Descartes et les Passions

Descartes et les passions

Les passions de l’âme de Descartes : une philosophie du corps

Les passions sont chez Descartes une vraie curiosité : en effet, Descartes est le penseur du cogito, cette certitude du sujet sur son existence. Or, les passions sont cette dimension de passivité, l’interstice qui vient remettre en question la pure volonté de l’homme.

Ainsi, Descartes pose le problème des passions comme le problème de l’action du corps (les mouvements) et les actions de l’âme (la volonté), de l’étendue (corps) et de la pensée (âme). Pour Descartes, il faut décrire l’ontologie des passions avant de faire l’analyse de la psychologie des passions (ce qu’elles sont avant de dire comment elles sont vécues).

Pour Descartes, une passion est une idée qui vient en moi sans l’assentiment de ma volonté, elle donc avant tout une passivité. Cette idée est concentrée sur le corps, car si le corps agit, l’âme subit, et si le corps subit c’est que c’est l’âme qui agit. La passion est donc un sentir du corps. C’est donc le corps qui est passionnel, qui fait subir à l’âme l’expérience de l’impersonnel.

L’âme, avec les passions, n’est pas comme un pilote en son navire, elle est exposée à l’extériorité, à l’évènement. Descartes donne l’exemple de la peur : le corps “dispose l’âme à vouloir fuir”. La passion est ce qui suggère, fait anticiper, esquisse une volonté, elle est donc un préalable à la volonté. La passion mime la volonté, elle est l’altérité au sein du sujet.

Descartes prend également exemple sur le cas du “veuf joyeux”. On constate chez lui une discordance entre l’émotion intérieure (la femme qui était encombrante) et la passion que je ressens (la tristesse liée au cérémonial de l’enterrement). L’émotion est un surgissement, une passivité sans passion.

Quelques citations de Descartes sur les passions :

“Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n’avons rien à éviter que leur mauvais usage ou leurs excès.” (Descartes, Les passions de l’âme)

“Les passions sont le sel de la vie” (Descartes, Les passions de l’âme)

– “Tout ce qui se fait ou qui arrive de nouveau est généralement appelé par les philosophes une passion au regard du sujet auquel il arrive, et une action au regard de celui qui fait qu’il arrive. En sorte que, bien que l’agent et le patient soient souvent fort différents, l’action et la passion ne laissent pas d’être toujours une même chose, qui a deux noms, à raison des divers sujets auxquels on la peut rapporter.” (Descartes, Les passions de l’âme)

– “Car il est besoin de remarquer que le principal effet de toutes les passions dans les hommes est qu’elles incitent et disposent leur âme à vouloir les choses auxquelles prépare leur corps: en sorte que le sentiment de la peur l’incite à vouloir fuir, celui de la hardiesse à vouloir combattre, et ainsi des autres.” (Descartes, Les passions de l’âme)

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3 Responses

  1. 27/08/2012

    […] Descartes et les passions de l’âme […]

  2. 10/09/2012

    […] aller plus loin, consultez les articles suivants sur les passions chez Descartes ou encore les définitions des passions en […]

  3. 11/12/2015

    […] Descartes n’a pas édifié sa morale définitive, il nous a néanmoins (dans Les Passions de l’âme) donné des indications très importantes pour la compréhension des mécanismes […]

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