Deviens ce que tu es (Nietzsche)

nietzsche surhomme

Nietzsche : Une philosophie du Surhomme

La citationDeviens ce que tu es” fait partie de la vulgate nietzschéenne, comme une sorte de synthèse de sa philosophie. Malgré tout, elle reste au cœur de la pensée de Nietzsche, dans la mesure où elle symbolise sa conception de la subjectivité.

Extraite de Ainsi Parlait Zarathoustra, lequel ayant pour rôle l’annonce du nouvel homme à la populace, la phrase “Deviens ce que tu es”  sous-tend l’idée que l’homme, tel qu’il existe, n’est qu’un brouillon de lui-même, un inachèvement, une ébauche. Nietzsche appelle à l’auto-transcendance, à l’auto-dépassement, bref au surhomme :

La grandeur de l’homme, c’est qu’il est un pont et non une fin

La phrase “Deviens ce que tu es” contient pourtant une contradiction :

– elle est formulée comme une injonction (“deviens” !)

– elle renvoie à la volonté

Autrement dit, l’homme doit se libérer lui-même, en faisant appel à sa volonté, mais ne peut le comprendre seul, il a besoin d’une injonction première, d’un impératif :

Partout où j’ai trouvé du vivant, j’ai trouvé de la volonté de puissance ; et même dans la volonté de celui qui obéit, j’ai trouvé la volonté d’être maître. Et la vie elle-même m’a confié ce secret : “Vois, m’a-t-elle dit, je suis ce qui doit toujours se surmonter soi-même

La signification de l’appel : Deviens ce que tu es

Devenir ce qu’on est, au fond, invite à sortir de la médiocrité (la quotidienneté chez Heidegger), à exercer ce que Nietzsche appelle la Volonté de Puissance, à se transformer en un homme supérieur, un surhomme.

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20 Responses

  1. ibrahim says:

    J’aime bocoup cet article car ça me donne la force de surmonter tous les épreuves du monde

  2. jdb says:

    Bonjour
    Je ne parviens pas à comprendre le lien entre cette phrase et son utilisation permanente dans des cadres où je soupçonne qu’elle n’est pas synonyme de libération altruiste plûtôt de recherche d’individualisme forcené : en effet,pardon de la référence mais cela me semble intéressant dans la mesure où elle entretient malgré une certaine idéologie, cette phrase est en permanence utilisée dans les Walt Disney et soustend toutes les hisoires (depuis le Roi Lion à la Reine des Neiges). Donc : en quoi cette phrase entre elle en lien avec une morale individualiste ?

    • jcl says:

      Bonjour,
      En réalité, cette phrase peut servir aux deux. L’important c’est de “dire oui à la vie”. Mais après le concept ne fonctionne que si cette phrase est employée dans une réflexion unitaire. L’important c’est de penser le “moi”, qui contient le “moi pour moi” et le “moi pour autrui”. Mais après, si cette même phrase est employée par autrui, pour quelqu’un d’autre (genre quand on regarde un Disney), on tend vite vers la manipulation. Si je décide de monter une secte, et que je dis un truc du genre: ” Donnez moi tous vos biens matériels et devennez ce que vous êtes afin de connaître l’illumination”, on est loin des objectifs de la pensée nietzschéenne.

  3. Jem says:

    L’article contient une erreur : l’homme supérieur n’est pas le surhumain, mais il y a dans l’espèce humaine des types d’Hommes grégaires et d’Hommes (plus ou moins) supérieurs. Or, un Homme supérieur peut parfaitement devenir “un ambitieux et un jouisseur” méprisé par Zarathoustra. Non, le surhumain correspond à l’Homme qui, parce qu’il se surpasse constamment lui-même, constitue un véritable pont vers le surhumain. Il s’agit, pour ainsi dire, d’un effort évolutif darwinien volontaire, orienté vers la surpuissance – qui certes n’a rien à voir avec le transhumanisme, puisque l’Homme cybernétique peut tout aussi bien rester grégaire. Non, clairement, puisqu’il s’agit de Vie, il s’agit bien de devenir des sur-organismes biologiques.

    • jcl says:

      @jem, Ce que tu dis est érroné, Zarathoustra ne mépiserait jamais les “ambitieux et les jouisseurs” , puisque la volonté de puissance est une quête complète faite d’ambition et de jouissance. De plus le projet du surhomme; n’est pas biologique, il est culutrel, et je dirais même identitaire.L’identité influe sur nos gènes. Bientôt les faiblesses d’origine biologique qui s’applique à l’homme vont sauter progressivement, tout simplement parce que c’est des conneries que de les laisser le gouverner.

