Propos sur la guerre, ou la fabrique d’une illusion – Tribune

Macron, un président en guerre contre le coronavirus

Introduction

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».

Cet avertissement d’Albert Camus n’aura pas suffi à empêcher le gouvernement français de se laisser aller, une fois de plus, à des propos captieux. En martelant à plusieurs reprises que le pays est en guerre, nos politiques ont en effet pris le parti d’altérer subtilement la réalité de la crise sanitaire qui sévit actuellement à travers le globe, afin de continuer à écrire les pages du roman national qui leur est si cher. Certes, il peut paraitre opportun d’employer un champ lexical martial pour faire prendre la mesure de la gravité d’une situation qui, sous certains aspects, s’y apparente. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit là d’un discours de nature à éloigner l’imaginaire collectif d’une réalité autonome, au risque de dévoyer un peu plus les réflexions qui seront nécessaires, une fois l’épidémie endiguée, à l’émergence de nouvelles structures sociétales moins fragiles. En guise de prolégomènes à celles-ci, ce texte se propose donc de réfléchir à l’influence de ces propos trompeurs sur les constructions sociales qui s’en dégagent, afin d’essayer de parvenir à mieux discerner les tenants et les aboutissants de l’épisode actuel.

Entrée dans l’illusion collective

“Situation conflictuelle entre deux ou plusieurs pays, états, groupes sociaux, individus, avec ou sans lutte armée”. Le dictionnaire est formel, et donne de la guerre une définition qui renvoie à des rapports proprement humains, plus précisément à une situation dans laquelle au moins deux parties adverses tentent volontairement d’imposer un rapport de domination de l’une sur la ou les autres, quelles qu’en soient les conséquences. Or, c’est justement ce caractère conscient qui manque au virus qui se propage actuellement pour que nous puissions le qualifier d’ennemi. Car ce dernier ne répond qu’à une bio-logique, c’est-à-dire à des mécanismes naturels qui ne s’apparentent en aucune façon à une quelconque volonté de nuire à l’espèce humaine. Personne n’imagine le Covid-19 retranché avec son état-major en train de peaufiner sa stratégie d’attaque en riposte aux mesures de protections sanitaires qui sont actuellement mises en place. Et peu importe que nous l’affublions de l’étiquette d’ennemi par besoin rhétorique, il demeure hautement improbable que ce dernier finisse par prendre acte de notre déclaration de guerre. En optant pour ce discours, nous sommes donc en train de créer une illusion collective. Cette technique, analyse Clément Rosset, constitue la forme de négation du réel la plus commune, et consiste à faire d’une chose deux. En l’occurrence, il s’agit de percevoir correctement le réel – ici la crise sanitaire qui nous touche actuellement – mais d’en tirer des conclusions illusoires – ici que nous serions désormais en guerre contre un ennemi commun qui cherche à nous décimer coûte que coûte. Si nous recourons à ce procédé, c’est qu’il n’y a

« rien de plus fragile que la faculté humaine d’admettre la réalité, d’accepter sans réserves l’impérieuse prérogative du réel »,

écrivait le philosophe. Car la singularité du réel lui confère une force particulière, un caractère inébranlable qui s’oppose parfois aux desseins des hommes, alors incapables de s’en accommoder. Ici, il semble donc que le contraste grandissant entre les insouciantes sorties dominicales qui écumaient encore la France récemment, et l’amorce exponentielle des statistiques médicales, décida le gouvernement à recourir à l’hyperbole afin de catalyser la prise de conscience collective souhaitée. C’est que nous accordons au réel un certain degré de tolérance, « que chacun peut suspendre à son gré, sitôt que les circonstances l’exigent. »

