Céline : Voyage au bout de la nuit (Résumé)


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voyage au bout de la nuit

Le Voyage au bout de la nuit, un roman initiatique de Louis-Ferdinand Céline

Le Voyage au bout de la Nuit est le premier et le plus célèbre roman de Louis-Ferdinand Céline. Au-delà de la révolution stylistique apportée par Céline, il s’agit d’un roman initiatique dans lequel Bardamu, le héros, va apprendre la misère et le vide de l’existence.

Résumé du Voyage au bout de la Nuit de Céline

Bardamu s’engage dans l’armée par hasard et découvre l’horreur de la première guerre mondiale, mais se lie d’amitié avec Robinson, son frère d’arme. Blessé, puis réformé, il fréquente quelques femmes de basse condition (Lola, Musyne) puis quitte la France pour l’Afrique. Là, il constate la brutalité de la vie coloniale. Bardamu contracte une maladie tropicale et est transporté en bateau jusq’aux Etats-Unis. Il visite New-York, puis Detroit où il est engagé comme ouvrier chez Ford. La découverte de la vie ouvrière ne l’empêche pas de se lier temporairement à Molly, une prostituée. Mais il rentre en France pour y devenir médecin à Drancy, une ville pauvre. Là, il découvre le quotidien misérable, la mort et la cupidité. Lassé des patients, il s’engage dans une troupe de music-hall tandis que Robinson, qui a rencontré une femme (Madelon), devient aveugle. Il revient à Paris pour travailler dans un hôpital psychiatrique. Le docteur Baryton, qui dirige l’établissement, devient fou. Bardamu dirigera l’hôpital en intérim. Robinson sera tué par sa maîtresse, laissant Bardamu seul.

Analyse du Voyage au bout de la Nuit de Céline

Le Voyage décrit l’errance métaphysique des hommes, condamnés à l’absurdité de l’existence et victimes la folie des hommes. Profondément misanthrope et nihiliste, la thèse du roman peut être résumé comme ceci : l’homme n’a pas de lieu de confort, la vie, sous la forme de la métaphore du voyage qui ne finit jamais, est inutile. La quotidienneté est l’horizon indépassable de l’existence.

Céline passe en revue et détruit toutes les illusions humaines : la nation, le progrès technique, l’ordre, l’amour.

Céline et la Guerre

La nation, et sa passion le nationalisme, provoque la guerre, dans laquelle les hommes s’entretuent. Le Voyage est de ce point de vue un plaidoyer pour le pacifisme. Bardamu oppose la lachêté à l’esprit d’héroïsme. A travers la lâcheté, c’est l’instinct de survie qui s’exprime.

La hiérarchie militaire est également brocardée : les supérieurs sont présentés comme pire que l’ennemi lui-même.

Céline et la Subjectivité

Céline présente une conception du sujet fondée sur la subjectivité. Les hommes sont spectateurs de leur propre vie : Bardamu s’engage dans la guerre sans le savoir, quitte l’afrique dans un état de folie, dirige un hôpital psychiatrique sans le vouloir, …  les hommes sont ballotés par la vie, sans pouvoir en prendre le contrôle. Cette vision d’une subjectivité affectée prend sa source chez les cartésiens, notamment Malebranche (occasionalisme) et Leibniz (monade)

Céline et le Colonialisme

L’épisode africain témoigne de l’anticolonialisme de Céline. Il y a décrit une domination sauvage des colons sur les locaux. Il peint le monde colonial comme un monde pourri, gangrené par l’alcoolisme et les coups bas, entre colons et entre colons et autochtones. La soi-disant civilisation apportée par l’occident n’est qu’un mensonge. Cette critique sera notamment reprise par Sartre dans sa préface aux Damnés de la Terre de Fanon.

Céline et le Capitalisme

La critique du capitalisme intervient lors de l’épisode américain. Bardamu est embauché dans une des usines Ford. Là, il découvre la condition abrutissante du travail à la chaîne. Rappelant certaines pages du Capital de Marx, Céline s’insurge contre la déshumanisation de la vie ouvrière, montrant de quelle manière l’abondance du capitalisme se construit sur la misère des travailleurs.

Conclusion de notre analyse :

Le Voyage au bout de la Nuit est donc le récit de la misère humaine, sociale, psychologique et métaphysique, que Bardamu rencontre partout où il va, depuis les tranchées de la Grande Guerre jusqu’à l’hôpital psychiatrique. De ce voyage, Bardamu ne rapportera pas grand-chose, hormis le constat de la pourriture de l’existence.

 

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