Philosophie du Droit (Hegel)


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Résumé de La Philosophie du droit

Hegel et la naissance du droit moderne ou la rationalisation de l’Etat

Les Principes de la philosophie du Droit, issus des notes de cours de Hegel, est un ouvrage majeur non seulement pour la philosophie du droit, mais surtout pour la théorie politique, sociale et morale, tant l’étendue couverte par Hegel dépasse son sujet initial.

Le livre est divisé en trois parties :

  • le droit abstrait,
  • la moralité,
  • la vie éthique.

Hegel s’intéresse au droit car la loi désigne selon lui l’aboutissement de la raison dans le réel, l’effectuation de la rationalité (à l’instar, dans l’esthétique, du romantisme)

Résumé des livres 1 & 2 de la Philosophie du Droit : le Droit abstrait et la Moralité

Le fondement de droits individuels réside dans la propriété. La propriété n’est pas seulement matérielle, elle est au coeur de l’identité de l’individu et de sa personnalité. La propriété est une expression du soi. La propriété est le “mode de réalisation de la personnalité”, dit Hegel. Le système de la propriété privée établit l’individualité et la personnalité par le biais du contrat et de l’échange. Le Contrat établit la propriété à travers des normes institutionnalisées de respect mutuel des droits et obligations individuels. La vie économique régie par le libre échange des produits est basée sur une notion institutionnalisée de l’individu comme ayant une certaine prétention à la reconnaissance. Tout marché doit reconnaître ces normes pour être efficace.

Le concept des droits individuels formant une volonté commune est un concept abstrait. L’individu sous-tendu est un individu universel, sans traits particuliers et sans référence à un’environnement social ou culturel. Ainsi, les droits établis par la propriété privée et l’échange sont “droits abstraits”, associés à des sujets universels. Le système de reconnaissance mutuelle et le droit abstrait est à la base de ce que Hegel appelle la morale. La morale est essentiellement le côté subjectif des obligations réciproques social institutionnalisées dans les contrats et le marché économique. La moralité est cependant un idéal abstrait, une vision du bien fondée sur la reconnaissance mutuelle des droits. Les gens sont moralement motivés par la défense les droits universels des individus.

Analyse de l’oeuvre

Dans les Principes de la philosophie du Droit, Hegel tente de fusionner divers éléments de sa philosophie. Il retrace une conception moderne de l’individualité et de l’individu comme porteur de droits dans le cadre d’institutions sociales, économiques et politiques modernes. Il décrit également comment cette notion moderne de l’individu repose cependant sur l’aliénation de l’individu au profit du collectif. Hegel remet aussi en cause la tradition « naturaliste » (Locke notamment) qui croit que l’Etat doit transposer et garantir les droits naturels inaliénables des individus. Pour Locke et les naturalistes, le social est simplement le résultat d’un contrat entre des individus autonomes pour garantir le respect des droits de chacun.  Chez Hegel, la liberté est instituée par le politique.

Résumé des livres 1 & 2 de la Philosophie du Droit : la vie éthique

La morale, qui repose sur le respect mutuel des individus pour leurs droits réciproques, est incluse chez Hegel dans un phénomène plus large : la vie éthique. La vie éthique est un système de normes et de mœurs associés à un corps social. Si la morale vise la transformation des individus (elle est un devoir-être), la vie éthique est simplement ce qui est, l’ensemble des activités quotidiennes des individus. La vie éthique est présente dans les trois niveaux importants de la vie sociale. Dans sa forme la plus élémentaire, la vie éthique est présente dans la famille et trouve son expression dans les émotions telles que l’amour et l’altruisme. Dans la société civile, une sphère d’interaction sociale, elle correspond à la vie économique ou «système des besoins ». Dans la société civile, les individus se présentent en tant que porteurs de droits abstraits, comme des propriétaires de biens et des détenteurs de droits légaux. Dans la société civile, les individus se rapportent les uns aux autres en termes universels.

Après la société civile et de la famille, le troisième moment et le plus élevé de la vie éthique est l’Etat. L’État est le moyen par lequel les individus intégré leur rôle dans la vie éthique de la société, en tant que parties d’un ensemble plus vaste. L’Etat exprime chez Hegel la raison et son accomplissement dans l’histoire.

Analyse de l’œuvre :

Les Principes de la philosophie du Droit ont assurément marqué la tradition juridique et philosophique. Mais on peut reprocher à Hegel la dérive étatiste de sa conception de l’Etat, dans la mesure où l’Etat est au cœur de la société, la régi jusque dans la société civile. L’Etat hégélien oublie l’avertissement de Tocqueville sur l’Etat tutélaire même s’il veut empêcher l’individu de tomber dans ses penchants égoïstes, peut être source d’aliénation. Ce débat sera repris au XXème avec succès par John Rawls, lequel a permis de repenser les rapports entre individu, société et Etat.

Pour aller plus loin sur Hegel :

La philosophie de Hegel

La Phénoménologie de l’Esprit

Citations de Hegel

L’esthétique de Hegel

La philosophie de l’histoire chez Hegel

La dialectique 

La relation maître/esclave 

 


1 Response

  1. 04/10/2012

    […] –          Principes de la philosophie du droit (1821) […]

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