Psychologie des foules

Au regard des circonstances justement, l’exécutif a décrété tour à tour une série de restrictions sociales, à une vitesse peut être plus fulgurante que celle de propagation de la maladie. De la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires au confinement de toute la population n’étant pas impliquée dans une activité de production essentielle à la continuité de la nation en seulement quelques jours, ces mesures ont été rapidement et largement appliquées par nos concitoyens sous l’effet des témoignages chaotiques en provenance de nos voisins espagnols et italiens. Celles-ci ont également été saluées par la communauté scientifique qui alertait quant à leur urgence depuis plusieurs jours, face à des projections statistiques pessimistes ainsi qu’aux premières saturations des services de prises en charge des patients. Ainsi, d’aucuns jugeront que nos décideurs ont fait montre de pragmatisme eu égard à l’importance de la situation. Car si nous ne sommes pas face à une guerre traditionnelle, avec armes et soldats, cela serait néanmoins tout comme une guerre lorsqu’il s’agit de dresser un triste bilan sépulcral. Rappelons qu’avant d’entrer dans le langage courant pour désigner une personne soucieuse de l’efficacité immédiate de ses actions, le pragmatisme est un courant philosophique qui pose que le sens d’une expression réside dans l’ensemble de ses conséquences pratiques. Et de fait, si le vocabulaire belliqueux employé par le président de la république dans son intervention du 16 mars dernier a entrainé le sérieux requis, elle a également semé un vent de panique sur l’hexagone, entrainant des pénuries sur certaines denrées de base, des vols de masques sanitaires et de solutions hydroalcooliques, ou encore une multiplication des droits de retrait d’employés dont l’activité professionnelle n’est pas compatible avec le confinement.

Le souci avec les paroles prononcées devant des millions d’individus, a fortiori lorsque ceux-ci sont en proie à leurs passions, c’est que leur sens échappe aussitôt à celui qui les prononce et qu’il en émerge spontanément un nouveau à travers les multiples interprétations collectives. D’où la primordialité de ne pas travestir la réalité, en l’occurrence de ne pas franchir la limite entre « c’est comme une guerre » et « c’est une guerre ». Senatores boni viri senatus autem bestia, cette dérive a donc enfermé l’ensemble de nos dirigeants dans une posture péremptoire et, passées les tergiversations des premières consignes, les a poussés à accentuer drastiquement les injonctions restrictives.

Premier visé, le droit de sortir faire du sport a par exemple très vite été cantonné à des déplacements brefs et dans une limite géographique de deux kilomètres par rapport à son domicile, faute de quoi il sera sanctionné d’une contravention passée de 38 à 135€ en l’espace de vingt-quatre heures. Pire, toute activité susceptible d’entrainer quelque blessure que ce soit est à présent fortement déconseillée, ceci afin de ne pas engorger les services de santé. Le discours officiel est dorénavant aussi limpide que dystopique, ceux dont la production est vitale sont priés de mettre leurs états d’âme en suspens et de se montrer à la hauteur de l’évènement, tandis que les autres sont invités à vivre en ermites dans l’attente de jours meilleurs. Pendant ce temps, la frénésie médiatique participe, une fois n’est pas coutume, à cliver le débat, et deux camps sont actuellement en train de naitre.

D’un côté, ceux qui respectent avec acribie les règles édictées, de l’autre les dissidents qui maintiennent de futiles sorties malgré les innombrables invitations à rester chez soi. Qu’il s’agisse de récits personnels de malades en rémission, de déclarations abasourdies de personnels soignants, ou encore de supplications agacées de célébrités peut-être trop à l’étroit dans leurs spacieuses villas, tous fustigent l’irresponsabilité de ceux dont l’individualisme entrave l’effort collectif à sauver des vies, et risque d’imposer la prolongation de cet état de fait plus longtemps que nécessaire. Si le pays a déjà connu nombreuses oppositions ces derniers temps, de la crise des gilets jaunes aux grèves contre la réforme des retraites, en passant par de nombreuses manifestations écologiques, celle-ci est d’autant plus dangereuse que peu nombreux sont aujourd’hui ceux qui ont ici la possibilité d’aller vérifier par eux-mêmes la vraisemblance des informations qui leurs sont rapportées en masse par les médias comme sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, d’abord annoncé comme aussi exceptionnel que bref, rien ne garantit que le passage liberticide que nous vivons actuellement ne s’étale pas dans le temps.

