Emile de Rousseau (synthèse)

Emile : La Philosophie éducative de Jean-Jacques Rousseau

Dans L’Emile ou De l’éducation, Jean-Jacques Rousseau présente sa philosophie de l’éducation. Comme le Contrat social, l’Emile a été immédiatement interdit par les autorités car on reproche à Rousseau son rejet des conceptions traditionnelles de la religion. L’Emile représente en effet une approche innovante, autant traité philosophique que biographie. Ce livre décrit le dialogue entre le tuteur et Emile, depuis sa naissance jusqu’à son âge adulte. Plus qu’un traité sur l’éducation, Rousseau nous invite à suivre l’évolution, l’itinéraire éducatif de son apprenti.

Education et Anthropologie :

La philosophie de l’Education de Rousseau prend sa source dans son anthropologie (ou philosophie de la subjectivité), présentée dans le Discours sur l’Origine des Inégalités parmi les hommes : les êtres humains sont bons par nature. Ainsi, le rôle de l’éducation est de cultiver cette bonté en tant que tendance naturelle. Cependant, Rousseau ne prône pas un retour à l’état de nature (comme le lui reprochait injustement Voltaire), mais bien plutôt une amélioration de l’état civil. Nous ne devrions pas chercher à être de nobles sauvages car ces derniers sont sans liens sociaux, alors que l’état civil requiert autrui et la sociabilité. En ce sens, si l’amour-propre, équivalent à l’égoïsme, doit être annihilé chez les enfants, c’est pour développer en eux l’amour de soi, en tant que tendance contraire à l’amour-propre :

J’appelle éducation positive celle qui tend à former l’esprit avant l’âge et à donner à l’enfant la connaissance des devoirs de l’homme. J’appelle éducation négative celle qui tend à perfectionner les organes, instruments de nos connaissances, avant de nous donner ces connaissances et qui prépare à la raison par l’exercice des sens“.

Education, femmes et sexualité :

Le personnage de Sophie permet à Rousseau de présenter la manière dont doivent être éduqués les garçons. Leur éducation doit être portée sur les idées théoriques et le développement de leur physique. Selon Rousseau, les hommes ne sont avec des femmes que par désir, les femmes elles ont à la fois le désir et le besoin des hommes, ce qui implique une soumission des femmes aux hommes. Cependant, Rousseau défend une conception féministe dans la mesure où il tient la femme pour plus intelligente, et plus douée dans le domaine pratique que l’homme. Ceci représente néanmoins la partie la plus controversée de sa philosophie de l’éducation.

Rousseau et la profession de foi du Vicaire savoyard :

La profession de foi du Vicaire savoyard fait partie du quatrième livre de l’Emile et présente la partie religieuse de l’éducation. Dans le récit du vicaire, Rousseau pose l’existence d’une lumière intérieure comme source de la vérité. Ainsi, la connaissance de Dieu se trouve dans l’observation de l’ordre naturel. Par conséquent, le christianisme n’est pas la seule vraie religion, puisque, selon Rousseau, toute religion qui identifie Dieu comme le créateur et prêche la vertu et la moralité, est vraie.

 

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4 Responses

  1. Norbert CHERIF says:

    La bonté naturelle des hommes qu’évoque JJR est celle de la personne pris dans sa particularité individuelle,je crois. Comme le disait lui-même dans L’ETAT DE NATURE, il sagit de l’homme qui ne s’occupe que de ce qui assure sa substance et n’entrant pas en concurrence avec ses semblables. Là il fait tout pour lui et n’attend personne pour le faire; ainsi il vit paisiblement et sans aucune menace d’agression extérieure. Son coeur est tranquile. Mais très malheureusement cet etat de nature n’est qu’une réalité chimerique et l’image d’Adam dans le jardin. Ce qu’on doit avoir pour acquis c’est que la violence se déploie dans la nature, partout les hommes sont enclin à la violence et livré à la guerre de tous contre tout. A l’etat de nature, la force du plus fort étant la meilleure, le droit de l’homme est inexistent. C’est le loup en face de l’agneau. Les hommes a l’etat de nature sont égoistes et leur éducation devrait juste être de leur apprendre à vivre avec Eve c’est-à-dire dans la société. C’est juste la paradoxe que j’ai voulu signaler dans la philosophie de Rousseau.

  2. Emma46 says:

    Excusez moi, mais, je ne suis pas d’accord lorsque vous dites que Rousseau défend une conception féministe, (je cite) : “dans la mesure où il tient la femme pour plus intelligente et plus douée dans le domaine pratique”. Selon moi ça n’a rien avoir avec du féminisme (du moins tel qu’on l’entend aujourd’hui, bien qu’il faille définir ce terme, qui parfois reste un peu flou et est sujet à controverses.) .
    Puisqu’il n’y a rien d’activiste et de fondamentalement féministe derrière le constat, qui est de dire, que les femmes sont plus intelligentes et plus douées dans le domaine pratique que l’homme. (Considération qui est propre à cette époque et donc à re-contextualiser, parce que, je pense qu’aujourd’hui même si cette thèse pourrait être confirmée elle serait justifiée. Entre autre, par la raison suivante: le fait que notre éducation soit genrée. Et que l’oppression féminine, durant des siècles, à poussé la majorité des femmes à développer des facultés, qui, au final, ont démontré une intelligence “supérieure” aux hommes et des aptitudes “plus élevées” dans le domaine pratique, que l’homme. ).
    Enfin, tout ceci reste un constat pour l’époque, mais il n’y a rien de féministe là dedans.
    A la rigueur c’est une valorisation du savoir faire et de l’intelligente féminine, voir une éloge , et pour l’époque ce genre de manifestation (qui plus est lorsqu’elle était publique), devait être assez rare, certes. Après c’est important de dire ce que l’on entend par féminisme, je le redit.
    Mais pour moi il y a erreur sur le terme employé. On ne peut à proprement parlé d’une conception féministe de Rousseau. Surtout lorsqu’on lit un peu plus au dessus, que Rousseau considérait que la femme, de par son besoin et son désir pour l’homme devait être soumise. Je veux dire c’est un peu gonflé d’appeler ça du féminisme!

  1. 27/08/2012

    […] – Rousseau : “Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix : guide assuré d’un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l’homme semblable à Dieu, c’est toi qui fais l’excellence de sa nature et la moralité de ses actions” (Emile ou de l’Education) […]

  2. 07/12/2012

    […] Rousseau : L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie (Emile) […]

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