Le positivisme d’Auguste Comte

Auguste Comte

Science et philosophie de l’Humanité

Comte est le fondateur du positivisme, doctrine selon laquelle l’esprit humain ne peut atteindre l’essence des choses et doit renoncer à l’absolu : cette conception a eu une influence majeure jusqu’à notre époque. On appelle aussi scientisme cette philosophie qui fait primer les limites de la raison sur la métaphysique : l’homme doit se borner à ce qu’il peut savoir de manière certaine, grâce à la science. Le scientisme repose en fait grandement sur la philosophie critique de Kant, qui refuse à l’homme toute prétention métaphysique.

Comte, le positivisme et la loi des trois états :

Aux yeux d’Auguste Comte, la connaissance ne saurait dépasser la sphère des lois scientifiques. Aussi la philosophie positive, expression par laquelle Comte désigne sa conception, se définit-elle comme une discipline ayant pour objet la coordination des faits observés, sans nulle prétention à aller au-delà des acquisitions de la science expérimentale.

-          Toute investigation portant sur l’essence du réel se trouve ainsi exclue du champ de recherche.

-          Cette philosophie positive d’Auguste Comte porte aussi le nom de positivisme, terme aujourd’hui répandu dans la langue courante, mais qui, chez Auguste Comte, désigne stricto sensu, la conception selon laquelle l’esprit humain ne saurait atteindre le fond des choses et doit se borner à la seule recherche des lois de la nature, conçues comme des relation s invariables de succession et de similitude.

Le positivisme repose lui-même sur la loi des trois états :

-          L’esprit humain passe d’abord, selon Auguste Comte, par l’état théologique, mode d’explication par des agents détenant une volonté (ex : Zeus exercerait des interventions rendant compte des anomalies apparentes de l’univers)

-         puis par l’état métaphysique, croyance en des entités ou des abstractions (la vertu dormitive de l’opium, par exemple)

-         l’état positif, caractérisé par l’abandon du « pourquoi » et le seul attachement au « comment », à la recherche des lois effectives gouvernant les phénomènes.

Ce terme de positif désigne ainsi, chez Auguste Comte, ce qui est utile, réel et palpable, par opposition à ce qui est fictif, chimérique ou imaginaire.

Telle est la « loi des trois états », conçue comme la grande loi permettant d’unifier l’évolution de l’humanité. Cette loi, qui concerne l’espèce humaine, dans sa démarche vers le stade positif, apparaît également vraie dans le développement de chaque individu : si l’enfant croit aux agents surnaturels, l’adolescent est métaphysicien et l’adulte accède enfin à la positivité.

Comte et la religion de l’humanité :

L’esprit positif s’attache aux lois de la nature, mais aussi aux phénomènes de liaison sociale. Aux yeux d’Auguste Comte, en effet, l’idée d’individu isolé est une abstraction et la philosophie positive doit exprimer la solidarité sociale.

-          C’est d’ailleurs la sociologie, l’étude des faits sociaux, qui couronne d’édifice des sciences.

-          Auguste Comte est le créateur de ce terme de sociologie, composé du latin socius, associé, et de logos, mot grec qui signifie étude.

-          Ainsi, la sociologie, étude positive de l’ensemble des lois fondamentales propres aux phénomènes sociaux, couronne les disciplines qui ont atteint la positivité, à savoir les mathématiques, l’astronomie, la physique, la chimie et la biologie : elle est la clef de voûte du système Comte.

En résumé, le souci de Comte fut d’achever les conquêtes de l’esprit positif. Ce qui ne l’empêchera nullement d’élaborer un « positivisme religieux », une religion de l’humanité, considérée comme ce grand-être social qui nous dépasse infiniment : selon la formule célèbre, l’Humanité se compose de plus de morts que de vivants.

Oeuvres d’Auguste Comte :

Le Cours de philosophie positive (1830-1842)

Le Discours sur l’esprit positif (1844)

Le Système de politique positive (1851-1854)

 

Pour aller plus loin...

10 Responses

  1. tchuente nganmo gautier says:

    i wont to be one member of franc moçonnerie

  2. La sociologie n’a été la clé de voûte du système de Comte que dans sa “première carrière”, celle du Cours de Philosophie positive. Dans sa “seconde carrière”, celle du Système de politique positive, ce rôle de clé de voûte est tenu par une septième science de la psychologie/morale naturaliste, fondée sur la théorie du cerveau que Comte élabore et qui lui fait découvrir le rôle essentiel de l’affectivité et l’existence d’instincts altruistes innés. Sa religion de l’Humanité ne peut guère se comprendre si on fait l’impasse sur ces derniers développements de sa pensée, qui par ailleurs sont d’un très grande actualité.

    On peut remarquer au passage que si cette septième science a été jusqu’ici victime d’une certaine conspiration du silence, cela
    pourrait bien s’expliquer par… la loi des trois états ! la morale n’aurait-t-elle pas connu son âge métaphysique avec la psychanalyse ? Et celle-ci n’est-elle pas en train de s’effondrer face aux progrès des neurosciences ?

    Voir http://membres.multimania.fr/clotilde/articles/psychoac.xml

  3. CLAIRE says:

    le positivisme est une doctrine qui nie la valeur de la métaphysique, il est aussi contre la philosophie Descarte

  4. brice says:

    le positivisme s’opose a toute métaphysique spéculative.c’est une philosophie qui s’applique éssentielement au fait.

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  1. 27/10/2012

    [...] la philosophie de Comte, qui a fondé le positivisme, la loi des 3 états désigne l’évolution de nos connaissances, [...]

  2. 27/10/2012

    [...] scientisme est un mouvement philosophique issu du positivisme, lequel considère la connaissance scientifique comme la connaissance absolue. Son principe est que [...]

  3. 07/11/2012

    [...] enfin, parmi d’autres écueils menaçant la pensée, le positivisme, qui consiste à exclure les questions ultimes et les plus hautes de la raison, à écarter tout ce [...]

  4. 10/11/2012

    [...] Comte : Le travail est la mise en jeu de toutes les richesses et de toutes les forces naturelles ou artificielles que possède l’Humanité dans le but de satisfaire tous ses besoins (Discours sur l’ensemble du positivisme) [...]

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