectique avec autrui : il faut arriver au consensus avec d’autres philosophes pour que se dégage la vérité, et en particulier la vérité du premier principe (c.à.d. le principe de tout principe), celui de l’être en tant qu’être.
    Il me semble, que pour Descartes, d’une part, l’important n’est pas la vérité de l’être en tant qu’être mais celle de l’existant — comment puis-je être sûr que cette chose existe ? — et d’autre part que la méthode utilisée si elle est une dialectique, n’est pas une dialectique avec autrui mais avec soi-même, une dialectique intériorisée proprement chrétienne. Cette dialectique doit amener à une vérité si claire et si distincte qu’elle en est indubitable. Or, pour que cette vérité soit indubitable, elle ne doit pas être démontrable, car si elle l’était cela voudrait dire qu’elle-même dépend d’autres vérités et elle ne serait plus, alors, première.
    Comment procède, Descartes — et c’est cela son génie ? Il fait une double mise en scène : celle du théâtre de sa chambre où il se trouve enfermé avec sa robe de chambre, au coin du feu et celle de sa pensée, qui met en scène un personnage fictif : le Malin Génie. Un être infiniment trompeur qui lui fait douter que le monde extérieur existe, que les autres hommes existent et que lui-même existe. Peut-être a-t-il rêvé toutes ces existences après tout ? Comme il ne peut pas faire de démonstration sans risquer de nuire à la principialité de ce qui est indubitable, il met en scène un dialogue intérieur entre lui-même et le Malin Génie : tu peux toujours me faire douter de tout, mais pour que je puisse douter il faut d’abord que j’existe. Ainsi le Malin Génie se trouve piégé dans sa propre réfutation : le simple fait de douter — c’est à dire de penser— que j’existe, fait que j’existe car sinon je ne pourrais même pas douter que j’existe. Donc, si je pense, j’existe. Je n’existe peut-être pas comme être corporel, mais j’existe comme être pensant.
    Ce type d’argumentation n’est pas démonstratif : je n’ai pas besoin d’un principe supérieur pour l’expliquer, je n’ai pas besoin non plus de recourir à l’argumentation syllogistique de la scolastique : c’est une argumentation par autoréfutation de l’adversaire. Le plus ironique dans cette histoire c’est qu’en voulant s’opposer à la scolastique et à Aristote, Descartes emploie ici un mode de démonstration qu’Aristote avait lui-même utilisé face à un adversaire fictif — le sophiste Protagoras — qui niait qu’il puisse y avoir des vérités premières comme celle du principe de non contradiction. Le simple fait de réfuter ces principes obligeait l’adversaire qui prenait la parole à se réfuter lui-même. En effet, comment affirmer qu’une chose n’existe pas, fût-elle un principe premier, sans admettre que pour le faire je suis obligé de nommer la chose en question, ne serait-ce que pour la nier.
    Le philosophe Jaakko Hintikka, avec les linguistes modernes, appelle ce mode argumentatif, le mode performatif. Descartes, sans le savoir, utilise le mode performatif réfutatoir ou oxymorique. Comme lorsque je dis, alors qu’on me demande mon avis, « je n’ai rien dit » ou que je dise : « je ne suis pas là » à une personne indésirable.
    Le problème de Descartes, c’est qu’il ne veut privilégier que le mode d’existence de l’âme au détriment de celui du corps. Il a changé sa fameuse formule de la deuxième méditation : « je pense donc je suis ». Lors de la deuxième édition de 1644 Descartes dit : « il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j’existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit. ». Le fait de prononcer ces mots déplace l’intellect au niveau du corps et c’est troublant pour Descartes qui veut maintenir, qu’en ce qui concerne le corps, je ne peux avoir aucune certitude sur son existence.
    Je suis, j’existe au moment où je le dis. Le « donc », en disparaissant fait de cette proposition qu’elle n’est vraie qu’au moment où je la dis : au présent et seulement au présent. Je ne peux même pas affirmer que j’existe entre ces moments présents et c’est l’argument que prend d’ailleurs Descartes pour justifier l’existence Dieu car sans quoi, rien ne garantit l’unité de mon moi, de mon cogito. Seul un être omniscient, omnipotent et omniprésent peut relier tous ces instants pour préserver son unité. C’est un des arguments circulaires de Descartes dans ses Méditations Métaphysiques et on peut se demander s’il n’en était pas conscient lui-même et s’il ne voulait pas, par-là, avant tout se préserver face à une critique religieuse qui avait déjà fait condamner Galilée. Pour vivre bien, vivons caché écrit-il à l’abbé Mersenne.

  23. says: Gil DOUYERE

    Tout à fait OK avec toi : je pense donc je ne suis pas car je n’arrête pas mes allées et venues entre le passé et le futur et je ne suis donc jamais dans le présent qui seul me permet d’appréhender la réalité telle qu’elle est avec l’entièreté de mes sens en éveil!
    Je pense en effet que cette formule célèbre de Descartes a égaré l’humanité toute entière !…Je vais plus loin et je prétends le contraire:
    – Je pense donc je ne suis pas!
    – Je ne pense pas donc je suis car alors je suis dans le silence du présent qui me permet d’ appréhender le monde avec une bien plus grande acuité d’esprit!

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