Le Désir – Définition

désir philosophie

Le désir en philosophie

Le désir ne serait-il pas l’essence de l’homme ? Au XVIIe siècle, Spinoza souligne fortement cette idée. Le XIXe siècle, avec Hegel, approfondira la dimension dynamique et constructive du désir, que Sartre, à notre époque, liera à l’inquiétude existentielle de la conscience, ainsi qu’au manque constitutif de notre être.

Du latin desiderium, le désir en philosophie, désigne le mouvement qui, au-delà du besoin en tant que tel, nous porte vers une réalité que l’on se représente comme une source possible de satisfaction. Le désir se définit comme une tendance devenue consciente.

Cours sur la notion

« Le plaisir imaginé s’appelle désir » (Ricoeur). Par cette citation, force est de constater que le désir sollicite l’activation de la faculté intellectuelle que l’on nomme imagination. L’imagination est la faculté intellectuelle par laquelle les images ou idées sont reliées entre elles de façon aléatoire, indépendamment de tout lien logique. Elle les combine de façon aléatoire et arbitraire. En conséquence de quoi, désirer peut signifier une mise à l’écart de la raison au profit d’une lecture idéalisée du réel. La Raison (Logos en grec) est la faculté intellectuelle fondée sur la logique qui permet le raisonnement ordonné, démonstratif et cohérent. La raison pose des valeurs (le bien, le mal, le vrai, le faux, à l’aune desquelles elle évalue les choses et le monde). Sous l’effet du désir, la raison peut être destituée par une imagination débordante qui peut conduire le sujet vers l’irrationnel, le déraisonnable. En conséquence de quoi, force est de se demander si la force aveugle qui s’impose à nous et qui cherche la satisfaction pour que le plaisir apparaisse peut être conciliable avec ce qui en nous procède de la raison. Si originellement le désir est irraisonné, illimité, le soumettre au travail de la raison pour que cette dernière le canalise et le maîtrise, est-ce atteindre une certaine forme de sagesse ou tuer le désir pour le limiter au simple besoin ?

Face à l’urgence et à l’exigence du désir, peut-on raison garder ?

L’homme est inscrit dans la finitude, il est un être de désir.

  • Définition du désir

Le désir est une tension née d’un manque qui vise un objet ou un sujet dont la possession est susceptible de procurer de la satisfaction, donc du plaisir.

Désirer signifie être à la recherche de ce dont on manque et dont le manque provoque de la souffrance. Aussi longtemps que l’objet convoité n’est que désiré (donc aussi longtemps que le désir n’est pas satisfait) le plaisir n’est que présupposé. C’est la raison pour laquelle la possession de l’objet visé n’est que susceptible de mettre un terme à la souffrance provoquée par le manque. Le désir est une impulsion d’une force que l’on constate en nous et qui nous conduit à tendre vers un objet ou un sujet. Cette force active anime le sujet qui l’éprouve. Désirer, c’est donc à l’origine constater que l’on désire, que ça désire en nous : on ne choisit pas de désirer telle ou telle chose, on constate que l’on éprouve du désir pour telle ou telle chose comme si le désir s’était construit en nous, par-delà notre volonté. Le désir est donc, irraisonné, irréfléchi, il nous possède et nous n’en sommes pas maîtres au départ. Pour maîtriser ses désirs, il est donc nécessaire d’en prendre conscience, de les penser, de les raisonner.

  • Le désir et le temps

Le désir s’inscrit dans le temps dans l’attente car désirer, c’est à la fois vouloir posséder l’objet convoité et en même différer ce moment pour continuer à désirer car la réalisation du désir signifie la mort du désir. L’assouvir, c’est l’anéantir. Durant la période d’attente le désir ne cesse de se nourrir de lui-même, du travail que l’imagination produit.

En ce sens, le désir est le produit d’une construction intellectuelle dans lequel le sujet désirant imagine, idéalise l’objet et se projette. Durant la période d’attente, le sujet éprouve du plaisir à désirer, c’est-à-dire à construire son désir et entre dans un jeu paradoxal durant le moment d’attente, désirant à la fois que le temps d’attente se termine par la réalisation du désir et différant ce moment pour prolonger le plaisir de désirer.

