Bergson : Le Rire
Bergson et le rire : Une approche fonctionnaliste
Que signifie le rire ? Henri Bergson commence son travail sur le rire avec cette question simple et générale. Son intention est d’analyser les choses qui nous font rire, afin de savoir pourquoi et comment elles nous font rire.
Bergson limites de son champ avec trois observations sur la comédie et le rire :
- La Comédie est nécessairement humaine : nous rions des personnes ou les choses qu’elles font
- Le rire est purement cérébral : être capable de rire exige une attitude détachée, une distance émotionnelle par rapport à l’objet du rire
- Le rire a une fonction sociale
Ces observations sont peut-être controversées, mais ils nous aident à comprendre au moins ce genre de rire et ce genre de comédie dont Bergson parle. La troisième observation est particulièrement intéressante philosophiquement :
” Pour comprendre le rire, il nous faut le remettre dans son environnement naturel, qui est la société, et surtout, nous devons déterminer son utilité, qui est sociale. Telle sera l’idée directrice de toutes nos investigations. Le rire doit répondre à certaines exigences de la vie en commun. Il doit avoir une signification sociale ”
Les relations logiques ne nous font pas rire en elles-mêmes, il y a un processus qui commence par l’observation d’une absurdité et finit en rire. Contrairement à certains (Freud notamment, qui reliait les blagues à l’inconscient), Bergson ne veut pas donner une explication psychologique ou psychanalytique au rire. Bergson explique plutôt le rire en termes fonctionnalistes : le rire est un «geste social», une fonction avec une utilité spécifique dans la société. Dans le dernier chapitre, Bergson fait la remarque suivante :
” Comme les électricités contraires s’attirent et s’accumulent entre les deux plaques du condensateur à partir de laquelle l’étincelle va présentement éclairer, ainsi le rire rapprochent les gens, attractions et répulsions, suivie par une perte totale de l’équilibre, en un mot, par cette électrification de l’âme connue comme la passion. Si l’homme à cédé à l’impulsion de ses sentiments naturels, ces explosions de sentiments violents seraient la règle ordinaire de la vie. Mais l’utilité exige que ces débordements doivent être prévus et évités. L’homme doit vivre en société, et par conséquent se soumettre à des règles ”
La société est le produit d’une sorte d’évolution : l’histoire de l’humanité semble mené vers une vie sociale plus paisible, dominée par le contrôle de nos réflexes antisociaux. Le drame est de nous laisser apercevoir l’intérieur de nous-mêmes, ce que nous serions sans la société, notre nature cachée. La Comédie sert ainsi la société en soulignant nos tendances antisociales et nous invitant à rire d’elles, ce qui nous encourage à les corriger.
Bergson et le comique : Une fonction sociale
« Quelque chose de mécanique dans quelque chose de vivant » C’est ainsi que Bergson définit le comique. Ce «quelque chose de vivant»se présente à nous comme une évolution dans le temps et une complexité dans l’espace”. Telle est la thèse principale de l’oeuvre sous une forme compacte et abstraite. L’argument est difficile à résumer, tentons de le simplifier.
Le rire sert de correctif. Il est une des institutions qui permettent aux gens de vivre dans la société. Il y a beaucoup de différents types de traits antisociaux et de comportement, et nous ne rions que de certains d’entre eux. Nous rions des gens quand ils se comportent d’une manière qui donne l’apparence d’un mécanisme simple. Ordinairement nous attendons des gens qu’ils observent ce qui se passe autour d’eux et qu’ils adaptent leur comportement en conséquence. Quand quelqu’un déroge à cela, on rit de lui. Le rire sonne comme un rappel à l’ordre social : “ Sa fonction est d’intimider en humiliant.”
Dans le dernier chapitre, Bergson écrit sur le comique de caractère au théâtre. Le rire est incompatible avec la sympathie, donc l’auteur comique doit empêcher les spectateurs d’un sentiment de sympathie envers les personnages. Il y a trois choses sont nécessaires pour atteindre cet objectif. D’abord le trait risible. Deuxièmement, le trait doit être exprimée par des gestes au lieu d’actions. Troisièmement, et pour résumer, le personnage comique se comporte automatiquement, distraitement. La faute en lui est comme un interrupteur que les circonstances externes peuvent déclencher. Quel est donc le trait de caractère le plus risible? La Vanité :
“il n’y a probablement pas un seul défaut plus superficiel ou plus profond. Les blessures qu’il reçoit ne sont jamais très grave, et pourtant ils sont rarement guéris. Il est à peine un vice, et pourtant tous les vices sont entraînés dans son orbite et, à mesure qu’ils deviennent plus raffinés et artificiels. Elle est encore plus naturelle, plus universellement innée que l’égoïsme, car l’égoïsme peut être conquise par la nature, alors que seulement par la réflexion que ne nous obtenons le meilleur de la vanité.”
D’un point de vue éthique, le rire n’est guère innocent. Les critères qu’il utilise pour choisir ses victimes ne sont pas des critères moraux. Le rire est «tout simplement le résultat d’un mécanisme mis en place en nous par la nature ou, ce qui est presque la même chose, par notre connaissance de la vie sociale. Il n’a pas le temps de regarder où il frappe. Et parfois, les coups qu’il porte sont douloureux.
Vos recherches de Philosophie les plus populaires
- le rire bergson
- le rire
- rire
- bergson le rire explication de texte
- rire de bergson
- bergson et le rire
- le rire bergson résumé
- le rire de bergson résumé
- bergson rire
- le rire chez bergson



[...] Bergson et le Rire [...]
[...] Le rire chez Bergson [...]