Habermas et la Communication

La communication est un concept central dans la philosophie de l’allemand Jürgen Habermas.

Ce terme est aussi sujet de malentendus car il est souvent associé au sens courant. Or, le concept de communication est aux antipodes de ce même concept utilisé par les sciences de la communication. Il ne s’agit pas dans ce cas d’une activité stratégique visant à présenter un projet ou une réalité sous des aspects qui, d’une part, en optimisent la recevabilité par ceux qui en sont l’objet et d’autre part, en minimisent, voire en occultent les inconvénients ou les conséquences, or chez Habermas, la communication est au contraire l’activité élémentaire par laquelle deux ou plusieurs sujets sont capables de se mettre spontanément d’accord sur un projet d’action commune ou sur une réalité partagée.

La définition habermassienne de la communication :

On peut dès lors définir la communication de manière stricte comme ce qui se produit entre deux ou plusieurs qui parlent sérieusement de quelque chose qui existe ou devrait exister dans le monde, sans qu’aucune ne conteste la validité des affirmations ou des propositions faites par les unes et les autres. La communication recourt par conséquent à un médium dans et par lequel elle s’effectue : le language.

En ce sens, la communication est donc banale et quotidienne, mais elle est aussi vitale; elle est, en effet, la condition nécessaire à la reproduction symbolique du monde, à l’échange d’information, aux processus d’apprentissage, etc. On peut donc dire qu’elle structure le monde de la vie quotidienne.

Communication et discussion :

Il ne faut par confondre communication et discussion, même si les points de contact entre la pragmatique philosophique d’Apel et celle de Habermas expliquent en partie cette assimilation.

La discussion, chez le penseur allemand, n’est pas communication au sens strict, elle est toutefois communicationnelle dans le sens où la communication, et l’entente sont sa finalité, il importe de cependant de souligner que la communication est interrompue par le désaccord, le conflit ou le différend. Il n’y a donc pas de solution de continuité entre communication au sens strict et discussion, car le discours argumentatif qui se déploie dans la discussion est latent dans la communication, il y est présent comme un régulateur sous-jacent, mais on n’en use pas à proprement parler.

Ainsi, les prétentions à la validité sont émises dans la communication au sens strict.

Activité communicationnelles au sens faibles et au sens fort :

La distinction faite par Habermas vaut à la fois pour la communication au sens strict et au sens large puisqu’elle ne concerne que le type de prétentions à la validité élevées par les actes de parole. On parlera d’activité communicationnelle au sens faible lorsque les prétentions à la validité sont la vérité et la sincérité, au sens fort lorsque la prétention à la validité est la justesse normative.

 

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