On peut observer que le désir s’inscrit dans la force et la faiblesse : force car il est une impulsion qui nous pousse à agir, faiblesse parce qu’il est synonyme de manque et d’un jeu paradoxal avec le temps. La réalisation d’un désir conduit-elle à la satisfaction ou à la désillusion ? Ce que le réel offre peut-il répondre de ce que l’imagination a produit ?

  • Le caractère infernal du désir : réaliser un désir annonce immanquablement la naissance d’un autre désir qui demande lui aussi à être réalisé.

Schopenhauer : le monde comme volonté et représentation.

Selon Schopenhauer, la réalisation d’un désir : « c’est comme l’aumône que l’on jette à un mendiant, elle lui sauve aujourd’hui la vie pour prolonger sa misère jusqu’à demain ». Selon Schopenhauer, le désir est la manifestation d’une force aveugle qui anime tout ce qui existe (minéraux, animaux, hommes). Cette force, Schopenhauer la nomme « le vouloir-vivre »

Schopenhauer : « Vouloir, s’efforcer, voilà tout leur être ; c’est une soif inextinguible »

Le vouloir-vivre : une force aveugle qui se veut elle-même et qui est présente dans tout ce qui existe. Au travers de ce qui existe, cette force se cherche elle-même. Chez l’animal, elle se traduit par l’instinct, chez l’homme, elle se dit par le désir. Elle contraint l’homme a désirer en permanence car le vouloir-vivre ne cherche qu’à perdurer au travers des formes qu’il fonde. Dès lors, dès qu’un désir est réalisé, un autre désir apparait et exige de l’être lui aussi. Aussi longtemps que l’homme désire, il reste soumis à cette force aveugle. Ce caractère infernal du désir peut être comparé au supplice de Tantale. Tantale est condamné à constamment souffrir de la faim et de la soif à côté d’un arbre couvert de fruits mais dont ceux-ci ne cessent de se dérober lorsqu’il tente de les atteindre. Tantale est ainsi condamné à ne jamais posséder ce qu’il désire et ne peut jamais éteindre sa soif et sa faim.

Le désir est donc toujours synonyme de souffrance car comme le souligne Schopenhauer, si le temps d’attente entre le désir et sa réalisation est trop long, le sujet se lasse et un autre désir apparait, si le temps d’attente est trop court, l’habitude s’installe et l’attrait disparait. Schopenhauer constate que pour cesser de souffrir, il faut cesser de désirer. Pour cesser de désirer, il faut retourner le vouloir-vivre contre lui-même pour qu’il se neutralise. Parce que l’homme peut penser le vouloir-vivre, il peut, par le raisonnement, paralyser ce vouloir-vivre et s’en arracher. Ce phénomène peut alors le conduire à éprouver du plaisir sans désir. Cet arrachement au vouloir-vivre, la possibilité de ressentir du plaisir sans désir, l’homme peut l’éprouver face u Beau, face à l’œuvre d’at. Le sujet éprouve alors une joie pure, désintéressée : « pure » : parce qu’épurée de tout ce qui pourrait l’altérer, corrompre son essence. « Pure » peut-être compris dans le sens chimique du terme : sans mélange…

« joie pure » : plaisir épuré de tout désir, plaisir procuré par la contemplation d’une œuvre, c’est-à-dire sans aucun désir de possession.

« joie désintéressée » : s’oppose à « intéressé » : être intéressé par quelque chose : regarder, viser la chose non pas pour ce qu’elle est mais relativement à l’usage que je peux en faire, donc dans un esprit calculateur, égoïste…

A l’inverse, « désintéressé » : non pas viser la chose pour le profit que je peux en faire mais accueillir la chose, la contempler.

Face au beau, face à l’œuvre d’art, l’homme peut éprouver ce que signifie une joie pure, il s’arrache au vouloir-vivre et au désir.

La réalisation d’un désir semble porteuse de déception, de lassitude, d’ennui parce que le réel n’est jamais à la hauteur de ce que l’imagination a produit. En conséquence de quoi, force est de se demander ce que l’imagination confère à l’objet convoité et auquel le réel ne peut pas répondre. Désirer, n’est-ce pas enrober l’objet convoité d’attributs qui lui sont étrangers et qui ne procèdent que de la construction intellectuelle du sujet désirant ?

