En-soi / Pour-soi

Les termes d’en-soi et de pour-soi ont été crées par Sartre dans l’Etre et le Néant, même si l’origine de ces concepts se trouve chez Hegel.

Ils forment à eux deux l’ontologie de Sartre, sa théorie du réel.

L’en-soi désigne le monde des choses physiques (un coupe-papier, un cendrier), monde fixe et statique dans lequel les choses ont une essence, c’est-à-dire une fonction déterminée.

Le Pour-soi, au contraire, renvoie au monde de l’existence. L’homme est donc un être pou-soi, autrement dit sans essence, il n’est qu’une existence libre jetée dans le monde. C’est à lui de se construire une essence.

Les hommes, pourtant, selon Sartre, cherchent sans cesse à fuir leur condition, via les conduites de mauvaise foi (chercher à se chosifier, à se réifier, bref à se donner une essence). En témoignent les exemples de la coquette, de l’amour, du garçon de café.

Pour résumer, l’en soi est le mode d’être des choses, le pour-soi le mode d’être des hommes.

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8 Comments

  1. says: Wauthoz

    Je lis la page : https://la-philosophie.com/en-soi-pour-soi

    et je trouve ceci :
    “L’en-soi désigne le monde des choses physiques (un coupe-papier, un cendrier)”
    ne trouvez-vous pas que pour désigner le monde des choses physiques, il y a des objets plus généraux qu’un coupe-papier ou un cendrier (il faudrait fumer moins cher rédacteur), par exemple un arbre (en référence à l’arbre originel) ou un bâtiment (afin d’inclure les objets produits).

    encore un détail : il manque le r à pour-soi dans la phrase : “L’homme est donc un être pou-soi,…”

    Toutefois, merci pour votre site instructif.

    Michel Wauthoz

    1. says: Maddy

      Le coupe-papier est l’exemple pris par Sartre dans “L’existentialisme est un humanisme”, pour expliquer ce qu’il entend par essence et existence.
      Voici le passage :
      “L’existence précède l’essence, ou, si vous voulez, il faut partir de la subjectivité. Que faut-il entendre au juste par là ? Lorsqu’on considère un objet fabriqué, comme par exemple un livre ou un coupe-papier, cet objet a été fabriqué par un artisan qui s’est inspiré d’un concept; il s’est référé au concept de coupe-papier, et également à une technique de production préalable qui fait partie du concept, et qui est au fond une recette. Ainsi, le coupe-papier est à la fois un objet qui se produit d’une certaine manière et qui, d’autre part, a une utilité définie, et on ne peut pas supposer un homme qui produirait un coupe-papier sans savoir à quoi l’objet va servir. Nous dirons donc que, pour le coupe-papier, l’essence -c’est-à-dire l’ensemble des recettes et des qualités qui permettent de le produire et de le définir- précède l’existence; et ainsi la présence, en face de moi, de tel coupe-papier ou de tel livre est déterminée. (…) Lorsque nous concevons un Dieu créateur, ce Dieu est assimilé la plupart du temps à un artisan supérieur; (…) le concept d’homme, dans l’esprit de Dieu, est assimilable au concept de coupe-papier dans l’esprit de l’industriel; et Dieu produit l’homme suivant des techniques et une conception, exactement comme l’artisan fabrique un coupe-papier suivant une définition et une technique. Ainsi l’homme individuel réalise un certain concept qui est dans l’entendement divin. Au 18e siècle, dans l’athéisme des philosophes, la notion de Dieu est supprimée, mais non pas pour autant l’idée que l’essence précède l’existence. (…) L’homme est possesseur d’une nature humaine; cette nature humaine, qui est le concept humain, se retrouve chez tous les hommes, ce qui signifie que chaque homme est un exemple particulier d’un concept universel, l’homme (…).
      L’existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n’existe pas, il y a au moins un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c’est l’homme, ou, comme le dit Heidegger, la réalité humaine. Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. (…)
      “L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. Tel est le premier principe de l’existentialisme. C’est aussi ce qu’on appelle la subjectivité, et que l’on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l’homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table? Car nous voulons dire que l’homme existe d’abord, c’est-à-dire que l’homme est d’abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se jeter vers l’avenir. L’homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d’être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur; rien n’existe préalablement à ce projet; rien n’est au ciel intelligible, et l’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être, non pas ce qu’il voudra être. Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c’est une décision consciente, et qui est pour la plupart d’entre nous postérieure à ce qu’il s’est fait lui-même. Je peux vouloir adhérer à un parti, écrire un livre, me marier, tout cela n’est qu’une manifestation d’un choix plus originel, plus spontané que ce qu’on appelle volonté. Mais si vraiment l’existence précède l’essence, l’homme est responsable de ce qu’il est. Ainsi, la première démarche de l’existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu’il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence.”

  2. says: gerard

    Il a choisi ces objets là car ils sont présents dans l’œuvre de Sartre. Le coupe papier, par exemple, est dans la scène 5 de Huis-Clos. Donc avant de critiquer cultivez vous un peu.
    Malouvith

    1. says: Krumm

      C’est noté au début de l’article : si le concept “en-soi/pour-soi” est la base de la philosophie de Sartre, il n’en demeure pas moins que c’est Hegel qui introduit cette notion. On la trouve notamment dans sa définition de l’opinion, dans une oeuvre dont le titre m’échappe : “Une opinion est mienne ; ce n’est pas une idée en soi générale, existant

      1. says: Krumm

        en soi et pour soi. La formulation”créées par Sartre” est effectivement fausse, même s’il s’est largement approprié le concept.

  3. says: Sébastien

    Cette utilisation du concept en soi n’est qu’une reappropriation des modernes puisque Platon l’utilisait déjà pour désigner ce qui est indépendamment de tout

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