D’ores et déjà, le gouvernement laisse entendre qu’il est pratiquement assuré qu’il nous faille le prolonger à nouveau de quinze jours. Côté scientifique, dont l’avis est maintenant préalable à toute décision, la directrice générale de l’agence sanitaire Santé publique France rapporte que l’inversion de la courbe épidémiologique n’interviendra pas avant mi-mai voire fin mai, et qu’il sera donc possiblement nécessaire de maintenir le confinement jusqu’à cette période afin d’éviter la réapparition de foyers de contamination. À l’heure où chacun tente de se faire son avis sur le comportement qu’il convient d’adopter, tâchons de ne pas céder à la polarisation qui émerge traditionnellement du débat sur les réseaux sociaux. Plutôt que de nous ancrer dans des convictions stigmatisantes sur ce qui est bon ou mauvais, juste ou injuste, ayons le courage de reconnaitre la fragilité de nos connaissances face à la complexité et au caractère inédit de ce que nous sommes en train de vivre. En outre, restons vigilants, sans devenir cyniques, face aux ordres officiels qui sont pris en urgence sur la base d’éclairages scientifiques dont les contradictions d’étude en étude révèlent la part d’incertitude. Pour reprendre Keynes,

« il est stupéfiant de voir les folies auxquelles quelqu’un peut croire temporairement lorsqu’il pense trop longtemps seul ».

En conclusion de ses réflexions sur l’illusion, Clément Rosset nous indique que

« l’esquive est toujours une erreur parce que le réel a toujours raison ».

Pis, qu’en tentant de nous protéger de ce dernier par la fabrication d’un double, nous manquons de « reconnaitre dans le double protecteur le réel même dont on croyait s’être gardé ». En l’absence de cette vie sociale si capitale à la confrontation des idées, et pendant que les villes se mettent à instaurer des couvre-feux et que l’armée est désormais déployée dans la lutte, prenons plutôt garde à ce que l’illusion qui se répand et qui veut que nous soyons désormais en guerre ne prenne le dessus sur la réalité.

Retour au réel

La réalité, revenons-y finalement. Tandis que le monde entier continue de spéculer de façon hasardeuse sur les moyens idoines à prendre pour stopper la pandémie, les premiers retours empiriques nous parviennent quant aux conséquences de celle-ci. En Italie, l’institut supérieur de santé a rendu-compte de l’analyse des dossiers des 2 000 premiers décès dus au Covid-19. Résultat, le profil type des victimes est un homme de 79,5 ans présentant une ou plusieurs pathologies antérieures (lien en italien). Dans un pays où l’espérance de vie pour ces messieurs est de 80,6 ans6. Entendons-nous bien, il n’est ici aucunement question de balayer la tristesse idiosyncratique de ceux qui ont perdu un proche, ni même de faire passer l’incroyable débauche d’énergie qui se déroule en ce moment dans les hôpitaux pour une vétille. Cependant, n’est-il pas envisageable de questionner quelques postulats philosophiques de notre société, comme notre aversion contemporaine pour le risque ou notre rapport à la mort ? Plus précisément, à force des progrès de la médecine qui ont vu l’espérance de vie nettement progresser en l’espace de quelques décennies, ne finirions-nous pas par nous penser audessus des lois naturelles ?

Récemment, un médecin déclarait dans une conférence TED que toute mort avant 120 ans est une mort prématurée ! Ainsi, notre effroi devant l’engorgement macabre des services de réanimation n’est-il peut-être que le scotome d’une réalité rampante qui s’est développée ces dernières années, celle d’une population occidentale vieillissante, maintenue en vie presque artificiellement sous le joug de l’industrie pharmaceutique. Celle également, d’une population mondiale victime des excès de son mode de vie, en matière d’alimentation, de qualité de l’air, de stress, et autres maux silencieux auxquels nous nous étions habitués, mais dont les effets néfastes sont mis en lumière comme autant de facteurs aggravants pour ceux qui sont exposés au coronavirus. Dans son allocution du 16 mars, le président de la république avait annoncé que nos certitudes seraient chamboulées, que les piliers de notre société seraient réinterrogés, que des décisions de ruptures seraient prises. Pour l’heure, il n’en est rien.