  • Désirer : idéaliser l’objet convoité : la cristallisation : Stendhal : de l’amour

« Aux mines de Salzbourg, on jette, dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau de feuilles pour l’hiver. Deux ou trois mois après on le retire couvert de cristallisations brillantes : les petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants, mobiles et éblouissants, on ne peut plus reconnaitre le rameau primitif »

« Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte de l’objet aimé à de nouvelles perfections ».

Aussi longtemps que l’objet ou le sujet sont désirés, le sujet désirant les enrobe du désir qu’il construit autour d’eux. Sujet et objet sont recouverts de qualité qui ne leur appartiennent pas. Ils sont idéalisés par le travail de l’imagination. Mais lorsqu’ils sont possédés, ils sont tels qu’ils sont dans le réel et non tels qu’on les a imaginés, d’où la déception.

Le rameau, tel qu’il est : le rameau réel : une branche effeuillée. Le rameau tel qu’on le désire, tel qu’on l’imagine : un rameau couvert de diamants…

Rousseau : « On jouit moins de ce que l’on obtient que de ce que l’on espère : on n’est heureux qu’avant d’être heureux ».

Le désir implique ainsi un jeu entre l’imagination et la raison. Et ce jeu peut conduire à la déception lorsque le sujet désirant est confronté au réel. Force est alors de se demander si, pour parvenir à éprouver du plaisir et à échapper à la déception, à la dépendance, à la démesure vers lesquelles le désir peut nous entrainer, il est nécessaire de soumette le désir au travail de la raison. Ne faut-il pas trier nos désirs pour cesser de les subir et parvenir à en devenir maîtres ?

Soumettre les désirs au travail de la raison pour cesser de souffrir

Le plaisir chez Epicure

Epicure ne condamne pas le plaisir. Bien au contraire, il explique que la vie consiste à rechercher le plaisir et à éviter la souffrance. L’épicurisme est qualifié d’hédonisme : doctrine qui fait du plaisir le bien suprême et de la douleur le mal absolu. Epicure rappelle que le mal est lié à la sensation et que la sensation est subjective et relative mais elle reste vraie et effective pour celui qui la ressent. En conséquence de quoi, ce n’est pas le plaisir qui est à condamner mais la dépendance au plaisir qui nous rendrait esclaves de nos désirs au point de sombrer dans la démesure et dans l’excès. Pour éprouver du plaisir sans être dépendant de ses désirs, il est donc nécessaire de les maîtriser. Et cette maîtrise passe par la soumission des désirs au travail de la raison.

Pour démontrer ceci, Epicure rappelle la raison pour laquelle l’homme cherche à satisfaire le plus de désirs possibles : l’homme a peur de la mort. Or, avoir peur de la mort est absurde : en effet, on ne peut connaitre ce dont on ne peut faire l’expérience. Or, tant que la mort n’est pas là, je suis encore là, quand elle arrive, je ne suis plus. Donc, penser la mort est absurde, la craindre l’est tout autant. La peur de la mort est irrationnelle. Par voie de conséquence, la satisfaction de tous les désirs par la crainte de la mort est absurde. Cette peur de la mort étant évacuée, la quête du plaisir illimitée n’a plus lieu d’être.

Cette rationalité permet de penser les désirs, de les trier et de les hiérarchiser :

Epicure dénombre trois types de désirs :

  • désirs naturels et nécessaires (boire, manger, dormir)
  • désirs naturels et non nécessaires (sexe)
  • désirs non naturels et non nécessaires (richesse, gloire…)

« Naturel » : ce que la nature me commande.

« Nécessaire » : ce qui ne peut pas ne pas être.

Les désirs non naturels et non nécessaires sont des désirs vains, inutiles

L’homme est par nature un corps, s’il ne satisfait pas les désirs naturels et nécessaires, il meurt.

Désirs naturels mais non nécessaires : le corps le demande mais ils ne sont pas vitaux.

