La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens (Clausewitz)

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Continuation de la guerre et de la politique selon Clausewitz

Carl Von Clausewitz est un officier prussien qui a opéré contre Napoléon au début du XIXème siècle. Mais sa postérité ne provient pas vraiment de ses actes militaires, mais plutôt de son ouvrage De la Guerre, un essai de stratégie militaire qui a inspiré tous les grands dirigeants du monde occidental et oriental, de De Gaulle à Churchill en passant par Lénine. Ce livre a fait de Clausewitz un grand penseur de la polémologie (de polémos en grec, théorie de la guerre)

Il définit la guerre de la manière suivante :

«  La guerre est un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté »

Mais pour lui, la guerre n’est pas un acte politique isolé, décorrélé de la pratique politique quotidienne, elle en est son extension logique, une autre forme de politique :

« La guerre n’est qu’un prolongement de la politique par d’autres moyens »

Pour Clausewitz, il est idéal quand la guerre est menée par un politique, tel que Napoléon ou Attila. Le militaire prussien exalte notamment le génie militaire, autrement dit la stratégie qui préside la guerre, qu’il place au centre de la réussite ou de l’échec du conflit. Pourtant, le chef militaire doit affronter une part importante de hasard dans ses calculs, mais son génie doit compenser le jeu des possibilités. On voit ici en quoi Machiavel et son concept de fortuna, développé dans l’Art de la Guerre,  a influencé Clausewitz. Le chef militaire doit dépasser la situation concrète et anticiper, se placer au-dessus de l’instant. Il est avant tout, donc, un politique.

Guerre et liberté

Pour Clausevitz, la guerre est le régime de la décision portée à son extrême, donc le règne de la liberté.

L’esprit, incarné dans le moral des troupes, est l’élément qui fait gagner, ou perdre, les guerres. Cette notion de moral « se soustrait à toute connaissance livresque, car il ne se mesure pas en nombres ; il demande à être aperçu ou senti », selon Clausewitz : et seul le chef de guerre génial peut y parvenir. On voit aussi ici à quel point la théorie des grands hommes de Hegel, selon laquelle ce sont eux qui sont le moteur de l’Histoire, a inspiré Clausewitz.

Michel Foucault renversera la thèse de Clausewitz : c’est la politique qui est la continuation de la guerre par d’autres moyens, et non l’inverse.

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5 Responses

  1. BEESSE says:

    Je trouve qu’il y-a des erreurs:
    Napoléon est cité comme politicien alors que c’est un militaire. Qui a fini en dictateur puis à St Hélène .
    Cela pourrait s’appliquer à De Gaulle. Plus homme d’état et écrivain que militaire
    Et Clémenceau disait que la guerre était une chose trop sèrieuse pour ètre confiée aux gènèraux ……

  2. staline says:

    je suis etudiante en politique

  3. val' says:

    Oui bah moi, je ne suis ni étudiante en politique ni en philosophie mais je suis obligée de lire ce bouquin parce que je rentre en prépa scientifique. Je ne comprend pas qu’on puisse nous faire travailler sur le thème de la guerre avec ce genre de bouquins mais pas avec des livres écrits post-45. Bref, on voit la guerre antique, la guerre du 19e mais pas la guerre du monde dans lequel on vit. Inutile, long et difficile, voilà ce que j’en ai pensé. Et pourtant j’aime lire! Et pas des romans pour ados! J’aime rappeler qu’au 19e, y’a des mecs pas connus comme Zola ou Flaubert qui ont écrit des romans que j’étais capable de comprendre. Mais visiblement, j’ai pas le niveau de lecture suffisant pour lire un tel chef-d’oeuvre. Bref; je suis en rogne. Et je n’ai même pas commencé à l’étudier!

  4. RealSteel says:

    … et la politique n’est que le prolongement de l’économie par d’autres moyens.

  5. wishmasterz says:

    Grosse faute dans le concept de guerre idéale : selon Clausewitz, l’Ideal-krieg” est celle qui est menée par Napoléon par exemple (absoluter Krieg) et durant laquelle le politique se substitue à la conduite de la guerre. Elle est a opposer au concept de “guerre réelle” dans lequel il y a une conduite permanante de la politique dans le processus de guerre

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