  4. Jem says:

    Au reste, la probité oblige à souligner que Nietzsche tient cette formule de Pindare, philosophe antique.

  5. Jem says:

    PS : j’ai écris “biologique”, comme j’aurais pu écrire, plus judicieusement, “biodynamique”.

  6. Fabs says:

    “Deviens ce que tu es” n’est pas devenir un surhumain puisque tout le monde ne pourra pas y arriver et parce que Nietzsche sait qu’il faudra plusieurs siècles avant qu’il advienne, mais plutôt de continuer à construire le pont vers le surhumain en tant qu’humain qui renverse les valeurs faibles vers des valeurs en faveur de la vie. Oui, une évolution physiologique majeure en découlera comme notre néocortex avec son aire de Broca qui nous permet la fonctionnalité de « création » que les singes n’ont pas.

  7. Zarathoustra says:

    vous avez trop vu de film de SF ou quoi ? Le conception de Surhumain pour Nietzsche est un concept morale, il est lié à l’affirmation de la liberté créatrice pure. Le surhomme est celui qui se libère de l’esprit de troupeaux. qui est Le créateur de ses propres valeurs. Qui accepte avec joie l’éternel Retour du même . celui qui vie en acceptant que chaque secondes, que chaques choix soit éternellement répétées

  8. Mim says:

    Bravo Zarathoustra, bien vu, bien compris.

  9. ouattara says:

    je crois avoir pris connaissance de ce que peut un homme.je comprends …….

  10. Denis says:

    Deviens ce que tu es. Si tout ce que je suis m’est inconnu en tout ou en partie, comment ne pas déjà et éternellement être ce que je suis, que je le veuille ou non, le sache ou non en tout ou en partie. En fait, ce que je connais de moi, n’explique pas ce qui fait que je le connais et ne le détermine pas en tout ou en partie. Ce qui reviens à dire que tout ce que je pense être n’explique pas, en tout ou en partie, ce que je suis. Si je savais tout ce que je suis, il n’y aurait pas la nécessité que je sois pour le connaitre, me connaitre et me devenir. onc, nous sommes déjà tout et en partie ce que nous voulons devenir.

    qui a dit: pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.. ainsi, pardonnons-nous de re-devenir ce que nous avons toujours été.

  11. Vince says:

    Deviens ce que tu es renvoie au connais toi toi même de Platon et peut s’entendre comme retrouve cette parcelle de divin que tu as en toi, fais la grandire et comprends que tu ne fais qu’un avec l’univers.

  12. Sanogo says:

    Je vous remerci pour cette explication

  13. xoldo says:

    Tu es ce que tu es.
    Deviens ce que tu es.
    Deux phrases faisant référence à une même identité donc à la fois identiques mais aussi différentes. Cela signifie que dans ces deux identités il y a quelque chose identique qui les engloble toutes les deux. Une sorte de matrice qui construit chaque individu.

  14. Douhot says:

    Cette phrase est de pindare et non de nietzsche

  1. 24/10/2012

    […] Au centre de la critique de Nietzsche est donc la dénonciation de la transcendance des valeurs, contre laquelle il oppose une immanence radicale : est bon ce que je désire, est bon ce que je considère comme bon, tout simplement. C’est le sens du fameux perspectivisme de sa philosophie. Nietzsche toute validité aux valeurs issues de la religion, de la société ou de la tradition. Nietzsche nous apprend que les notions de “Bien”, de “Mal”, de “cruel”, de “moral” sont historiquement construites : le rôle de la philosophie morale est donc mettre au jour cette origine pour mieux la dénoncer. La morale développée par le christianisme est une morale de la médiocrité, afin d’empêcher les forts, les maîtres, de devenir ce qu’ils sont. […]

  2. 31/10/2012

    […] Deviens ce que tu es […]

  3. 23/01/2013

    […] Ce passage ne doit pas être compris au pied de la lettre. Nietzsche n’est nullement évolutionniste, il utilise cet argument à titre pédagogique, comme une image. Par conséquent, le surhomme n’est pas une nouvelle espèce créée à la suite d’une sélection génétique (voulue ou subie). Il est l’homme qui se surpasse. Une homme se transcendant, qui deviens ce qu’il est. […]

  4. 13/03/2013

    […] – “Deviens ce que tu es“ […]

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