Au contraire, ces réflexions fondamentales sont passées sous silence au profit du renforcement d’une idéologie dominante, celle que toute vie doit être sauvée quoi qu’il en coûte. Mais pas n’importe quelles vies, uniquement celles des malades touchés par l’épidémie actuelle. Pour assurer cela, des mythes se créent, souvent en dépit de toute preuve rigoureuse. Celui qui voudrait que le taux de mortalité oscille entre 3 et 15% alors que seule une infime partie des êtres humains est réellement testée. Celui qui voudrait que tout le monde soit vulnérable alors qu’en Italie, seuls cinq décès sont dénombrés parmi des personnes de moins de 40 ans, toutes de sexe masculin, avec de graves pathologies précédentes. Celui qui voudrait que les jeunes soient les principaux vecteurs de contamination, alors que les dernières études infectiologiques montreraient qu’ils sont au contraire très peu porteurs et contaminateurs. Ou encore celui, encore plus absurde, qui voudrait qu’il vaille mieux éradiquer le virus avant qu’il n’ait la possibilité de muter et de devenir plus mortel. Au point où nous en sommes, pourquoi ne pas décréter qu’il vaut mieux sortir de nouveau profiter de la vie, des fois qu’un trou noir risque d’engloutir la Terre le mois prochain ? Après tout, s’il s’agit d’anticiper avec fantaisie tous les scénarios catastrophes, allons-y franchement. Avant de prendre des décisions radicales, et encore plus d’en faire un motif de moralisation, étudions toutes leurs conséquences, calmement, sereinement. Tandis que nous mettons plus que jamais tout en œuvre pour garantir aux individus à la santé la plus fragile leur espérance de vie maximale, d’autres ne connaissent et ne connaitront pas un traitement aussi favorable. En l’occurrence, il est estimé qu’environ 13 000 suicides recensés en Europe et aux États-Unis sont imputables à la crise économique de 2008. Or, les mesures économiques qui ont d’ores et déjà été prises en anticipation de celles qui nous attendent au sortir de la pandémie sont déjà plus importantes qu’il y a dix ans. Par ailleurs, chaque année, des centaines de marginaux décèdent en France dus à leur fragilité économique – 612 en 2018, en France, qui avaient, eux, en moyenne moins de 50 ans.

Ironie du sort, et tandis que le printemps devrait nous permettre de profiter de jours ensoleillés, ces derniers qui vivent d’ordinaire dehors dans l’indifférence générale, vont aujourd’hui devoir rester cloitrés dans d’étroites chambres d’hôtel enfin réquisitionnées pour l’occasion malgré des demandes pourtant formulées chaque hiver. Il faut oser le mantra « une vie est une vie » quand la fragilité sociale n’est finalement qu’un ersatz de la fragilité sanitaire. Mettra-t-on, une fois la vie sociale repartie, autant d’ardeur à secourir tous les plus précaires, sans exception ? Et si finalement les élans de solidarité actuels n’étaient qu’un hypocrite prétexte que nous aurions trouvé pour nous redonner bonne conscience après des années de culpabilisation quant à notre indifférence face aux problèmes écologiques, économiques, ou encore de surconsommation ? Nous avons évolué, ces dernières années, dans une société percluse par les inégalités de richesse, dans laquelle 1% de la population compte autant que les 99% restants. Sommes-nous prêts à imposer ce même rapport d’inégalité transposé au domaine de la santé ?

Conclusion

Dans l’antiquité grecque, le sophiste Protagoras avançait que « l’homme est la mesure de toute chose ». En installant l’illusion que le pays est en guerre, nos politiques revisitent doublement ce message.

    • D’abord en instillant dans l’esprit des gens que l’homme peut déclarer la guerre à tout ce qu’il veut, y compris à un virus, au mépris de toute réalité naturelle.
    • Ensuite, en renforçant la sacralisation de la vie humaine, tout du moins celle des malades du Covid-19, là encore au mépris de toute réalité naturelle. En usant de ce procédé, nous fuyons une réalité à laquelle nous reviendrons forcément, et dont le retour de bâton sera d’autant plus sévère que l’illusion sera collective. Une autre voie est possible, celle d’une vraie solidarité. D’une solidarité réaliste eu égard à l’ampleur factuelle de l’épidémie mais aussi à toutes les externalités entrainées par les mesures prises pour la combattre.

D’une solidarité non imposée, qui sensibilise au lieu de vilipender, qui est basée sur l’empathie pour tous et non pas pour une poignée. Bien sûr, comme toujours, il y aura des personnes insouciantes, des personnes égoïstes, voire même des personnes qui tenteront de profiter de la situation, mais il y en a probablement eu lors de chaque crise que l’histoire humaine a connue, et pourtant elle continue de s’écrire. En revanche, les véritables guerres qui pavent cette même histoire sont chaque fois plus meurtrières, eu égard à la sophistication des technologies de combat. Assurons-nous que notre décision de faire de cette épidémie une guerre, ne finisse à terme par provoquer plus de morts qu’elle n’en aurait fait si nous l’avions traitée comme une crise. La fleur qui s’épanouit dans l’adversité est la plus rare et la plus belle de toutes. Gageons donc que celle qui s’apprête à éclore de cet épisode ait des allures d’olivier plutôt que de bleuets.