Non aturels et non nécessaires : le corps ne le demande pas, ils sont inutiles.

Ainsi, pour éprouve du plaisir sans dépendance et sans manque, il semble nécessaire de ne satisfaire que les désirs naturels et de les satisfaire de façon raisonnable (ni trop ni trop peu). Le plaisir n’est donc pas dans la quantité mais dans la qualité. Cette maîtrise des désirs permet ainsi d’atteindre la sérénité, c’est ce qu’Epicure appelle l’ataraxie : absence de trouble du corps et de l’esprit.

On constate que la satisfaction réfléchie et mesurée des désirs peut permettre d’éprouver du plaisir sans la souffrance que peuvent engendrer la dépendance et la démesure. Cette rationalisation des désirs conduirait à la maîtrise de soi. Et cette maîtrise de soi peut aller jusqu’à vouloir atteindre une sagesse qui consisterait à ne plus désirer du tout pour ne plus souffrir. Peut-on vouloir ne plus désirer ?

Epictète : le manuel

Epictète explique que le désir est toujours synonyme de souffrance. Pour cesser de souffrir, il faut donc cesser de désirer. Est-ce possible ?

Epictète distingue ce qui dépend de nous de ce qui ne dépend pas de nous

  • Ce qui dépend de nous : les jugements que nous portons sur les événements
  • Ce qui ne dépend pas de nous : les événements eux-mêmes

On ne peut changer ce qui ne dépend pas de nous mais nous pouvons changer ce qui dépend de nous : je ne peux pas changer les événements mais je peux changer les jugements que je porte sur les événements. De la même façon, si le monde ne répond pas à mes désirs, je ne peux pas changer le monde mais je peux changer mes désirs. Et Epictète d’ajouter que si l’homme est malheureux  c’est parce qu’il veut changer ce qui ne dépend pas de lui. Il ne tient qu’à lui de cesser de souffrir : pour ce faire, il doit cesser de désirer que le réel soit tel qu’il le désire, il doit aimer le réel tel qu’il est et non tel qu’il souhaite qu’il soit.

Pour cesser de désirer il faut faire appel à la volonté et à la raison.

La Raison, logos.

La volonté : capacité à s’auto-déterminer et ce à partir d’un choix raisonné, réfléchi et d’un jugement correct.

Par le travail de la volonté et de la Raison, le sujet doit parvenir à une totale maîtrise de soi. Ceci doit aboutir à une totale extinction du désir. Le but : aboutir à l’apathie : l’extinction définitive du désir : absence totale de trouble physique et psychique. On atteint la sérénité et la sagesse. L’apathie caractérise celui qui ne se trouble pas.

Rationaliser les désirs pour les maîtriser, les réaliser avec mesure, lire le désir comme exclusivement synonyme de souffrance au point de ne plus chercherà  désirer du tout, n’est-ce pas, d’une part, manifester une certaine crainte quant au caractère impulsif du désir, d’autre part, oublier que le désir est aussi une force qui peut conduire le sujet à agir au-delà de ce dont il se pensait être capable ? En effet, le désir n’est-il pas aussi ce qui fait qu’un sujet peut faire preuve d’audace, de prise de risque ? Prendre le risque de nos désirs, n’est-ce pas ce qui nous permet d’agir au-delà de ce que le réel semblait offrir ?

Condamner le désir : condamner la vie

« Vaincre nos passions ? Non, si cela doit signifier les affaiblir et les anéantir ».

« Les passions les plus puissantes sont les plus précieuses dans la mesure où il n’y  pas  de plus grande source de joie ».

Selon Nietzsche, le désir est une force créatrice, une impulsion qui exprime la volonté de puissance. Volonté de puissance : force qui constitue tout ce qui existe (animaux, minéraux, hommes). Elle cherche son propre accroissement, elle ne cherche qu’à se renforcer elle-même. Elle est constituée de forces qui luttent les unes contre les autres, les unes avec les autres. Et le désir est la manifestation de cette volonté de puissance. Selon la lecture qui est faite du désir, Nietzsche indique que l’on peut identifier ceux dont la volonté de puissance est ascendante et ceux dont la volonté de puissance est dégénérescente.

