La Volonté en philosophie

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Que disons-nous lorsque nous affirmons de quelqu’un qu’il a “de la volonté” ? Pourquoi est-ce un compliment ? Les origines philosophiques de ce thème permettent de mieux comprendre les usages courants de ce terme.

Concept récent, thématisé par Descartes sous un plan métaphysique, en tant que faculté infinie par laquelle l’homme ressemble à Dieu. Kant fera passer ce concept au plan éthique : la volonté est reliée au devoir et à la loi morale. Elle est l’outil de la raison pratique. Schopenhauer en fera la force aveugle s’exerçant sur tous les êtres. La psychologie donnera un sens plus faible, au sens de forme réfléchie et pleinement consciente de l’activité.

Selon le schéma classique, la volonté implique :

  • un projet
  • une délibération
  • une décision
  • une action

Volonté, désir et passion

Ainsi, elle est différente du désir, car ce dernier n’est jamais planifié. De plus, le désir peut être irrationnel. De même la passion est hétéronome, l’homme ne peut la contrôler (on ne décide pas de devenir un joueur de casino compulsif).

Les psychologues ont distingué deux formes de volontés pathologiques :

  • les velléitaires (ou aboulique), ceux qui manquent de volonté
  • les impulsifs, ceux qui en expriment trop

Trop forte ou trop faible, la volonté n’est-elle “la manière singulière d’être au monde de l’homme” (comme l’affirme Dufrenne) ? Car vouloir l’impossible, c’est se condamner à ne pas vouloir, et ce peut être un alibi pour le velléitaire, le vouloir véritable poursuit les fins dont on peut avoir les moyens. Ainsi, la volonté prend toujours des risques, mais elle décide de les prendre. Elle ne peut pas l’impossible, mais veut un peu au-delà d’elle-même. C’est pourquoi une volonté vaincue n’est pas nécessairement brisée.

La Volonté de puissance chez Nietzsche

Chez Nietzsche, la volonté est une force à la fois créatrice et destructrice, poussée de domination conduisant tout être à s’enrichir par des créations qui détruisent, concomitamment, d’autres êtres et d’autres valeurs.

Ce concept victorieux de la force, grâce auquel nos physiciens ont crée Dieu et l’univers, a besoin d’un complément : il faut lui attribuer un vouloir interne que l’appellerai la volonté de puissance, c’est-à-dire l’appétit insatiable de manifester la puissance

Ainsi, au fond, dire de quelqu’un qu’il a “de la volonté”, c’est le poser en centre de son univers, en être autonome, tentant de régir le monde autour de lui, bref, ultimement, le comparer à Dieu.

 

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