L’instinct grégaire

L’instinct grégaire se définit comme l’obéissance de l’individu à la masse, de manière aveugle et sans réflexion.

Nietzsche a violemment critiqué l’instinct grégaire : « La moralité n’est que l’instinct grégaire individuel » (Le Gai Savoir)

C’est d’ailleurs selon lui une des causes du malaise de notre civilisation (« Un animal grégaire, un être docile, maladif, médiocre, l’Européen d’aujourd’hui ! »). L’individu grégaire obéit sans penser, se laisse conduire comme un mouton dans un troupeau (Nietzsche est d’ailleurs contre la démocratie représentative, qui déresponsabilise les citoyens). Mais plus encore, c’est l’esprit d’égalité, qui est sous-jacent à l’instinct grégaire, que Nietzsche fustige : les individus ne sont pas, et ne doivent pas, être égaux. La hiérarchie est inévitable, selon lui, et les forts doivent dominer les faibles.

Puissance vs impuissance : la volonté de puissance contre l’instinct grégaire

A l’art d’obéir, le sujet puissant doit substituer l’art de commander. Contre l’instinct de la masse et la morale d’esclave qui en découle, Nietzsche exhortait les « esprits libres » à pratiquer l’individualisme aristocratique, fondé sur une morale de la volonté.

C’est pourquoi le Surhomme, pour se libérer de la morale du troupeau, doit s’isoler de la communauté. Cet isolement, lequel permettra la construction d’une nouvelle morale, est au fond le cheminement de Zarathoustra qui, une fois libéré des dogmes et sûr de lui, redescendra de la montagne pour annoncer la mort de Dieu aux hommes.

3 Comments

  • Comment peut-on à ce point avoir une lecture aussi faussée de Nietzsche ???
    C’est aberrant…

  • “Nietzsche exhortait les esprits libres à l’individualisme aristocratique, fondé sur une morale de la volonté. ” Oui, mais attention de ne pas penser qu’il était en faveur d’une aristocratie, Vous donnez des mots sans réellement éclaircir leurs sens: “La hiérarchie est inévitable, selon lui, et les forts doivent dominer les faibles.” Pouvez-vous nous éclairer à savoir qui est faible et qui est fort? C’est là l’art de Nietzsche que de parler par-delà le bien et le mal, le fort et le faible. Il n’y a pas de morale binaire dans Zarathustra. Pour Nietzsche, la morale de l’esclave autant que celle du maître est à rejeter. Ces deux concepts de valeurs s’alternent et une diabolise l’autre. On peut citer les Romains versus les Chrétiens, ou encore les communistes versus les capitalistes. D’ailleurs, il n’est pas clair si Nietzsche conseille quelconque politique. Si l’isolement est essentiel pour la quête de sens chez Nietzsche, il n’est pas aussi clair si la politique est essentielle à ces yeux. Peut-être s’adresse-t-il seulement qu’à quelques individus, et qu’il espère que la masse grégaire se perde dans ses textes poétiques, n’y trouvant pas de sens.

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