Ceux qui condamnent le désir sont les religieux, les ascètes, les philosophes. Ils sont ceux qui condamnent la vie, ceux qui luttent contre leurs instincts parce qu’animés par le ressentiment. En effet, parce qu’ils sont trop faibles pour assumer et vivre leurs désirs, il les condamne, ils tiennent un discours moralisateur et culpabilisant pour empêcher ceux qui ont la force de les vivre de pouvoir jouir de leur assouvissement.

La condamnation du désir repose sur la morale judéo-chrétienne qui ne cherche qu’à culpabiliser l’homme face à ce qu’il est pour le moraliser, le domestique, en faire une bête de troupeau.

Parce que le désir manifeste une volonté de puissance affirmative, qui affirme la vie, condamner le désir revient à condamner la vie.

Et Nietzsche de souligner que tous ceux qui condamnent le désir sont ceux qui vénèrent tout ce qui affaiblit la vie.  Ce qui la rend mortifère : ils vénèrent la souffrance et la pitié.

Le désir amoureux

Le banquet de Platon

Le mythe d’Aristophane :

Ce dernier raconte qu’à l’origine, les êtres étaient des sphères composées de quatre bras, quatre jambes, deux Têtes, deux sexes (sexes opposés ou mêmes sexes). Ayant voulu défier les Dieux, ces derniers punirent les sphères et les coupèrent en deux. Depuis chacun recherche la partie de sa sphère qui lui manque. Le désir amoureux procéderait d’une unité originelle qui aurait été perdue.

Lorsque l’imagination et la raison fonctionnent de concert : l’inventivité, la créativité.

Quand l’imagination stimule la raison pour que celle-ci pense au-delà de ce que le réel offre et quand, en même temps, la raison canalise l’imagination pour que celle-ci puisse demeurer dans ce qui procède du possible, alors par le désir, le sujet peut réaliser ce qui lui semblait procéder de l’impossible, de l’improbable. Tenons pour exemple Léonard de Vinci qui a fait des dessins d’objets volants. A l’époque, la chose paraissait improbable, aujourd’hui, c’est réalisé. Ses dessins étaient opérationnels mais les moyens techniques manquaient pour les réaliser. Il a pensé au-delà de ce que le réel permettait…Il en va de même pour la médecine et les vaccins, et pour l’espace : l’homme a réussi à marcher sur le lune…

Conclusion

Le désir est ce qui manifeste à l’homme son incarnation : certes, il est un sujet qui pense de façon rationnelle, mais il est aussi un être qui éprouve, qui est animé par des forces qui parfois le dépassent, le débordent. Si maîtriser ses désirs permet de ne plus les subir et d’atteindre une certaine sagesse, le désir est aussi ce qui nous met à l’épreuve et qui nous interroge sur notre capacité à pouvoir assumer nos désirs. Faire l’épreuve du désir, c’est aussi prendre le risque de se découvrir soi-même. Il est donc une force qui nous révèle à nous-mêmes, que l’on résiste à cette force, que l’on y cède ou qu’on l’affirme.

Citations de philosophes sur le désir :

– Simone de Beauvoir :

« C’est le désir qui crée le désirable, et le projet qui pose la fin. »

– Hegel :

« Dans le désir, la conscience de soi se comporte à l’égard d’elle-même comme une réalité singulière. Elle renvoie à un objet qui est dépourvu de soi, qui, en lui-même, est autre chose que la conscience de soi. Eu égard à l’objet, cette conscience ne réussit à s’atteindre dans son égalité à elle-même que par la suppression de cet objet. »

– Aristote :

« Le désir est […] appétit, courage et volonté […]. Le désir est l’appétit de l’agréable. »

Ricoeur :

– “Le désir est cette espèce d’esprit d’entreprise qui monte du corps au vouloir, et qui fait que le vouloir serait faiblement efficace s’il n’était aiguillonné d’abord par la pointe du désir”

Epictète :

-“Le bonheur ne consiste pas à acquérir et à jouir, mais à ne rien désirer, car il consiste à être libre”

Schopenhauer:

– “Le besoin sexuel est le plus violent de nos appétits : le désir de tous nos désirs”

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