Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes


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Voltaire, critique de la philosophie optimiste de Leibniz

Dans Candide, Voltaire structure toute la philosophie des Lumières en s’adressant au philosophe allemand Leibniz, qui défend une conception naïve du monde.

Voici un extrait du Chapitre 1 du Candide de Voltaire :

Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigologie. Il prouvait admirablement qu’il n’y a point d’effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles.

Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement : car, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes […] il fallait dire que tout est au mieux. ”

Explication de la citation de Pangloss

Ainsi résume Voltaire la philosophie de l’allemand Leibniz, lequel croit en l’optimisation divine du monde. C’est cette conception philosophique que Voltaire tient à démonter, voire tourner en dérision. Pangloss incarne ainsi Leibniz, tandis que Voltaire se place dans la peau de Candide, au départ disciple philosophique puis dissident, à mesure que le mal s’abat sur lui. Pangloss enseigne ainsi à Candide, et à qui veut bien l’entendre, que les êtres humains vivent dans “le meilleur des mondes possibles”, ce qui au regard des évènements funestes qui vont s’abattre sur les personnages, paraît risible, et constituent une forme d’aveuglement théorique. Mais dans le système philosophique de l’optimisme, les êtres humains perçoivent le mal comme mal parce qu’ils ne comprennent pas la force qui gouverne le monde et ne comprennent pas que le mal existe pour un bien plus grand, bien qu’ils ne le perçoivent pas.

A travers cette critique, Voltaire est un digne représentant des Lumières, cherchant à rationaliser tous les processus humains, à faire reculer la superstition et l’irrationnel.

2 Responses

  1. Sylvain Foulquier says:

    Leibniz a bâti sa philosophie sur l’idée que Dieu existe, or il ne s’agit que d’une croyance et on ne peut rien bâtir de solide philosophiquement sur une simple croyance. Une fois ce point établi, toute la philosophie de Leibniz s’écroule comme un château de cartes. On peut néanmoins parfaitement croire en Dieu (et Voltaire était lui-même déiste) mais imaginer ce monde comme le reflet de la sagesse divine est une aberration reposant sur le déni de réalité.

23/10/2012

[…] instruit par Voltaire (dans Candide) sur sa prétendue candeur ou son optimisme béat. “Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes” serait ainsi le résumé de la philosophie de […]

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