Matthieu Daviaud Estelle Labbé

1 Comment

  • Merci pour votre billet, puisse ces pistes de réflexion émerger et se propager d’avantage.

    “Mal nommer les choses” est un acte involontaire découlant de l’ignorance, le faire sciemment ne peut avoir d’autre but que la manipulation, et l’influence insidieuse de celui qui vous lit ou vous écoute. Plus vous exercez une fonction législative, plus la déontologie revêt de son importance. Aussi la responsabilité morale et éthique, n’est pas du tout la même que dans le premier cas.
    Il s’agit bien évidement du “novlangue” évoqué dans 1984.

    Un Président de la République n’est pas n’importe quel personnage, et ce au delà même du protocole diplomatique inhérent à ses fonctions de représentativité de la nation.
    De plus, il est précisément, en tant que chef des armées, le seul habilité à déclarer la guerre, ce qui lui interdit toute figure de style à ce propos. D’un point de vue littéraire cela n’a rien d’une métaphore. C’est surtout un procédé falacieux, et grave.

    Nous ne sommes pas dans un troquet.
    Que Macron dise à ses ministres dans un cadre privé “nous sommes en guerre”, soit.
    Mais si le Président dit dans un communiqué officiel “nous sommes en guerre”, moi citoyen suis en droit de lui demander contre quelle nation ou pays nous sommes en guerre?

    Nous ne sommes pas en guerre, nous sommes dans une situation de crise sanitaire importante.

    J’entend ma grand mère s’agacer devant sa télé, elle qui a fuit la percée de la Wermacht dans les Ardennes avec quelques affaires dans une carriole, et dont le mari, prisonnier en Allemagne, mangera des épluchure de patates pendant des années:

    “Quand tu entendras le vrombissement des stuka lachant des obus de 70 kg sur ton village, tu pourras dire que c’est la guerre. Quand tu devras courrir de toute tes forces tête baissée chaque fois que tu vas chercher du pain pour éviter les tirs de sniper, et quand tu sentiras le sol trember sous les chenilles d’une panzerdivision, alors là, tu pourras dire que c’est la guerre”

    Pour aller droit au but, lorsqu’on vous dit que c’est la guerre alors que ça ne l’est pas, c’est qu’on vous prépare au fait qu’on va vous prendre vos sous et vos libertés de force.
    Ils nous signifient qu’il est désormais “légitime” pour eux, d’abolir le droit habituel au profit d’un système de type martial, et de tout ce qu’il autorise.

    On a eu un précédent il y a quelques années à peine, lors de la vagues des attentas terroristes.
    On nous rabachait à qui mieux mieux dans les médias que “ça y’est nous sommes en guerres”, “c’est la guerre, “nous devons désormais apprendre à vivre dans un état de guerre permanent et inéluctable”. Ah bon? Résultats: abolition des droits individuels, fichage S, perquisitions sans mandats.. couvre feux, prélévement de facto d’un impôt contre le terrosrisme par le biais des assurances logement etc. etc.
    Bien sur comme d’habitude tout le monde s’éxécute gentiment, et ceux qui ont l’outrecuidance de ne pas le faire sont vraiment des terroristes.. qui seront traités comme tel. On se fait même un devoir de relayer le message, et lorsqu’ils postent triomphalement sur internet “restez chez vous” ils ont même l’impression de sauver des vies! Aaaah l’intériorisation de la norme de ce cher Fouquault… Cette seconde phase de test est décidément un franc succès.

    Quid de la prison ferme des contrevanants quand les prisons sont déjà au bord de l’explosion?
    Quid des hélicoptères de l’armée pistant par infra rouge le promeneur solitaire dans les bois? (maintenance, kérosène, un hélicoptère militaire c’est environ 2000euros/demi heure de vol)
    Il ne faudrait surtout pas qu’il transmette le virus à un arbre ou une fougère, pendant qu’on s’entasse tous les matins dans le métro parisien.
    Lister l’incohérence et l’innefficacité des décisions prises serait long et fastidieux, aussi vais-je plutôt conclure par une note humoristique, et véridique:

    Vous savez comment la police française appelle l’explosion des pétards et petites fusées que les enfants achètent à la foirfouille? :

    Un tir de mortier!

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